Traitement de la chlorose (N
Les études précédemment analysées, d’une part sur les conditions dans lesquelles l’anémie chlorotique survient et tend à se perpétuer, de l’autre, sur l’action du fer, m’ont conduit à formuler un
THÉRAPEÜTIQUE APPLIQUÉE.
traitement de la chlorose dont l’efficacité me semble remarquable.
11 comprend trois ordres de moyens : le repos au lit, le régime, le fer sous une forme convenable.
Chacun de ces moyens répond à une indication particulière et importante, de sorte que le traitement doit être appliqué dans son entier si l’on veut en assurer le succès.
Le repos empêche la destruction trop active des hématies et tait disparaître la neurasthénie. C’est la partie la plus originale du traitement
Le régime combat la gastropathie des chlorotiques. Sans aller aussi loin que Meinert, qui considère la chlorose comme une des formes de la maladie du corset, j’ai observé d’étroites relations entre les gastropathies de diverses origines et la chlorose.
Le praticien doit être averti que sila gastropathie n’est pas la cause la plus active dans l’éclosion de la maladie, elle constitue souvent un obstacle à la guérison et une condition prédisposant aux rechutes.
Aussi, en cas d’affection gastrique dépassant les limites habituelles de la dyspepsie banale des chlorotiques, est-il nécessaire d’instituer un traitement s’adressant directement à l’état gastrique ou gastro-intestinal.
Le fer, nous l’avons dit (p. 207), vient compléter, à titre de médicament spécialement approprié k la nutrition globulaire, les effets obtenus à l’aide des deux autres moyens.
Pour assurer la digestion du ter, en cas d’insuffisance de la sécrétion stomacale, je tais prendre une demi-heure environ après les repas au moment desquels le fer a été ingéré, une certaine quantité de limonade chlorhydrique.
Ainsi traitée, la chlorose est devenue d’une guérison facile et sûre.
4. Traitemsnt des gastrites ohronigues (N“ 236, 244, 256, 270).
Dans mon cours sur les médications, j’ai fait une étude détaillée, à l’aide d’un grand nombre d’observations personnelles, de tous les moyens préconisés dans les affections stomacales.
212 TRAVAUX SpENTIFIQUES
La plupart de ces moyens sont inutiles ou même nuisibles. Les maladies de l’estomac ne sont justiciables que d’un très petit nombre d’agents thérapeutiques. Ce qui rend la guérison des dyspeptiques ■difficile, c’est que, dans la plupart des cas, à la maladie initiale vient s’adjoindre un état névropathique qui complique singulièrement la situation.
Plus j’étudie cette question et plus je suis convaincu que la névrose apparaît à une époque éloignée du débutde l’affection organopathique, et que le meilleur moyen d’éviter les états complexes, résistants au traitement, est de faire un diagnostic précoce de l’état gastrique, de manière ii pouvoir instituer un régime et une hygiène convenables.
Nous avons vu que le diagnostic est singulièrement facilité par l’étude de la fonction chimique et motrice de l’estomac. A cet égard les procédés que j’ai recommandés rendent des services considérables en permettant de déterminer, avant d’entreprendre le traitement des malades, l’état exact du fonctionnement de l’estomac.
Je n’utilise dans le traitement des gastropathies, indépendamment du régime, que certains corps inertes, les solutions salines, et leS moyens physiques (révulsifs, massage, lavage stomacal et intestinal, hydrothérapie).
Parmi les poudres inertes, l’emploi du sous-nitrate de bismuth, è jeun et à haute dose, mérite une mention toute particulière.
Kussmaul et Fleiner l’ont préconisé dans le traitement de l’ulcère de l’estomac.
J’en ai étendu les indications, en l’employant dans toutes lés forn ; des gastropathies.
Fleiner pense que le bismuth agit surtout en diminuant l’hyperchlorhydrie et qu’il est contre-indiqué dans les autres états gastriques. Après l’avoir administré à plusieurs centaines de malades atteints d’affections très diverses, je crois pouvoir dire que c’est un merveilleux sédatif.
Il n’échoue guère que dans les formes douloureuses du cancer. Chose curieuse, on peut en continuer l’emploi, même en cas d’ülcère chro-