CARACTÉRISTIQUES ET DESCRIPTION SOMMAIRE DU « POURQUOI PAS
Le Pourquoi pas? est un petit trois-mâts barque jaugeant 445 tonneaux et pourvu d’une excellente machine à vapeur de 550 chevaux. Il est coté A I par le Veritas. Il
Treuil à vapeur avec bobine portant 500 mètres de fune de 15 millimètres pour petits dragages et chalutages.
Cabestan et installation pour chalut à perche, et chalut à plateau.
Aménagements réservés aux études scientifiques et recherches.
1° Un laboratoire d’études biologiques sur le pont éclairé par des fenêtres avec table fixe et table à roulis. Comme annexe, sur le pont et abrité par un auvent, un laboratoire avec grande table de dissection et armoire.
6° Un local sur le pont pour remiser et installer les appareils d’océanographie- 7° Un abri météorologique avec anémomètre enregistreur, etc...
Aménagements réservés au personnel.
Vaste poste pour 22 hommes avec carré et chambres des sous-officiers.
Un grand carré pour l’État-Major et 9 cabines; salle de bain, W.-C., etc... Une cuisine avec réservoir de 250 litres d’eau chaude.
Un office.
Une salle de douches avec eau chaude à volonté provenant de la chaudière. Une grande timonerie avec couchette.
Une cale moyenne sous le poste au-dessus des caisses à eau. Une grande cale entièrement vaigrée avec grande cambuse. Une petite cale arrière déjà mentionnée.
Soutes à charbon.
Deux latérales d’approvisionnement et une médiane de réserve, le tout pouvant contenir 250 tonnes de briquettes arrimées ou environ 200 tonnes de charbon en vrac.-
Equipage.
L’équipage normal, sous-officiers et officiers compris, est de 25. Mais il peut êtrei augmenté de 10 hommes ou au contraire réduit si on cale les mâts à 16 ou 18.
Le rayon d’action est pour ainsi dire illimité, le navire pouvant naviguer à la voile et son approvisionnement de charbon étant considérable avec une dépense de machine très faible.
Les frais occasionnés par les quelques hommes d’équipage, nécessités par la voilure, sont largement compensés par l’écomonie de charbon due à la voilure et le faible effectif nécessaire pour la machine.
Embarcations.
1° Un grand, fort et solide canot à moteur de Dion-Bouton pouvant marcher à la voile; il peut être entièrement recouvert d’une teugue et nous avons pu y vivre pendant quatre jours.
2° Un très grand canot gréé comme les sardiniers.
3° Un fort youyou.
4° Une solide baleinière de construction norvégienne.
5° Une baleinière à deux voiles avec dérive.
7° Une petite norvégienne dite pram.
En réserve : Une baleinière norvégienne, un canot avec voilure. Un petit cotre
Le Pourquoi pas ? a prouvé qu'il était un excellent bateau de mer et n'a jamais fait d’avaries par suite du mauvais temps.
Ses dimensions et sa grande manœuvrabilité lui ont permis de fréquenter toutes les régions et d’y travailler. Il peut entrer dans les ports d’échouage. Il est aussi apte aux recherches de haute mer qu’aux recherches côtières.
En dehors des recherches d’océanographie pure il a pratiqué la pêche avec chalut, dragues, seine, tramail, lignes, nasses, etc...
Sans luxe inutile mais très pratiquement confortable, on peut y vivre et on y a vécu pendant des périodes très longues sans fatigue et ses laboratoires permettent non seulement d’effectuer tout travail à la mer mais encore en rade ou dans un bassin sans avoir recours aux laboratoires à terre, la multiplicité et la variété de ses embarcations pouvant même assurer son approvisionnement eh matériel et documents d’études.
La bibliothèque, tant scientifique qiie technique, de navigation et même littéraire du Pourquoi pas? est de 1 500 volumes au moins.
L’arsenal d’instruments scientifiques, d'océanographie, de météorologie, de physique du globe, de navigation, est très riche et très complet. D’ailleurs, sur un rapport favorable de M. l’Ingénieur en chef Renaud, Directeur du Service hydrographique de la Marine, rappelant que les instruments et documents qui m’avaient été prêtés avaient toujours
une excellente école et un exemple que j’ai d’ailleurs eu la satisfaction de voir suivre par quelques-uns d’entre eux 1 .
Le budget nécessaire pour un armement de trois ou quatre mois était ainsi assuré et le Pourquoi pas 1 parvenu à mettre d’accord trois Ministères et plusieurs administrations partait avec les missions suivantes dont j’avais moi-même établi les programmes :
Mission scientifique pour le Muséum national (collections).
Mission océanographique et d’études techniques, pour le Service scientifique dés Pêches.
Mission météorologique pour le Ministère de l’Agriculture (recherches sur le Gulf-Stream, etc.).
Mission spéciale pour la Marine (renseignements et Service hydrographique).
École de perfectionnement pour les candidats au brevet de capitaine au
L’État-Major se composait de :
J.-B. Charcot, Commandant et chef de Mission.
G. Fleuriais, Capitaine au long cours, second.
Ed. Le Danois, Docteur ès sciences, attaché au Service scientifique des Pêches, naturaliste.
E. Gourdon, Docteur ès sciences, géologue de l’expédition antarctique.
Du D r Blin, en 1912, et de R. Dollfus, licencié ès sciences.
Un professeur d’hydrographie (M. Doat en 1912 et M. Bertin en 1913 et 1914) était spécialement chargé de l’instruction des élèves.
Je ne crois pouvoir mieux faire que de reproduire les passages des rapports volumineux que j’adressais au retour aux différents Services et Ministères et que je condensais en un seul 1 que M. Ed. Perrier, membre de l’Institut, directeur du Muséum, présenta à l’Académie des Sciences.