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DANS LE PLASMA POUR QUE CETTE SUBSTANCE PASSE DANS LES URINES

Il était nécessaire de réaliser tout d’abord iine première condition : mettre en liberté dans le sang circulant une certaine quantité d’hémoglobine des globules. On peut atteindre ce but en injectant dans la circu-

lation différentes substances hémolysantes. C’est ainsi qu'après M. Hun j’ai réalisé de l’iiémoglobinémie, puis de l’hémoglobinurie par injection intraveineuse d’eau distillée.

Les quantités d’eau distillée nécessaires pour provoquer l’hémoglobiT nurie sont d’après mes recherches de 200 à 800 centimètres cubes pour un chien de 12 kilogrammes.

On réalise le phénomène avec 8 à 10 centimètres cubes d’eau distillée injectés dans la veine de l’oreille chez le lapin.

Le refroidissement, les injections de quinine, contrairement à une opinion répandue, .ne donnent pas, du moins chez le chien normal, ni hémoglobinémie ni hémoglobinurie.

J’ai poursuivi mes recherches en injectant dans les veines des animaux des solutions isotoniques, d'hémoglobine.

On connaît ainsi la quantité d’hémoglobine que l’on injecte, les chances de toxicité sont réduites car c’est sa propre hémoglobine qui est réinjectée à l’animal; d’autre part l'addition de NaCl met en garde contre l’osmo-nocivité.

On fait après l’mjection des prises de sang successives dans l’artère fémorale jusqu’à ce que l’hémoglobinurie apparaisse.

On recueille le sang oxalaté, on centrifuge énergiquement et l’on dose aü côlôrimèîfé l’hémoglobine libre dans le plasma, en tenant compte de la proportion des globules et de plasma.

Une sonde vésicale permet de recueillir l’urine toutes les cinq ou toutes

Le colorimètre nous a servi à doser l'hémoglobine.

De nombreuses expériences nous ont permis de conclure que la quantité d’hémoglobine dans le plasma nécessaire à. la production de l’hémoglobinurie est d’enviçon 0,230 0/0.

Évaluation de la quantité nécessaire de globules rouges détruits pour donner lieu au passage d’hémoglobine dans l'urine.

Il est nécessaire de détruire environ l/57 e de la masse des globules rouges d’un chien pour provoquer de l’hémoglobinurie.

Il faut détruire l c,n, ,30 de sang par kilogramme d’animal.

Si ces chiffres sont, rapportés à l’homme il apparaît que chez un homme de 65 kilogrammes la quantité de globules rouges détruits, nécessaire pour donner de l’hémoglobinurie, correspond à environ 85 centimètres cubes de sang; or, cliniquement, cette perte de sang ne peut causer, si elle n’est pas souvent répétée, d’anémie appréciable; et évaluée à l’hématimètre elle ne donne qu’u'ne différence en moins de 75.000 globules rouges par millimètre cube. Cette différence est inappréciable’et rentre dans les limites d’erreur attribuable aux appareils. .

2” Recherches sur les conditions

QUI PEUVENT INFLUENCER LE PASSAGE DE L’HÉMOGLOBINE DANS l’üRINE QUAND ELLE EST EN LIBERTÉ DANS LE PLASMA.

J'ai d’une part pratiqué l'ablation de la raie et d’autre part fait la liga-

ces conditions, la rate et la circulation hépatique étant supprimées, il n’a pas semblé qu’après injection d’une soluliôn d’hémoglobine dans les

Enfin l’injection directe d’unè quantité d’hémoglobine (supérieure à la dose nécessaire établie plus haul) dans la veine porte a produit de l’hémoglobinurie.

Il ne parait donc pas, d’après ces faits,, que le.foie et la rate possèdent un rôle d’arrêt considérable vis-à-vis de l’hémoglobine, tout au moins dans les conditions de mes expériences,à

Circulation artificielle dam le foie. — Cependant ce rôle d’arrêt du foie existe et en faisant circuler a plusieurs reprises une solution isotonique d’hémoglobine dans un foie lavé au sérum physiologique on peut se rendre compte qUe le foie fixe peu à peu de l’hémoglobine.

a) L’injection durée dans le cas de simple hémoglobinurie n’a pas fait passer d’hémoglobine dans J’urine. Par contre, quand il existait déjà dé l’hémoglobinurie, l’injection d’urée a provoqué une diminution de la coloration rouge avec élimination plus considérable d’urine.

b) L’extrait de capsules surrénales injecté au cours d’une hémoglobinurie a diminué la coloration de l’urine en diminuant, semble-t-il, le fonction-

1 c) La pilocarfine, dans le cas Où nous l’avons injectée dans les veines en même temps que l’hémoglobine,- non seulement n’a pas fait passer celle-çi dans l’urine, mais encore a paru entraver son passage.

d) Albumine de l’œuf. — On sait que l’albumine d’œuf injectée dans les veines d’un chien provoque une albuminurie abondante et Ascoli a démontré à l’aide des précipitines, que c’est bien l’albumine de l’œuf qui passe dans l’urine. On pouvait se demander dès lors si l’albumine d’œuf, en traversant le rein, n’entratnerait pas de l’hémoglobine injectée

dans les veines en même temps qu’elle. Le résultat de cette expérience a été négatif, l’injection simultanée de blanc d’œuf et d’hémoglobine a provoqué une albuminurie abondante sans hémoglobinurie. Nous reviendrons plus loin sur la portée générale de ce phénomène au point de vue des éliminations rénales..

e) L’injection d’une solution de peptone (albumoses) additionnée d’hémoglobine n’a pas non plus provoqué d’hémoglobinurie.

fj Injection de cantharidate de potasse. .Lésions rénales. — J’ai provoqué des lésions du rein avec albuminurie abondante par l’injection intraveineuse de cantharidate de potasse. Mais ces lésions, qu’elles aient été produites extemporanément ou quelques jours avant, n’ont pas facilité la production d’hémoglobinurie dans le cas d’hémoglobinémie préalable.

sement et l’arrêt du cœur avec baisse de la pression artérielle p excitation électrique du pneumogastrique n’a pas amené d’hémoglobinui alors qu’il y avait au préalable hémoglobinémie.

c) L’influence du froid qui détermine une vaso-constriction périphérique marquée ne provoque pas dans les mêmes conditions d’hémoglobinurie. .

! d) La ligature de l'aorte au-dessous des artères rénales n’a pas, dans le cas d’hémoglobinémie simple, occasionné d’hémoglobinurie, mais a produit une diminution de coloration de l’urine avec sécrétion plus abondante.

3° Sort de l’hémoglobine injectée dans l’organisme.

Les dosages successifs d’hémoglobine dans le plasma par la méthode colorimétrique exposée plus haut m’ont montré qu’après injection d’hémoglobine dans le sang circulant, une partie de cette substance se fixe dans les tissus; une autre partie peut être éliminée par l’urine et s’il n’y a pas d’hémoglobinurie, se fixe également lentement dans les tissus.

J’ai souvent à l’autopsie des chiens suivi l’hémoglobine dans les lymphatiques des viscères abdominaux dans la citerne de Pecquet et le canal

thoracique. J’ai vu l’hémoglobine passer dans l’humeur aqueuse. Cette hémoglobine reprise par les lymphatiques ne disparaît que lentement de là circulation (plusieurs heures) ; elle doit être ensuite fixée ou éliminée sous forme de dérivés de l’hémoglobine.

4° Conclusions et considérations sur les fonctions rénales.

Conclusions. — L’élimination de l’hémoglobine par le rein apparaît à la suite de ces recherches, comme une opération cellulaire indépendante des modifications de la pression générale et échappant aux perturbations variées que nous avons introduites dans notre expérimentation. Ce travail cellulaire dépend avant tout de la quantité d’hémoglobine existant dans la circulation, il faut que cette substance atteigne vraisemblablement telle tension osmotique vis-à-vis de la cellule rénale pour être éliminée par elle. En effet tant qu’il n’existe pas en moyenne 0,230 0/0 d’hémoglobine en liberté dans le plasma circulant il ne se produit pas de passage Je l’hémoglobine dans l’urine.

J’ai rapproché ces constatations de celles qui ont été faites par Cl. Bernard à propos de l’élimination du sucre par l’urine.

Les conclusions que j’ai formulées relativement à l’élimination de l'hémoglobine me semblaient susceptibles de généralisation, et les conditions d’élimination par le rein de beaucoup de substances devaient, écrivais-je en 1902 et 1903, avec des variations de concentration pour chaque corps se rapprocher de celles que je constatais pour l'hémo-

' Une autre donnée importante se dégage de ces. recherches, c’est la dissociation dans les éliminations ou mieux la perméabilité .différente du rein à des substances de la même classe.

Ainsi on injeçle simultanément dans la circulation de l’albumine d’œuf.et de l’hémoglobine, toutes deux substances albuminoïdes, le. rein, entre ces deux substances que lui apporte le plasma, choisit l’albumine d’œuf et refuse de laisser passer l’hémoglobine,’ et même l’albumine d’œuf .en s’éliminant en grande abondance n’entralne pas trace d’hémoglobine.

Il y a plus : l’hémoglobine des muscles, contrairement à l’hémoglobine des globules, traverse le rein avec une facilité extrême; or, après l’injeetion intraveineuse simultanée d’hémoglobine musculaire et d’hémoglbbine des globules (provenant toutes deux d’un animal de même espèce), il nous a été possible de dissocier les éliminations de l’une et de l’autre et de montrer que seule l’hémoglobine musculaire

durée des recherches soumis au même régime alimentaire (souvent régime lacté) et au même genre d’existence.

Nous ne comparions pas d’une façon absolue les chiffres trouvés chez un individu avec ceux trouvés chez un autre, mais seulement les différences survenues dans leurs éliminations urinaires avant, pendant ou après l’administration des médicaments quels qu’aient été les-chiffres initiaux pour chacun d’eux.

Des déductions pratiques découlent de notre travail au sujet des doses

La dose de le',50 pour la théobromine nous a paru faible, et ne nous a donné que des résultats peu importants.

La dose de Os',28 de macération de digitale donne des effets utiles, mais il y aurait avantage, nous le croyons, à donner une dose un peu supérieure.

Par contre, la dose de 1 gramme de caféine que l’on prescrit couramment en ingestion, nous semble trop forte, ayant obtenu des effets satisfaisants avec 0«',50 et ayant eu dans un cas des.accidents inquiétants avec O”,30.

Ces conclusions n’ont, bien entendu, rien d’absolu et il faut tenir toujours compte des susceptibilités individuelles.

Influence du chauffage des urines sur la toxicité urinaire. (En collaboration avec MM. Bouchard et Balthazard.) - C. R. Ao. des Sciences, t. CXLVII, p. 662, 19 octobre 1908.

Ce travail montre qu’il existe dans l’urine des substances toxiques que détruit l’action de la. chaleur à 57 degrés ou qui du moins sont rendues inactives après le chauffage. Il est même remarquable de constater combien est régulière la diminution de toxicité consécutive au chauffage, puisque dans nos expériences celte réduction a oscillé entre 29,1 et 32 0/0 de la toxicité initiale (nous parlons de toxicité vraie, c’est-à-dire après correction d’isoionie et de pléthore).

11 résulte de nos expériences que la part de la toxicité qui revient aux , substances thermolabiles (au moins lorsque les urines sont émises après le repas de midi et proviennent de sujets normaux) est égale presque au tiers de la toxicité totale.

Il est peut-être excessif d’invoquer seulement l’influence du chauffage pour expliquer la diminution de la loxicilé, car l’expérience nous a démontré qu’un autre facteur intervient : l’oxydation de certaines subs-

VI. - RECHERCHES SUR LE SANG, L’HÉMOLYSE, L’HÉMOGLOBINE GLOBULAIRE, L’HÉMOGLOBINE MUSCULAIRE

Équilibre globulaire chez des animaux soumis à un séjour prolongé à l’étuve.

. (En collaboration, avec M. Ph. Pagniez.) — Société de Biologie, 16 mai 1908,

t. LXIV, p. 883.

A. — Relations entre les variations de la pression artérielle et la teneur du sang en leucocytes et en hématies.

(En collaboration avec M. Ph. Pagmez.) - Société de Biologie,

25 janvier 1908, t. LXIV, p. 120.

1° . INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR LA LEUCOrÉNIE.

On connaît les réactions leucocytaires tardives qui suivent la saignée et qui se traduisent par une augmentation du nombre des globules blancs. Nous avons entrepris pour en préciser le mécanisme quelques recherches qui sont en cours.

Celles-ci nous ont amenés à nous occuper des rapports existant entre les variations de la pression sanguine et le nombre des leucocytes. ,}(

La question a déjà été l’objet de travaux, en particulier de la part de Winogradow, Decastello et Czinner. Bien que nos résutats soient dans l’ensemble conformes a ceux de ces derniers auteurs, nous avons cru intéressant de.les publier en raison du petit nombre de travaux consacrés : à cette question et de quelques différences dans les techniques utilisées.

Il y a dans nos expériences proportionnalité entre la valeur' de la pression et le nombre des globules blancs.

L’expérience d’excitation dn pneumogastrique a été faite chez le chien et chez le lapin ; l’excitation du nerf de Cyon chez le lapin. Dans un seul cas, chez un chien très profondément anesthésié, nous n’avons pu obtenir de diminution du nombre des leucocytes. Dans toutes les autres expériences la baisse de pression provoquée par l’excitation du pneumogastrique ou du dépresseur a été accompagnée d’une leucopénie manifeste.

Le chiBre le plus fort que nous avons observé est une chute de 5.000 leucocy tes à 1.600; le plus faible de 5.400 à 3.300. En règle générale, il s’agit donc d’une forte diminution qui se traduit par une chute de moitié, ou plus, du nombre des leucocytes.

La production du phénomène de leucopénie est très rapide et on peut en constater l’existence deux à trois minutes après production de la baisse

- La diminution du chiffre des leucocytes ne s’observe pas seulement dans le système veineux, comme pourraient le faire penser les expé- -

riences rapportées ci-dessus et l’ensemble des résultats de Decastello et Czinnèr qui n’ont-fait de. déterminations que-sur le sang des vçines. En prélevant ce sang dans la carotidé, on peut en effet constater, chez le chien comme chez le lapin, l’existence d’une leucopénie contemporaine de la chute de pression et qui est sensiblement de même importance que

Les globules rouges qui avaient été négligés par Decastello etCziNNEii, ne présentent pas de modifications numériques parallèles à celles des globules blancs. Tantôt leur chiffre demeure immuable, et c’est le fait le plus habituel ; tantôt il varie, niais indifféremment dans le sens d’une augmentation ou d’une diminution qui restent d’ailleurs en règle générale peu importantes

En opposition avec l’ensemble de ces résultats, on pouvait se demander si l’augmentation de pression provoquerait un-phénomène inverse, l'hyperleucocytose. Les quelques expériences que nous avons faites par excitation . du nerf sciatique et par injection d’adrénaline ne nous ont donné aucun résultat de ce genre; ces manœuvres ne modifient pas d’une manière appréciable le nombre des leucocytes, dans les conditions des expériences précédentes, c’est-à-dire mmédiaiement.

Les injections d’adrénaline provoquent tardivement de l’hyperleucocytose (d’après Loeper et CROuzON), .mais à un moment où l’hypertension adrénalinique est depuis longtemps tombée, et dès lors par une autreinfluence que celle de la pression.

pneumogastrique et du nerf dépresseur (chez le lapin), une chute brusque du nombre des leucocytes, chute considérable et contemporaine de la baisse de pression que provoquent ces excitations. Cette leucopénie ne s’accompagne pas de modifications appréciables du nombre des globules rouges.

diaire des modifications de pression? La chose est absolument vraisemblable du fait même de l’identité des résultats obtenus par l’excitation de deux nerfs fonctionnellement très différenciés.

La différence de réaction entre les leucocytes et les hématies nous montre une fois de plus, combien les premiers de ces éléments sont soumis à des influences plus multiples et plus variées que les seconds. La modalité spéciale de la réaction qui nous occupe ici est probablement attribuable à l’aptitude des leucocytes à se fixer et à s’immobiliser sur les

nombre des leucocytes, et de la pression

celle-ci, n’est pas influencé d’une manière importante, ou la diminution quand elle existe est proportionnellement beaucoup moins marquée que pour les globules blancs. Ce fait a déjà été remarqué ; Inagaki dans un travail le mentionné, sans pouvoir, dit-il, l’expliquer autrement que par des hypothèses. Nous avons déjà signalé dans le précédent travail que les modifications de pression paraissent sans influence immédiate sur le nombre des hématies.

Ainsi donc, au cours d’une saignée, le nombre des leucocytes qüi sortent n’est pas le même du commencement à la fin. Plus la saignée se prolonge, ou plus elle influence la pression, et plus les leucocytes sont retenus dans l’appareil vasculaire, plus il y a rétention leucocytaire. Les

globules rouges semblent dépourvus de cette adaptation aux conditions physiques ét chimiques de la circulation et ils n’ont pas, au moins dans la même mesure, cette possibilité d’adhérer aux parois vasculaires et de rester dans l’organisme commè le font les éléments blancs. Nous voyons, par exemple, qu’au début d’une saignée, dans une expérience, il sort 1 leucocyte pour 720 globules rouges, alors qu’à la fin la proportion est de 1 pour 2.900. Dans une autre, elle est au début de 1 pour 363; elle devient 1 pour 3.216 à la fin.

Une conséquence qui découle directement de cette rétention leucocytaire, c’est que, ultérieurement, les leucocytes étant remis en circulation, la proportion sera alors relativement beaucoup plus considérable vis-à-vis des globules rouges. Jusqu’à présent, il n’a pas, croyons-nous, été tenu comple de ce facteur dans l’interprétation de la leueocytose post-hémorragique observée par tous les auteurs, le lendemain d’une saignée; ce facteur ne nous parait pas négligeable.

Le système nerveux assure l’unité de tout organisme et, directement ou indirectement, tient sou? sa dépendance toutes les cellules; les leucocytes, comme le prouvent nos recherches, ne font pas exception à la règle.

Indépendamment des considérations générales auxquelles peut conduire ce travail, nous croyons avoir établi la réalité des faits suivants :

Dans les conditions nombreuses et très différentes où I produit (actions nerveuses, peptone, anaphylaxie, saignée veine porte), nous trouvons associée à cette leucopénie, oi

Pour que ces deux .phénomènes-soient si souvent r circonstances si différentes, il faut admettre autre chose dence et accepter qu’un lien de causalité les unit.

2° La participation à la production du phénomène con cytose post-hémorragique de la rétention leucocytaire qui se ]

Les globules de lapin ont dans toutes ces recherches été préalablement lavés à l’eau salée physiologique afin d’obtenir des résultats comparables ou d’éviter l’influence possible du plasma.

Wous avons conclu que l’hémolyse est, avant tout, due à l’alexine et que, pratiquement, l’intensité de l’hémolyse par un sérum donné peut renseigner sur la quantité d’alexine que contient ce sérum.

Il était intéressant, en utilisant les globules de lapin comme réactif, d’étudier comparativement l’intensité du pouvoir hémolysant de sérums humains provenant d’individus malades. C’est ce qu’avaient déjà fait

diverses et il résulte de ces recherches :

a) Qu’il n’est pas possible d’établir de rapport entre le degré de l’hémolyse et ta nature de la maladie;

b) Qu’avec la technique ci-dessus l’hémolyse totale est obtenue dans des limites qui varient de 2 à 8 gouttes de sérum ;

e) Le pouvoir hémolysant persiste pour ainsi dire toujours le même au cours de maladies graves, mortelles ;

d ) Les variations observées dans l'intensité de l’hémolyse peuvent dépendre dans une certaine mesure de la maladie en cours, puisque nous avons pu chez un ,mème malade relever des différences dans l’intensité du phénomène en faisant des déterminations au cours de la maladie et de la

relation entre le nombre des leucocytes, plus particulièrement des mononucléaires et l’intensité de l’action, hémolysante, ce qui serait conforme

L’urine est un liquide toxique et les travaux de M. Bouchard ne

Mais est-elle toxique pour les globules rouges? Est-elle par un mécanisme quelconque capable de produire l'hémolyse? C’est ce que nuus avons démontré en étudiant lès principaux facteurs d’hémolyse qui peuvent intervenir. .

en dehors de tout effet toxique vrai, se comporte vis-à-vis des globules comme une solution saline et son action est soumise aux lois de l’osmose.

louies les urines faiblement concentrées ayant, un a proche de 0°, les urines des néphrites chroniques par exemples donnent un semblable résultat. Une alimentation peu riche en sels, des boissons abondantes produisent des urines peu concentrées et par conséquent osmo-nocives.

Influence de l'acidité de l'urine sur son action globulicide. — L’acidité joue un rôle important dans l’action globulicide de l’urine humaine vis-à-vis des globules de lapin; les globules humains y sont plus résistants, mais peuvent cependant être détruits par les acides de l’urine, tout au moins par l’acide hippurique.

Vurate de soude sans obtenir de résultats positifs avec les doses de ces corps que l’on trouve d’ordinaire dans l’urine ; il est d’ailleurs difficile, d’expérimenter avec ces substances peu solubles. -

Matières colorantes. — M. Bouchard . a montré que les matières colorantes possèdent une action toxique très marquée et nous avons vu également que des urines globulicides pour, le sang de lapin perdent cette action quand on les décolore par le noir animât. Mais le noir animal peut retenir d’autres parties constituantes des urines, en particulier les acides comme nous l’avons constaté et ce fait empêche de conclure au sujet de l’action des matières colorantes de l’urine sur les globules rouges.

Le phosphate acide de soude nettement destructeur pour les globules du lapin est dépourvu d’action globulicide pour les hématies do l’homme aux doses où il se trouve dans l’urine.

L'acide hippurique est doué d’un pouvoir globulicide manifeste.

C’est un agent destructeur puissant de globules rouges à doses assez faibles. Son action est rapide, la destruction se fait en un quart d'heure et moins, elle n’est pas limitée à la destruction globulaire, mais occasionne encore la disparition de la teinte roso de l’hémoglobine, la solution devenant jaunâtre en même temps que les raies speclrosco-

piques caractéristiques de l’oxy-hémoglobine vont en disparaissant. On comprend l’importance de ce phénomène, qui peut faire méconnaître, s’il existe avec l’urine, une hémoglobinurie, aussi y reviendrons-nous ; plus loin.

Action de l’urine additionnée d’acide hippurique. — Cette action de l’acide hippurique peut encore s’observer lorsqu’on ajoute de l’acide hippurique à une urine qui auparavant n’était pas globulicide.

Action globulicide indépendante de Homo-nocivité et de l'acidité. — Nous

licides pour le sang humain en dehors de toute question d’osmo-nocivité ' Ou d’acidité. Il est facile de se mettre dans l’expérimentation à l’abri de l’influence osmo-nocive en faisant agir l’ùrine sur les globules rouges dans une solution saline isotonique. Nous avons vu ainsi : l’urine d’une femme atteinte de leucémie être globulicide pour le sang d’homme normal.

Plusieurs fois nous avons vu des urines de malades globulicides pour le sang de lapin être atténuées notablement dans leur action par le chauffage à 36 degrés et l’on est en droit de supposer que dans ces cas il passe dans l’urine des substances hémolysantes analogues aux ferments ou aux alexines.

Action de l’urine sur l’oxy-hémoglobine. — Les principes de l’urine et en particulier l’acide hippurique altèrent l’oxy-hémoglobine, font disparaître sa couleur et même ses bandes spectroscopiques caractéristiques. C’est le fait que nous avons mis en évidence, expérimentalement et cliniquement, indiquant ainsi une cause qui peut faire méconnaître une hémoglobinurie.

Et en fait cette cause d’erreur n’est pas exceptionnelle; et certains malades ont pendant longtemps de petites hémorragies de l’appareil urinaire qui sont ainsi méconnues.

La recherche du fer dans les urines que nous avons pratiquée dans des cas semblables permet de retrouver la preuve de ces hémorragies.

Action globulicide de l’urine in vivo. — Hémoglobinurie urinaire. — L’urine globulicide in vitro, l’est aussi in vivo et quand une hémorragie de l’appareil urinaire (rénale, uretérale, vésicale) permet le contact dans la vessie de globules rouges avec une urine hémolysante, on n’observe au moment de la miction une hémoglobinurie et non pas une hématurie. Ce fait non démontré jusqu’à nos recherches a été mis par nous en évidence à l’aide de plusieurs observations cliniques et nous a permis d établir ainsi un nouveau type d’hémoglobinurie, 1 ’hémoglobinurie

Fausses hémoglobinuries urinaires. — A côté de ce type très net il peut se produire des fausses hémoglobimries urinaires qui sont dues à des hémorragies des organes génitaux ou du rectum permettant le mélange du sang et d’une urine globulicide au moment de la miction. Dans ce cas l’hémoly.-o est postérieure à la miction, il y a fausse hémoglobinurie car nous avons proposé d’appeler l'hémoglobinurie vraie « pissement d’hémoglobine » par analogie avec l’hématurie qui, comme on le sait, a été appelée pissement de sang.

Hématuries transformées à volonté en hémoglobimries et hémoglobinuries transformées en hématuries. — J’ai publié dans ma thèse des observai ions de malades atteints d’hémorragies de l’appareil urinaire chez lesquels j’ai transformé à volonté une hématurie en une hémoglobinurie, et récipro-

II suffit en effet à un malade atteint d’hémoglobinurie par action osmo-nocive de son urine de faire absorber du chlorure de sodium ; on augmente ainsi la concentration de son urine et les globules rouges ne sont plus détruits, il y a alors hématurie.

A un malade atteint d’hématurie on fait boire une grande quantité de liquide, l’urine devient osmo-notive, il y a alors hémoglobinurie.

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