Lettre de Lamarck à Boucher de Perthes
12. Projet d'entente entre les stations. Bulletin de l'Institut océanographique, n“ 164, mai 1910.
13. Plan de travaux océanographiques. Bulletin de l'Institut océanographique, n" 168, mai 1910.
14. Note sur une pièce buccale d'apparence osseuse. Bulletin de la Société scientifique et médicale
de l’Ouest, IX, 1900.
Les conférences par lesquelles l’enseignement de l’Institut océanographique a débuté, ont été publiées pendant deux années consécutives dans le Ihillelin du Musée de Monaco (3-4). Elles forment un volume de 300 pages environ accompagné d’autant de figures et de planches. Divers sujets y ont été exposés et donnent
un aperçu de plusieurs questions de biologie marine d’après mes propres travaux et ceux d’autres auteurs. C’est, en quelque sorte, un acheminement vers la publication in extenso de mes cours de l’Institut Océanographique, qui sont déjà préparés et rédigés pour former un traité de biologie spécial au monde marin.
J’ai déjà d’ailleurs publié un volume (5) intitulé la vie dans les Océans, dans la bibliothèque de Philosophie scientifique, qui est, en quelque sorte, le programme de mon enseignement mis à la portée du grand public. J’y ai supprimé ce qui est trop technique et de science ardue pour que cet ouvrage puisse être compris dans cette collection. On y trouvera quelques aperçus originaux à côté de la mise au point de certaines questions de biologie générale. J’y indique sommairement l’idée que l’on peut se faire actuellement sur la formation de l’eau des Océans, de leur salure et de leurs transformations; puis l’origine marine des êtres est exposée d’après les théories anciennes et modernes, et une idée rapide de leur évolution au sein des eaux, de l’origine des faunes terrestres et d’eau douce aux dépens des êtres marins, est donnée sans entrer dans le détail et les discussions que comporteraient de si vastes questions dans un traité. J’étudie ensuite l’influence des divers facteurs auxquels sont soumis les êtres marins, sur leur distribution géographique et la composition des faunes et des flores; la salure, la pression, la température, la composition chimique de l’eau varient et les êtres qui y vivent se modifient aussi. Les mouvements des eaux, marée, courants, vagues, déterminent aussi d’importantes modifications des faunes littorales et océaniques. La nature des fonds varie minéralogiquement, et, pour une large part, les êtres vivants prennent part à la formation de ces fonds; ces êtres constructeurs du sol sous-marin, les foraminifères, les diatomées, les ptéropodes, les coraux, sont étudiés et leur importance actuelle et paléontologique mise en évidence, car ce sont eux qui, pour la plus large part, ont construit les terrains sédimentaires.
Un chapitre est consacré à la lumière dans les eaux. Celles-ci ne sont éclairées par le soleil que sur une faible épaisseur. Les rayons solaires s’éteignent rapidement et ce sont les êtres marins, les animaux, qui suppléent à son absence. J’ai montré comment s’accomplit la fonction photogénique et la part que mes travaux ont apportée- à la résolution de la question de la lumière animale au sein des eaux. Si les êtres marins vivent ainsi dans un milieu non obscur comme on le croyait il y a peu de temps, comment leurs organes de la vue se sont-ils adaptés à ces conditions si particulières? Cette question est exposée avec quelque détail ainsi que celle de l’alimentation dans ces eaux dépourvues de végétaux, où il n’y a, par conséquent, pas d’herbivores, où tous les êtres sont carnivores Les diffé-
rences fondamentales des faunes littorales et abyssales, les êtres pélagiques, le plancton et ses variations, l’origine des faunes profondes, la question de la bipolarité des faunes sont exposées sans grands détails, faute de place, mais cependant assez clairement pour donner une idée précise de l’état actuel de nos connaissances sur ces questions.
Je n’indique que pour mémoire un volum.e que j’ai publié en 1900 sur l’histoire de la Faculté des Sciences de Rennes. On y trouvera des documents intéressants sur l’évolution d’une petite Université de province qui a su se transformer en une des plus importantes Universités de France grâce à l’initiative de ses membres, au dévouement de chacun pour le bien commun. J’ai rédigé aussi une histoire de Dujardin, le grand naturaliste français, l’un des fondateurs de la parasitologie, dont j’ai eu l’honneur d’être le successeur, comme professeur et comme doyen à l’Université de Rennes.
Au Muséum j’ai reconstitué la collection historique de Lamarck; j’ai été heureux, comme secrétaire du Comité, d’arriver à réunir les fonds nécessaires pour élever la statue de ce grand naturaliste que l’on peut voir à l’entrée du Jardin des Plantes.
A l’occasion de l’inauguration du Musée de Monaco, j’ai présenté à la commission de la Méditerranée, un projet d’entente entre les stations biologiques du littoral de cette mer pour résoudre en commun un certain nombre de problèmes océanographiques. Deux autres projets analogues furent déposés en même temps; ils furent réunis et fusionnés en un plan définitif auquel il ne manque plus que d’être soumis à la prochaine réunion de la commission internationale de la Méditerranée. Celle-ci devait se réunir au mois d’octobre à Rome, mais les événements italo-turcs l’ont fait reporter à une date ultérieure. La coordination des recherches, d’après un plan commun et facile à exécuter sans dépenses, donnera certainement d’excellents résultats qui sont actuellement retardés et compliqués par des différences de méthode, de synchronisme et par l’absence de directions.
En mars 1913 doit avoir lieu le IX“ Congrès international de zoologie. Ce congrès, qui a lieu tous les trois ans, sera tenu à cette date à Monaco. Le prince Albert, qui en est le président, m’a chargé d’organiser cette manifestation scientifique à titre de Secrétaire Général.