RÉSUMÉ DE L’EXPÉDITION
Le Français, c’est le nom qui fut donné à ce petit trois-mâts-goélette, appareilla du Havre le 15 août 1903 et après une série d’aventures et d’avatars compensés par un accueil des plus chaleureux et des plus généreux en République Argentine, gagna la Terre de Feu. Il fit une courte escale à la baie Orange pour reprendre quelques-unes des observations de la belle expédition française de YArromanche (1883) et en janvier T904 se dirigea vers T Antarctique.
Après une traversée mouvementée, le Français parvient le 1 er février aux Shetlands du Sud et ayant reconnu l’île Smith et l’île Low, constaté que le récif ■William n’existe pas, commence aussitôt la carte de la côte occidentale de l’archipel Palmer qui jusqu’alors n’était même pas indiquée.
Malheureusement les avaries de machine deviennent de plus en plus fréquentes et c’est à grand’peine que le navire suit les falaises superbes et inhospitalières des îles Brabant et Anvers couvertes de glaciers dont l’altitude dépasse parfois 2 800 mètres. Un semis d’écueils entoure le rivage et c’est miracle de passer au milieu d’eux sans s’échouer. Plusieurs des baies décrites par Dallmann en 1874 furent très nettement reconnues.
Pour remettre en état la chaudière et le condenseur qui refusaient tout service, il fallut chercher un abri dans la baie des Flandres à l’entrée méridionale du détroit de Gerlache. Le Français y resta douze jours amarré à la banquise côtière, dans le dangereux voisinage des icebergs.
Le 19 février, en contournant l’île Wiencke, nous découvrîmes, ce qui est exceptionnel dans l’Antarctique, un excellent port auquel je donnais le nom de port Lockroy (ministre de la Marine). Ce port bien hydrographié par nous est devenu depuis un centre très important pour la pêche à la baleine.
Le Français sortit ensuite du détroit de Gerlache en passant entre les îles Wauwèrmans, sommairement marquées sur la carte de la Belgica et réussit à s’amarrer comme à quai dans une petite anse que nous avons découverte
l&S.ud au large de,la Terrede Graham. Après avoir essuyé un ouragan, là Terre Alexandrerl> cr fut, aperçue: le-13 janvier à 60- milles dans le Sud ainsi qu’une autre : terre à:l’Est..Le Français se frayant une route dans les glaces, se dirigea vers cette terre nouvelle et.en essayant de-s’en.rapprocher toucha sur un écueil qui lui occasionna une,voieÆeau importante. Cette terreiqui fut appelée-Terre Loubet n’est autre, en réalité, quel’île Adélaïde découvertéet v.ue à grande distance parBiscoe comme je l’ai prouvé moi-même au cours de ma deuxième expédition.
A partir-de ce moment, il;fallut,pomper à:bras 23 heures sur 24 pour tenir le bateau à flot. Dans des conditions de temps déplorable, après des fatigues considérables, mais, tout , en continuant , cependant nos travaux, le Français arriva ienfin àPort-Lockroy le 29 janvier, où nous.pûmes prendre un-peu de repos.. La plupart des hommes étaient, rendus etcrachaient.le sang, les chiens étaient
Pendant, ces jours de repos et.de remise.en-état, sommaire; les observations et. excursions continuèrent et l’ascension d.’un sommet de 1 500 mètres fut menée à bien.
Le 12.février nous;appareillâmes: pour revenir définitivement vers le Nord; mais-contrariés par le mauvais temps et les pompes toujours en marche pour empêcher le bateau.de;couler, ça n’est.que le4mars 1905 que le Français put enfin.mouiller à.Puerto:Madryn, emPatagonie. Le bruit qu’il était.perdu avait couru, et. l’envoi d’une expédition de secours était, envisagé..