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II. — FAUNISTIQUE

Le nombre des Brachiopodes actuellement vivants, est, comme je l’ai dit plus haut, très restreint. Les grandes expéditions scientifiques l’enrichissent de temps à autre de quelques unités et contribuent à mieux faire connaître leur distribution géographique.

J’en ai trouvé quelques formes intéressantes dans les produits de l’Expédition de la Belgica (7) dans l’Antarctique. Il est à remarquer que ces animaux sont de petite taille, à coquille mince, fragile, ou même réduite à une valve chez une Crania dont il a été question plus haut. Ce fait est en rapport avec la diminution du calcaire utilisable dans les eaux polaires et concorde avec ce que l’on observe chez les autres animaux, par exemple les 31ollusques. Les formes plus grosses comme celles qui ont été rapportées par les expéditions du D'' Charcot, proviennent de latitudes plus élevées et dépendent de la faune magellanique.

Un autre fait intéressant à constater, c’est la différence complète des espèces décrites dans ces eaux antarctiques avec celles des mers arctiques. Cette constatation vient à l’encontre d’une théorie récente, celle de la bipolarité des faunes.

J’ai étudié aussi les Brachiopodes provenant des croisières du Prince de Monaco dans l’Atlantique nord (9) j’en ai publié la liste comprenant les espèces capturées de 1890 à 1907. Elle a une assez grande importance au point de vue de la distribution géographique de quelques-uns de ces animaux.

Ayant eu, pour en faire l’étude, les Brachiopodes des dragages de Ylnvesligator dans l’Océan indien (8), j’y ai trouvé un Brachiopode vivant, nouveau, fort intéressant, que je considère comme un représentant de la faune crétacée. Il a été dragué au nord de l’Océan Indien, dans l’entrée même d’un vaste détroit qui aboutissait, à travers l’Inde, la Perse, l’Europe, à la Manche actuelle, pendant la fin de la période crétacée. Or à l’autre bout du détroit, en Normandie, on trouve des Brachiopodes fossiles tout à fait analogues à celui qui vit encore dans l’Océan Indien ; ce sont des représentants du genre Kingena que l’on croyait éteint. Ce fait est fort intéressant et ces Brachiopodes méritaient une mention spéciale.

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