XVII. — Sur le Tingis du Poirier
Le Tingis Piri, appelé vulgairement « Tigre du poirier », est un véritable fléau pour les arbres auxquels il s’attaque. J’ai démontré que, contrairement à ce que l’on a cru jusqu’alors, ce n’est pas par sa piqûre qu’il est surtout nuisible; ce sont ses déjections qui, allant toujours en s’accumulant, finissent par recouvrir un nombre considérable de stomates, car c’est à la face inférieure des feuilles, sur laquelle se trouvent ces ouvertures, qu’habitent toujours les Tingis, aussi bien les larves que les nymphes et les adultes. Les feuilles atteintes se couvrent, à leur face supérieure,
de ponctuations blanchâtres et n’accomplissent plus que très imparfaitement leur double fonction respiratoire et chlorophyllienne. Enfin, j’ai trouvé le lieu et le moment de la ponte : au printemps, la femelle introduit ses oeufs dans le parenchyme de la face inferieure des feuilles, parle moyen d’une tarière assez compliquée. Ces œufs sont toujours recouverts de déjections qui les avaient fait échapper aux regards des observateurs. Si donc, au printemps, (juand les Tingis sont encore peu abondants, on détruisait les quelques feuilles atteintes, on lutterait avantageusement contre un insecte qui a toujours présenté une très grande résistance aux divers traitements qu’on a tenté de lui appliquer,
XVlll. — Le mode de fixation des ventouses de ta Sangsue étudié par la méthode graphique.
(Comptes rendus de VAcadémie des sciences ; 12 février 1883.)
En étudiant la fixation des Sangsues sur une feuille de papier préalablement recouverte d’une couche de noir de fumée (ce qui
Fig. 4. — Traces que laisse sur un papier eufamé une Sangsue qui s'y fiite par sa ’veQ-
ne trouble en rien le phénomène), j’ai obtenu des tracés dont l’analyse m’a fourni les résultats suivants ;
La fixation de la ventouse postérieure se fait d’abord par la périphérie, puis par le fond.
La fixation de la ventouse antérieure commence également par
la périphérie, mais se fait d’une manière beaucoup plus compliquée. La Sangsue commence par fixer les deux bords de sa lèvre supérieure, puis successivement cette lèvre entière et la lèvre inférieure. Le contour de la ventouse, jusqu’alors triangulaire, devient circulaire, par suite de l’abaissement du pharynx, et le fond de la ventouse n’adhère qu’en dernier lieu. Ce mécanisme résultant de l’interprétation des tracés produits par la Sangsue elle-même renverse les idées fausses que l’on avait sur le mode de fixation de ses ventouses.