‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 23 sur 47 · I. Épidémie de gastro-entérite ulcéreuse (N · texte numérisé non relu

I. Épidémie de gastro-entérite ulcéreuse (N

Le siège de Paris a donné lieu, non seulement à du scorbut (voir p. 85), mais à d’autres affections d’origine famélique. La plus grave s’est présentée sous la forme d’une épidémie de gastro-entérite dont j’ai décrit les caractères particuliers. .

Tandis que le scorbut a atteint de préférence les hommes, la

gastro-entérite, qui a régné en même temps quecette dernière affection, a sévi surtout sur le sexe féminin. Dans un certain nombre d’observations, on a noté quelques symptômes de scorbut secondaire, tels que pétéchies, ecchymoses et plus rarement hémorragies dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles. Tous les malades ont succombé, soit à la pneumonie hypostatique, soit à Tadynamie. Les principales lésions ont été les suivantes : t" une gastrite catarrhale subaiguë, entée souvent sur un catarrhe chronique ; dans un cas, cette gastrite est devenue phlegmoneuse ; 2" une entérite simple ou avec ecchymoses dans l’intestin grêle, et ulcéreuse et pseudo-membraneuse dans le gros intestin, particulièrement dans ses dernières portions, lésion qui dans un cas s’est terminée par une perforation.

2. De la syphilis de l'intestin, m colhboralion mec le D' P, Tissien (N» 3i6).

A l’époque où ce mémoire a été écrit, on ne trouvait guère signalée qiTincidemment la syphilis de l’intestin dans les ouvrages de syphilographie.

En utilisant la plupart des faits connus et une observation personnelle, nous avons pu indiquer les principaux caractères anatomiques et cliniques de cette grave localisation.

La syphilis frappe de préférence la portion terminale de l’intestin grêle et le gros intestin. Elle s’y localise souvent au niveau des organes lymphoïdes (plaques de Peyer ou follicules clos). Elle se traduit par une infiltration cellulaire intense, par des lésions vasculaires très accusées et par la production d’ulcérations è bords épaissis, à tond lardacé, occupé par une massejaunùtre, puritorme. Toutes les tuniques de l’intestin participent au processus morbide. La séreuse est souvent dépolie, épaissie, recouverte de fausses membranes. Dans un certain nombre de cas, lorsque le processus est déjà ancien, on observe, à côté de lésions en voie d’évolution, à côté de syphilomes ulcérés, des cicatrices fibreuses, rétractées, rayonnées, et qui, tout en n’étant pas spéciales à la syphilis, n’en constituent pas moins un bon caractère distinctif.

MALADIES DE l’eSTOMAC

loi

La malade doDt nous avons rapporté l'observation était une femme âgée de trente-deux ans, entrée à l’hôpital avec les signes d’une fièvre tjphoïde grave. Cependant, on ne relevait chez elle ni épistaxis initiale, ni rôles de bronchite, ni taches rosées, ni tuméfaction de la rate et il existait, sur différents points du corps, une éruption typique de syphilides papulo-squameuses. Dix mois auparavant, cette femme avait eu une hémiplégie droite qui disparut au bout de deux mois.

La malade succomba cinq jours après son entrée ô l’hôpital et, à l'autopsie, on trouva dans le cæcum plusieurs ulcérations dont la plus grande, située au-dessus du cæcum à la limite du côlon ascendant, mesurait 15 millimètres de longueur, deux érosions superficielles transversales, dans le côlon transverse, deux ulcérations peu profondes, circulaires, à bords indurés, d’environ 1 centimètre de diamètre. Il existait, en outre, plusieurs cicatrices transversales d’anciennes ulcérations dans le côlon ascendant.

A l’examen histologique, on trouva surtout une infiltration cellulaire qui avait envahi toutes les tuniques intestinales, depuis la muqueuse jusqu’à la séreuse. Les vaisseaux étaient oblitérés par des thromboses ou par des cellules endothéliales desquamées et atteints à la fois d’endartérite et de périartérite. On constata dans les parties superficielles de la muqueuse des cellules géantes à noyaux multiples, groupées ou isolées et contenues dans des espaces, dont les uns semblaient être la lumière de vaisseaux sanguins, les autres, de simples lacunes lymphatiques. Cette observation constitue donc un exemple rare, mais incontestable, de syphilis ulcéreuse de l’intestin. Elle a d’ailleurs été considérée comme telle par les syphilographes les plus autorisés et se trouve reproduite dans la plupart des ouvrages classiques. Elle montre qu’à côté de la typhose syphilitique essentielle de M. Fournier, il existe une typhose syphilitique, symptomatique de lésions ulcéreuses de l’intestin, lyphose appartenant à un stade plus éloigné de l’accident initial, et d’un pronostic plus sombre puisque la mort peut en être le dénouement.

§ VI. — Maladies du foie.

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