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LA LOI DE L'EXCITATION ÉLECTRIQUE DES NERFS ET DES MUSCLES

l'endant plusieurs années j’ai poursuivi l’étude d’un problème qui sollicitait depuis longtemps les recherches de nombreux physiologistes ; la détermination des éléments de la décharge électrique dont dépend l’excitation des nerfs et des muscles.

Voici en quoi consiste exactement ce problème et quel est son intérêt.

Une eomparaison empruntée à la chaleur me fera mieux comprendre. Supposons que l’on veuille fondre de la glace; on aura avant tout à se préoccuper du nombre de calories dont on dispose : avec 100 calories on fondra toujours la même quantité de glace, que ces calories proviennent d’une source à 20*, à 40* ou à toute autre température au-dessus de zéro. Il y a au contraire d’autres cas où la température de la source est la condition essentielle du phénomène à produire. Par exemple, la pression de la vapeur dans une chaudière est directement liée à sa température.

Il en est de même pour les effets du courant électrique. Si l’on veut électrolyser une certaine quantité de sel dissout dans l’eau, c’est la quantité d’électricité débitée qui sera l’unique facteur de cette électrolyse. S’il s’agit d’échauffer un fil métallique, c’est seulement de l’intensité du courant que dépend la chaleur obtenue. En somme, pour chaque phénomène, il y a un certain facteur, ou quelquefois une combinaison de facteurs, qui règle l’effet produit. La simple connaissance des facteurs d’un phénomène permet souvent de le classer dans une catégorie déterminée, ou tout au moins de l’exclure de certaines catégories auxquelles il ne peut appartenir : c’est alors là un premier renseignement important sur la nature de ce

L’étude des faeleurs de l’excitation électrique des nerfs et des muscles

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apparaîl donc comme un moyen précieux d’aborder le problème encore si obscur de la nature de l’influx nerveux.

le problème a été posé nettement depuis plus de cinquante ans, par Du Bois Reymond, qui en a fait l’objet de ses recherches pendant une grande partie de sa carrière. De nombreux physiologistes s’y sont attachés depuis et les solutions les plus diverses ont été proposées.

Moi-même, longtemps lancé sur de fausses pistes, tantôt par les idées de Du Bois Reymond, tantôt par des tentatives destinées à relier l’excitation à l’énergie de la décharge, j’avais fait de multiples expériences sans succès, lorsqu’à la suite de recherches exécutées pendant l’hiver 1900-1901 je pus formuler la règle connue au|ourd hui en France et à l’étranger sous le nom de « Loi de Weiss ». Cette loi a été soumise à diverses vérifications en France et à 1 etranger, et elle est admise aujourd hui par tous les physiologistes. En se basant plus tard sur des considérations complètement différentes de mes expériences, le professeur Nernst (de Gôttingen) a été amené à retrouver ma formule.

J’ai mis en évidence un facteur jusque-là négligé et que mes exiiériences ont montré comme ayant une importance de premiei' ordre : c’est la durée de la décharge employée à produire l'excitation.

J’ai dù pour faiie mes recherches construire un appareil permettant de mesurer la duree de passage des déchargés électriques dont je faisais usage. Quoique l’unité do temps que j’adoptais fût inférieure au cent millième de seconde, j’ai pu obtenir un fonctionnement régulier et précis de mon instrument et il en a été de même des divers expérimentateurs qui ont repris, continué ou développé mes recherches.

Mes résultats ont cte synthétises finalement dans une formule ; Q=a-t-è(. Elle signifie que pour amener un nerf ou un muscle au seuil de l'excitation, il faut que la décharge électrique utilisée mette en jeU une quantité Constante d’électricité a, plus une quantité bt, variable et proportionnelle a la durée ( du passage de la décharge. L’excitation électrique d'un nerf ou d’un muscle peut être considérée comme un phénomène obtenu par le passage à travers l’organe à exciter d’une quantité déterminée d électricité a. Mais comme il faut un certaiti temps pour ce

passage et que l’effet tend sans cesse à se détruiee, il est nécessaire de combattre ce retour en arrière par une quantité d’électricité supplémentaire et proporlionnelle à la durée de la décharge.

.l’ai montré en outre par mes espérienees que les autres formules proposées devaient être rejetées.

Toutes les théories émises sur la nature de l’influx nerveux devront lenir compte de cette loi. lîlle permet de faire une élimination et de restreindre le champ des hypothèses.

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