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I. cirrhose hypertrophique {N

L’histoire de la cirrhose s’est enrichie, au moment où ont paru ces travaux, d’un certain nombre de faits nouveaux. Ceux-ci ont montré que cette affection chronique du foie est plus complexe qu’on ne l’avait cru tout d’abord.

A côté de la cirrhose commune, vulgaire, atrophique, il existe une forme d’hépatite interstitielle qui, dès le début et jusqu’à la fin de la maladie, détermine une hypertrophie de l’organe.

Déjà Requin avait appelé l’attention sur l’hypertrophie du foie dans la cirrhose, lorsque M. Paul Olivier fit paraître un travail intéressant sur cette question. Depuis lors on a reconnu que cette cirrhose hypertrophique elle-même pouvait présenter diverses variétés. Celle que j’ai décrite est une forme très particulière ne s’accompagnant pas d’ictère. Elle est indépendante de toute altération des canaux biliaires, et par conséquent distincte des faits rassemblés par Hanot dans sa thèse, faits qui ont établi l’existence d’une cirrhose hypertrophique avec ictère, liée à l’inflammation chronique des canalicules biliaires. J’ai fait connaître, dès 187b, un cas important, se rattachant à cette dernière variété.

Enfin, il existe encore d’autres formes de cirrhose hypertrophique et, notamment, une sorte d’hépatite interstitielle avec infiltration graisseuse des cellules hépatiques sur laquelle j’ai, l’un des premiers, sinon le premier, attiré l’attention.

— Dans la cirrhose hypertrophique sans ictère, qui fait l’objet du Mémoire de 1874 (112), on note une tuméfaction énorme et chronique du foie avec péritonite partielle et absence d’ascite. Cette affection, à marche lente, d’une durée relativement longue, s’est révélée dans les deux cas que j’ai décrits par des symptômes et des complications fort

analogues. La lésion du toie présentait des caractères spéciaux qui justifieraient la dénomination à’hépalite interslitielle diffuse, généralisée.

L’examen microscopique a révélé les particularités suivantes ; 1* disparition presque complète de la forme lobulaire ; 2" épaississement diffus, non systématique, du tissu conjonctif extra et intralobulaire; 3“ modification profonde dans la distribution vasculaire intra-acineuse, et, en général, impossibilité de reconnaître la veine centrale du lobule ; le tissu cellulaire irrégulièrement épaissi comprime certains vaisseaux et laisse les autres libres, d’où dilatation plus ou moins grande du réseau capillaire intra-acineux ; 4* conservation parfaite des cellules hépatiques qui ne sont ni pigmentées ni graisseuses : toutefois, dans les points où le tissu intralobulaire a le plus d’épaisseur, les acini sont divisés en quelques îlots ou groupes cellulaires dans lesquels un certain nombre de cellules sont atrophiées ; 5" intégrité des canaux biliaires.

Les malades n’avaient eu ni accidents syphilitiques, ni fièvre intermittente, ils n’étaient pas non plus des buveurs avérés, de telle sorte que l’étiologie de cette maladie est restée obscure.

— La cirrhose hypertrophique avec ictère diffère de la forme précédente par l’existence d’une lésion des canaux biliaires que M. Cornil avait antérieurement signalée dans diverses formes de cirrhose, et qui est décrite en détail dans l’ohservation que j’ai rapportée en î 875 (12î ). Elle s’en distingue encore par l’envahissement progressif des acini, par du tissu conjonctif embryonnaire qui en réduit un grand nombre à un petit groupe de cellules centrales ; enfin par une marche plus rapide que dans l’hypertrophie sans ictère, bien que la durée de son évolution soit néanmoins beaucoup plus longue que celle de la cirrhose

— Dans le mémoire de 1874, qui vient d’être cité, j’ai signalé l’existence d’une cirrhose hypertrophique graisseuse qui a fait depuis l’objet de divers travaux. J’ai étudié de nouveau cette question en 1882, avec mon interne, M. Giraudeau (179), dans une note où nous avons fait ressortir, à l’occasion de quatre observations avec autopsie, cer-

taines particularités cliniques et anatomiques encore peu connues de

cette manifestation protéiforme de la tuberculose ou de l’alcoolisme.

— Pour compléter ces renseignements sur les formes de cirrhose dont je me suis occupé, je noterai encore que, dans la forme syphilitique, les principales travées fibreuses suiventla distribution des lymphatiques intrahépatiques, dont le diamètre est souvent remarquablement élargi (voir Thèse de Galliard-Lacombe, 1880). Cette sorte de périlymphangite, qui n’avait pas encore été signalée, est constituée par des tractus fibreux, plus organisés que ceux des cirrhoses non spécifiques, parcourant le foie è la façon de rubans et contenant dans leur épaisseur de petites gommes microscopiques (112).

s. De l'ictère iulectieux chronique splénomégalique (N« 288).

J’ai décrit sous ce nom une variété d’ictère chronique à marche paroxystique.

Au moment des paroxysmes, la coloration des téguments s’exagère, les urines sont franchement ictériques et donnent la réaction de Gmelin. Puis bientôt, après trois à dix jours, la réaction des urines devient hémaphéique. Enfin, un ou deux jours plus tard, l’urine ne contient plus que de l’urobiline. Le sérum sanguin donne la réaction de Gmelin. Les garde-robes peuvent être passagèrement et plus ou moins décolorées; souvent, au contraire, elles restent bilieuses.

Dans l’intervalle des accès, la coloration ictérique des téguments diminue notablement, mais sans jamais disparaître complètement ; les urines sont urobiliques, parfois elles contiennent des pigments modifiés, mais elles ne donnent pas la réaction de Gmelin, tandis que dans le sérum sanguin cette réaction persiste, plus ou moins intense, mais toujours nette.

Les selles sont colorées, parfois foncées, bronzées, bilieuses, ou d’un brun roux, riches en urobiline.

Cet ictère s’accompagne d’une hypertrophie du foie et de la rate.

La tuméfaction du foie est toujours modérée, mais suhit dès

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