RÉSUMÉ
J’ai voulu par l’orientation un peu spéciale mais persistante de mes efforts et de mes travaux renouer les vieilles et si souvent brillantes traditions d’explorations scientifiques de la Marine Française et faire jouer à notre pays qui
Les croisières du Pourquoi pas? depuis 1911, toujours exécutées sous mon i commandement et poursuivies sans arrêt, en dehors des collections et des matériaux d’étude considérables rapportés, des observations météorologiques, des renseignements de navigation, etc., etc., ont eu comme résultats :
l’exploration méthodique et complète du plateau continental du golfe de Gascogne et de la Manche occidentale dont l’étude géologique a été commencée;
l’exploration également complète du plateau continental de File Jan-Mayen, sur laquelle quatorze débarquements ont été effectués, permettant de recueillir des documents et de rapporter des collections;
l’étude d’une partie de l’Atlantique, de la mer du Nord et de l’océan Arctique comprenant, outre Jan-Mayen, les Hébrides, les Shetlands, les Féroé et l’Islande,
enfin tout dernièrement un débarquement sur Rockall ayant permis, en rapportant de nombreux échantillons minéralogiques, d’élucider le problème de haut intérêt se rattachant à ce récif.
Déjà rompu à la conduite d’un navire par des études poursuivies depuis mon enfance, ia période qui marque la fin de ma carrière médicale fut employée en grande partie à là préparation et à l’entraînement en vue dès explorations que je devais entreprendre à partir de 1903
MISSIONS PRÉPARATOIRES (Peroê, Islande, Jan-Mayen).
En 1899 et 1900'j’armais à mes frais une goélette à voile dont je pris le commandement et où j’étais le seul à connaître la navigation, et j’accomplis sur les côtes d’un pays étranger des missions très spéciales qu’avait bien voulu me confier le Ministère de la Marine et qui m’obligèrent à me familiariser avec les levés rapides et les vues de côtes.
En 1901, surlë même petit bateau et naviguant dans les mêmes conditions, je choisis comme terrain d’étude les Shetlands, les Hébrides et l’archipel des îles Feroë. Sur le conseil de l’Institut Pasteur, j’entrepris des études bactériologiques sur l’eau de mer avec un appareil de mon invention, et une enquête concernant le cancer qui permit d’éliminer toute une série d’hypothèses émises jusqu’alors sur l’étiologie de cette maladie. Le Ministère de la Marine me confia en même temps une mission sur les pêches et une autre sur la lèpre et les èchinocoques. Je rendis compte de mes missions par un rapport contenant en outre dès renseignements hydrographiques qui doit figurer dans les dossiers dë la Marine et qui, sur la demande de l’amiral Duperré, fut publié dans le Bulletin du Y. C. F . ! et devint le sujet d’une conférence que M. le Professeur Duclaux me fit faire dans l’amphithéâtre de l’Institut Pasteur.
En 1902, sur un voilier de 111 tonnes de déplacement, muni d’une petite machine auxiliaire et armé par moi, je suis reparti continuer les études précé-
de baleines et les hôpitaux français en Islande, de plus par l’intermédiaire de ce Département, le gouvernement autrichien qui forcément s’intéressait à la terre Jan-Mayen depuis l’expédition de la Pola (1882-1883) m’avait prié de répondre à une série de questions concernant cette île.
J’ai pu accomplir ces diverses missions et les résultats furent consignés dans des rapports, mais en outre j’ai pu remettre auService hydrographique de la Marine, toute une série d’observations qui furent utilisées dans la nouvelle édition des instructions nautiques concernant cette région.
En particulier, des observations sur la température de l’eau de mer prise dans le voisinage et au milieu des glaces flottantes, m’ont permis de mettre en garde les navigateurs contre une coutume des plus dangereuses pour la sécurité des navires, basée sur une théorie erronée et mes conclusions ont été désormais adoptées non seulement pour la pratique de la navigation, mais encore par les océanographes 1 . Cette croisière nous a permis de rapporter environ cinq cents photographies des régions visitées et quelques renseignements géographiques 2 .
J’ai déjà pii constater que les nombreux volcans de Jan-Mayen ne présentaient à cette époque aucune trace d’activité et qu’en ce qui concerne particulièrement celui de l’île aux Œufs sur lequel on avait attiré mon attention, les