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L'ÉLECTROLYSE

l/électficilc est employée en raedecine sous diverses modalités.

X l’époque où je commençai mes recherches de laboratoire l’attention était surtout attirée par les applications du courant continu fourni par la pile. On l’utilisait en chirurgie, en particulier pour la destruction de tumeurs érectiles ou de lymphangiomes inopérables, en gynécologie cl en

À priori ou était porté à croire que les effets d’électrolysc du courant continu restaient localisés aux points d’application sur les tissus des électrodes métalliques reliées à la pile. Les expériences de laboratoire le fai|,^ soient supposer; on savait que le courant continu traversant un milieu décomposable ne donnait lieu qu’à un dégagement acide au pôle positif et basique au pôle négatif, sans action apparente dans l’espace inlerpolaire.

Cependant, dans la pratique, Certains faits ne s’expliquaient pas en adme. t-.*^^^ ^ tant que l’action du courant se limitât à une simple mise èn^fflïcrféfaîix dépens des sels imprégnant l’organisme, d’acides et de hases aux points dp contact des électrodes avec les tissus.

Ce problème fut l'objet de mes premières recherches, j’opérai sur le muscle, qui me parut particulièrement favorable à ce genre d’expériences.

Il est en effet possible, à chaque instant, de vérifier si les propriétés

physiologiques du muscle se modifient. Il suffit pour cela de le relier à un myographe et de prendre le tracé d’une secousse provoquée artificiellement. Celte exploration n’altère en rien, par elle-même, l’organe sur lequel on opère, et l’on peut ainsi suivre fidèlement faction modificatrice de toute cause étrangère que l’on fera agir sur lui.

On savait qu’en provoquant une série de secousses d’un muscle, relié au myographe, par la fermeture d’un courant de pile traversant le muscle toujours dans le même sens, la hauteur de la secousse allait en diminuant, mais on attribuait, en général, cet effet à la fatigue.

Je montrai qu’il n’en était rien et je mis en évidence l’existence d’une altération due à ce que je nommai Yéleetrohjsc interpoluire, se produisant sur tout le trajet du courant dans le muscle.

Je mis en effet successivement en évidence les faits suivants :

1. La soi-disant fatigue d’un muscle excité par un courant le traversant toujours dans le même sens ne se répare pas.

i. La fatigue que l’on obtient en excitant le muscle par un courant dont on alterne le sens se répare plus ou moins rapidement si le muscle conserve sa circulation.

5. Si l’on fait passer dans un muscle un courant continu assez taiblc pour ne pas provoquer de contraction, sa contractilité baisse peu à

4. On sait que les phénomènes d’électrolyse sont accompagnes do ce qu’on appelle la [lularisatioii. Ccneralement. cette polarisation n’a lieu qu’aux électrodes. A l’aide d’une méthode spéciale décrite dans la seconde partie de cet exposé, je démontrerai l’existence d’une polarisation dans l’intérieur même du muscle.

5. Si, sur un animal intact, on soumet pendant un certain temps un muscle au passage d’un courant continu, on constate dans les jours qui suivent cette opération une chute graduelle de la contractilité, et, si l’action a été suffisante comme intensité du courant ou comme durée d’application, il en résulte une atrophie progressive du muscle que rien ne semble pouvoir arrêter.

6. Le microscope m’a permis de suivre les altérations d’un caractère

très spécial qui accompagnent la chute de contractilité et l’atrophie des muscles consécutives au passage du courant continu.

7. Aucun de ces phénomènes ne se produit avec le courant alternatif.

8. Un schéma m’a permis de montrer l’électrolyse interpolaire in vitro.

Le courant continu agit sur les tissus d’une façon particulièrement intéressante pour le médecin. Cette action se produit sur tout le passage du courant et peut, lorsqu’elle dépasse certaines limites, entraîner des conséquences très graves. C’est ainsi que dans les accidents dus Ji l'électricité industrielle on observe des différences considérables suivant que l’on a affaire au courant continu ou au courant alternatif.

Dans une thèse sur les brûlures électriques', je trouve une obsen^ation où le passage du courant à travers les bras a entraîné une atrophie musculaire progressive dont l’auteur ne saisit pas la raison, et due en réalité à ce que le courant était continu, comme dans mes propres evpenences. Ce phénomène ne se rencontre pas dans des accidents parcourant alternatif.

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