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Propositions de médecine

(Thèse inaugurale, Paris, 1857.)

La première estime étude sur le râle crépitant. On admet généralement, d’après Laennec, que l’air, en traversant un liquide contenu

dans les vésicules pulmonaires, donne naissance à des bulles qui éclatent avec bruit, et de la sorte engendrent le râle crépitant. Cette explication est inadmissible, parce que rien ne ])rouve la présence d’un liquide dans les alvéoles au moment où l’on perçoit la crépitation, et parce que, même en supposant la présence de ce liquide, on n’y peut comprendre la formation et la rupture de bulles.

Me basant sur quelques expériences d’une vérification facile, et sur l’étude des maladies dans le cours desquelles on trouve du râle crépitant, j'arrive à cette conclusion : que dans toutes le mode de production de ce bruit est le même; toujours il est dû au décollement brusque des parois alvéolaires affaissées, les phénomènes qui président à sa genèse s’enchaînant de la manière suivante :

1° Pendant l’expiration :

Expulsion de l’air, affaissement des alvéoles avec adhésion exacte de leurs parois ;

2“ Pendant l’inspiration :

Afflux de l’air dans les voies respiratoires, redressement des vésicules et production d’un bruit par la séparation brusque des surfaces adhérentes.

Parmi les bruits intra-pulmonaires, le râle crépitant constitue un genre tout à fait à part, c’est un râle^ec. Tous les autres, résultant du conflit de l’air avec les liquides si variés qui peuvent exister dans les voies aériennes, sont des râles humides.

Lorsipie j’ai présenté cette théorie du râle crépitant, elle était généralement ignorée en France, et je croyais en avoir la priorité. Mais en octobre 1842, le docteur E. A. Garr avait écrit, dans le American Journal of medical sciences, que la crépitation est due à la séparation brusque des parois des cellules qui adhèrent par le mucus ou l’exsudât visqueux qui se produit pendant la première période de l’inflammation. Adoptée par Flint, cette théorie a été reproduite, en 1854, en Allemagne, par Wintrich.

Dans la seconde partie, je m’occupe du mode de formation des sudamina et je cherche à démontrer que cette éruption a beu toutes

les fois qu’à un trouble de la production de l’épiderme se joint un état congestif de la peau, analogue à celui qui provoque la sécrétion sudorale.

Dans la troisième, j’établis par des observations l’existence des bruits vasculaires chez les enfants dans quelques pyrexies, et notamment dans la rougeole, la variole, la fièvre typhoïde.

Étude sur la sueur de sang et les hémorrhagies névropathiques.

{Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1859, p. 633 et suiv.)

Ayant eu l’occasion d’observer un fait de sueur de sang réunieà plusieurs autres hémorrhagies, chez une femme hystéro-épileptique, et frappé par les relations multipliées et intimes qui existaient entre les symptômes de la névrose et les phénomènes hémorrhagiques, j’ai comparé ce fait à ceux consignés dans les auteurs, et j’ai constaté qu’ils se ressemblaient de tout point; et que cependant, la coïncidence qui m’avait si vivement impressionné n’était pas signalée.

J’ai montré que presque toujours la sueur desang existe, concurremment avec d’autres hémorrhagies de même nature, chez des sujets d’une constitution délicate, irritable, chez les femmes surtout ; que ces hémorrhagies, non-seulement sont associées à des perturbations nerveuses générales, mais encore sont fréquemment liées à des phénomènes douloureux spasmodiques; qu’elles ont, avec ces phénomènes, la similitude la plus grande, lorsqu’on les compare au point de vue des causes qui les produisent, du siège qu’elles affectent, de la soudaineté de leur invasionetde leur disparition; et, j’ajouterai, quand on considère l’innocuité qu’elles présentent par elles-mêmes. Semblables les unes aux autres, par leurs propres symptômes, et par les traits mêmes qui les assimilent aux symptômes nerveux, ces hémorrhagies, qu’on pourrait appeler névropathiques et qui forment une classe toute particulière d’affections, m’ont encore paru devoir être identiflées sous le rapport des organes par lesquels elles s’effectuent, et qui sont les glandes des téguments externe et interne.

Ces considérations de pathologie générale nous ont conduit à des déductions pratiques, au point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement de certaines hémorrhagies, telles que l’hémoptysie, l’hématémèse, l’hématurie, dont on cherche trop souvent l’origine dans des lésions irrémédiables, et que d’autres fois on attaque par les méthodes profondément débilitantes, sous prétexte de pléthore, alors qu’on a affaire à des sujets essentiellement nerveux et parlant presque toujoui’s anémiques.

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