TECHNIQUE GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS ABDOMINALES
i. — Des perfectionnements apportés à la technique des opérations abdominales.
Comparant la statistique du service chirurgical de l’hôpital Bichat de 1883 à 1890 à ma statistique personnelle de 1896 à 1899, j’ai pu montrer que la mortalité s’était considérablement abaissée. Tandis que dans la première série i33 opérations sur Tutérus et les ovaires avaient donné 99 morts, 21,08 p. 100, la deuxième série de io5 opérations n’avait donné que 5 morts, 4,77 p. 100.
Cette grande amélioration dans les résultats est due à deux causes :
avons tenu à ne prendre que les observations où la tuberculose était nettement établie, soit par l’examen histologique, soit par la méthode des inoculations ; nous avons de plus recherché les résultats éloignés de l’intèr-
La laparotomie donne des résultats excellents dans la péritonite tuber-
solution boriquée. Ce lavage ne. complique guère l’intervention et assure l’élimination plus complète du liquide tuberculeux, tait important aujour-
nocive. Le drainage, au contraire, à part le cas de péritonite suppurée, n’a aucune utilité et ne peut qu'être le point dé départ d’infections secondaires, de fistules, etc.
6 . — Résultats immédiats et éloignés de l’intervention opératoire dans le cancer de l'estomac.
La jéjunostomie, qui ne prolonge la vie des malades que pour un court laps de temps et au prix d’une réelle infirmité, nous semble pouvoir être laissée de côté ; nous ne l’avons pratiquée que deux fois.
ni gastro-entérostomies nous ont donné 19 morts, 17 p. 100; 58 résections, 16 morts, 27 p. 100.
Le bénéfice, obtenu à la suite de la gastro-entérostomie , est en rapport avec le degré de la sténose pylorique. Moins la sténose est serrée, moins l’amélioration est considérable. Chez lés malades n’ayant ni stase gastrique ni douleurs tardives, l’amélioration a.été à peu près nulle. Aussi avonsnous abandonné la gastro-entérostomie dans ces cas. , ■
• La durée de la survie a été des plus variables : d’un mois à 2 ans et demi, en moyenne 6 mois. Legros avantage delà gastro-entérostomie dans le cancer pylorique; c’est qu’elle supprime les vomissements et les douleurs
i. — La perforation aiguë de l'ulcère de l’estomac et son traitement.
Le diagnostic de la perforation aiguë d’un ulcère de l’estomac peut se faire en se fondant sur les signes suivants : antécédents gastriques, douleur brusque, violente à l'épigastre avec dyspnée phrénique, pneumatose abdominale.
Le traitement consiste dans la laparotomie .immédiate, suivie de l’enfouissement delà perforation sous une suture. Lorsque celle-ci est impossible, il faut établir un large drainage et limiter la cavité avec des mèches de gaze stérilisée. .Ce traitement suffît quelquefois pour obtenir la guérison, comme le montre une de nos observations.
9. — Le rétrécissement cicatriciel du pylore consécutif aux brûlures et son traitement.
éîp -(NM44.)
A propos d’un cas personnel de gastro-entérostomie pour rétrécissement cicatriciel du pylore, suivie de guérison, nous avons réuni, vingt observations d’intervention opératoire pour de semblables lésions. L’étude critique de ces opérations nous a conduit à rejeter, pour ces cas, la pyloroplastie et la résection du pylore. La gastro-entérostomie semble l’opération de choix.
• 10. — La gastrostomie dans le cancer de l’œsophage.
,N" 71, 464, HS. -230.;
La gastrostomie, n’étant indiquée dans le cancer de l’œsophâge que comme opération palliative, doit, pour remplir son but, être sans gravité opératoire et ne s’accompagner secondairement d’aucune complication pouvant devenir pour le malade une cause de tourments (incontinence.de l’orifice, érythèmes de la paroi abdominale, etc.).
Après l'opération, nous alimentons iminédiatemcnt.los malades,.n’hésitant pas à laver l’estomac en cas de vomissements, d'élévation de température ou de sécheresse de la langue. Lorsqu’il y a des régurgitations bilieuses, nous faisons suivre ces lavages de l’introduction immédiate par le tube de 100 à i5o centimètres cubes de lait. Cette sorte de chasse à l’égout supprime souvent des régurgitations bilieuses, qui ne sont certainement pas dues à un circulus viciosus vrai, puisqu’on les observe aussi bien après une pylorectomie suivie d’implantation duodéno-gastrique qu’après une gastro-entérostomie. S'il y a de la diarrhée, ce qui n’est pas rare, nous faisons un lavage de l’estomac et donnons immédiatement du laudanum; enfin nous surveillons avec le plus grand soin l’état des poumons, les complications de ce côté étant un des facteurs les plus importants de la mortalité immédiate.