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De la mort apparente

(Thèse d'agrégation. — Concours de 1860, section de médecine et de médecine légale.)

L’examen des signes de la mort réelle donnés par les auteurs m’ayant montré que, dans un grand nombre de cas, il est très-dîffîcile, sinon complètement impossible, de les constater ou d’en tirer parti, j’aborde l’étude de celui proposé par M. Bouchut. L’absence des battements du cœur, constatée pendant une ou deux minutes, suivant cet auteur, pendant cinq minutes, suivant la commission de l’Institut, serait un signe immédiat et certain de la mort.

Cette opinion repose sur l’expérimentation et l’Observation clinique. Les expériences faites par M. Bouchut sur les animaux ne me semblent pas suffisamment rigoureuses, et je leur oppose celles de Brown-Séquard, Weber, Budge, Claude Bernard, qui conduisent à des conclusions opposées. Puis je rapporte des faits cliniques prouvant que, dans de certaines limites non précisées, mais toujours beaucoup plus étendues que celles sus-indiquées, la vie est compatible avec l’absence des bruits du cœur. D’où je conclus que si ces derniers, même très-faibles, sont une preuve de la vie, leur disparition n’autorise pas à affirmer la mort.

Assimilant la mort apparente à la syncope telle que l’ont comprise Piccolhuoinini, Charles Lepois, Cullen, Bichat et la plupart des auteurs modernes, je la définis cet état de ïorganisme vivant dans lequel toutes

les fonctions paraissent abolies temporairement, ou du moins ne se manifestent par aucun signe appréciable.

A propos de l’étiologie, je rappelle que le mot syncope n’étant usité que depuis Galien, celui d’asphyxie était, avant lui, employé pour désigner le même état, et que la distinction entre les deux termes n’a été nettement faite que depuis Bichat. De fait, elle est plus apparente que réelle, car l’asphyxie se complique bien souvent d’un état syncopal. C’est ainsi, par exemple, que la mort apparente des nouveau-nés est toujours une syncope ; primitive dans un certain nombre de cas, consécmtive dans d’autres, à une asphyxie.

Dans l’asphyxie blanche, la syncope se produit au début du processus asphyxique ; dans la bleue, elle survient à une époque avancée.

L’étude de la léthargie me conduit cà parler de la mort apparente de certains animaux inférieurs, tels que les rotifères, et aussi de la résistance que la vie latente oppose aux causes de destruction dans les graines de certains végétaux.

La mort apparente étant un état de l’organisme essentiellement négatif, il est impossible de le reconnaître immédiatement; son diagnostic est toujours rétrospectif.

36. Etudes sur un bruit de souffle cardiaque symptomatique de ïasystolie.

{Archives générales de médecine, avril et mai 1865.)

Ce travail a pour base sept observations d’asystolie confirmée. Pendant la vie on avait constaté un souffle cardiaque du premier temps à la base; à l’autopsie on ne trouva qu’une dilatation considérable du ventricule droit avec un élargissement de rorifice correspondant tel, qu’il ne pouvait y avoir de doute sur l’insuffisance de la valvule. J’en conclus que ce trouble fonctionnel de la tricuspide était la cause du souffle : interprétation confirmée par les différentes qualités de ce bruit anormal et par le pouls veineux constaté sur les jugulaires externes.

Je fais voir ensuite que les affeclions organiques du poumon ont une influence capitale sur la genèse de l’asystolie, surtout chez les sujets âgés; que l’embarras de la circulation, dont l’organe respiratoire est alors le siège, détermine la stagnation du sang dans le cœur droit, d’où sa dilatation et l’insuffisance consécutive de la tricuspide, suivant le mécanisme indiqué par les docteurs Adams et King.

Je recherche, dans ces cas, quelle est l’origine du pouls veineux et comment on peut le faire servir au diagnostic. En terminant ces considérations, je fais ressortir rimportance, jusqu’ici trop négligée, du cœur droit, dans la pathologie cardiaque.

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