RECHERCHES SUR L’AIRE GÉOGRAPHIQUE DES NÉGRITOS
1894 (28). Prismtatim de photographies relatkes aux habitants des Ues Mergui, les Séloiis. Observations anthropologiques et ethnographiques sur eette population. Soc. d’Anthropologie de Paris, 16 février; - (30). Les populations sauvages de la Péninsule Malaise. Congrès des Sociétés savantes, Paris, 29 mars ; — (31). Présentation d’objets ethnographiques provenant des tirs Andaman. Soc. d’Anlhrop., 19 avril; — (32). Sur les KjOkkentnOdding des tles Andaman et la prétendue industrie de la pierre dans ce pays. Soc. d'Anthrop., 3 mai ; — (35). Voyage sur la cite du Béloutchistan et dans le golfe Persique. Soc. de Géographie de Paris, 23 novembre. - 1895 (41). Hôtes sur la mission du yacht a Semiramisn. Bulletin du Muséum, mars; - (47). A la recherche de Négrilos. Voyage du yacht « Semiramis ». « Le Tour du Monde », août, septembre et décembre. - 1896, idem, janvier et février ; - (58) La race négrito et sa distribution géographique. Annales de Géographie, 16 juillet.
Crawfurd, en 1848, proposait de distinguer des Mélanésiens ou Papous les populations négroïdes de plus petite taille que l'on avait remarquées aux Philippines et aux Iles
Andaman, que l’on soupçonnait dans l’intérieur delà Péninsule Malaise ; il en faisait, en raison surtout de cette petite taille, une race particulière à laquelle il appliquait le nom
ice comme une portion jadis importante de l’humanité, ayant couvert une région
în 1892, sur les conseils de M. Marcel Dieulafoy, j’ai entrepris de Mer directement et de relier entre elles, si possible, les observations disparates que l’on possédait sur la question négrilo. Les moyens tels étaient assurés dans des conditions exceptionnelles par la générosité • Jules Lebaudy, qui prêtait pour cette recherche un yacht îi vapeur de innés, la Sémimmis, et prenait tous les frais à sa charge', la Sémiramii quitta la France à la fin de novembre 1892, se dirigeant golfe Persique ; mais les vents violents qui régnent en hiver dans le sud mer Rouge arrêtèrent le capitaine; il relâcha à Massouah jusqu’au channt de mousson ; pendant les deux mois de cette relâche, j’étudiai l’anologie physique des Abyssins (voir plus loin) et leur régime alimentaire Chap. IV). Quand je pus repartir,__
Sous la même lalitude,
rive orienlale du golfe du Bengale, se trouve l’archipel de Mergui, dont ; dation était « à peu près inconnue » (Hamy). Un voyageur italien disait r trouvé des Négritos.
Cette population (les Sélons) est nomade sur ses barques, et très farouche Après en avoir aperçu quelques spécimens au port de Mergui (Birmanie il à sa recherche dans 1 archipel, et je réussis à en bloquer dans ui une tribu que je pus examiner et photographier. Mes observatioi mènent à la conclusion suivante : la race est mélangée; elle comprend < ns deux éléments, l’un de haute taille, dolichocéphale, blanc; et un él t de plus petite taille mongolique.
Ses caractères physiques, çonune son ethnographie, la rattachent ai
populations ordinaires de la côte voisine, quelques indices laisser soupçonner une légère immixtion de sang noir.
Les Sélons n’ont de remarquable comme industrie que leurs se livrent sur les bancs de corail à la pêche des holothuries, qu’ils et vendent aux marchands chinois.
Dans le milieu d’avril 1873, la Sémiramis arrivait à trepris une exploration systématique de la Péninsule Malaise
des Négrilos, entre les deux seules stations incontestées, les Philippines au Nord-Rst, ies Audaman à l’Ouest. C'est la notion même du petit nègre brachycéphale qui est en cause.
Je pris comme premier objectif de trouver les tribus vraiment négroïdes signalées par les rares échantillons venus de la côte. Parlant des renseignements notés par les auteurs sur les provenances de ces échantillons, je les cherchai dans les montagnes de l'axe de la Péninsule, vers la frontière entre le Siam et les colonies anglaises, et je réussis, après quelque temps, à les trouver sur les flancs d’un petit massif montagneux, le Gounmg-Inas, qui sépare le bassin de la rivière Krian de la haute vallée du Perak. Là, à peu de distance, dans la forêt vierge au delà des derniers villages malais, je visilai deux tribus, comprenant ensemble environ 150 individus, qui élaient, sinon des nègres tout à fait purs, du moins des mulâtres à élément noir nettement prédominant. La couleur de la peau est chocolat ; les cheveux sont franchement crépus chez presque tous les individus. Les traits rappellent beaucoup ceux des Andamanais (surtout des indigènes de l’Andaman du Nord), avec une tête arrondie et un visage oamard sans prognathisme.
La taille (moyenne des deux sexes) est de 149 centimètres, supérieure de 4 centimètres à la moyenne des Andamanais; l’indice céphalométrique moyen s’élève à 79,5, inférieur de trois unités et demie à l’indice moyen des Andamanais.
. Ces petits nègres sont restés au stade sauvage, sans cultures, deminomades en pleine jungle, n’ayant que des abris rudimentaires, et vivant de chasse. Us sont eux-mêmes considérés comme des singes par les Malais qui leur donnent la chasse par sport; en malais le même mot. Orang-outan^ hommes des bois, sert à désigner indifféremment ces sauvages et les singes anthropoïdes.
Depuis on a retrouvé et étudié des tribus semblables en des points voisins du point où j’avais opéré moi-même; les photographies, les mesures et les observations diverses n’ont guère fait que confirmer les miennes, qui restent les premières. Les désignations multiples et contradictoires des tribus sauvages n’ont aucune valeur ethnologique; j’ai proposé pour le type noir le nom que se donne à elle-même la première tribu observée : Méniks.
L’existence de nègres dans l’intérieur de la Péninsule Malaise étant reconnue, il faut classer ces nègres, et, à défaut de spécimens tout a fait purs, discuter l’ensemble des éléments ethniques combinés dans les diverses tribus de monlagne qui représentent les
s’accentue en même temps que la taille s’accroît. Comme, d’autre part, les brachyc phales que j’ai pu observer paraissent déformés ou sont attribuables à l'élément mon golique, on ne voit pas d’indices de petits nègres brachycéphales, c’est-à-dire de Négritos l’élément noir doit être étiqueté Papou.
Outre les mensurations et les photographies, j’ai recueilli divers objets d’une ethno graphie curieuse et dont nous n’avions pas de spécimens en France; j’ai recueilli auss six crânes; jusque-là, il n’existait dans tous les musées d’Europe réunis qu’un seul cràm de cette région*.
Béîoutohistan et golfe Persique.
Quand revint l’hiver boréal, je repris mon programme sur le point que je
Les tribus des monts d'Anémalé.
Je m’étais proposé, suivant la même méthode que dans la Péninsule Malaise, de rechercher la tribu la plus négroïde et la plus primitive. Les gisements les plus remarquables des petits noirs de l’Inde ont été signalés dans les deux massifs de montagne qui forment les points culminants de la Péninsule et se disposent symétriquement au nord et au sud de la passe de Palghat. Après examen des documents que M. Thurston me communiqua obligeamment à Madras, je fis choix pour commencer de la tribu des Kader, dans les monts d’Anémalé, du massif sud. C’est la seule, probablement dans toute l’Tnde, qui vive d’une vie purement sauvage, en pleine jungle, sans aucune culture ni défrichement.
Sur place, après avoir passé plus de vingt jours en deux campements, et observé un nombre relativement considérable de Kader (plus d’une centaine), je dus reconnaître que, s’ils présentent certains types de figure très négriliques, il y a là un mélange de races manifeste; d’ailleurs, contrairement à leurs traditions et à l’opinion acceptée par mes prédécesseurs, leur ethnographie me paraît indiquer qu'ils sont des réfugiés de la plaine ayant rétrogradé comme état social; et leur langage, quoi qu’on en ait dit, diffère très peu du tamoul. Ils sont tous dolichocéphales (moyenne de 32 mâles adultes, 73,3 ; indices individuels extrêmes, 69 et 77), et petits (moyenne de la taille des mômes, 136 centimètres; taille maxima, 166), chiffres voisins de ceux donnés par Thurston sur une série moins nombreuse. Mais la répartition des cas individuels est loin de présenter une courbe de fréquence régulièrement décroissante autour de la moyenne.
Dès lors, il était impossible de prendre une telle tribu pour type de la race noire primitive. Je cherchai vainement un témoin resté plus pur plus avant dans la montagne.
Les Kader vivent entre 600 et 1.000 mètres d’altitude; à 1.200 mètres, dans une vallée d’accès difficile de toute part, j’ai visité une tribu de Moudomer, caste peu ou point connue des anthropologistes.
Les Moudower sont à un état social beaucoup plus avancé que le Kader; ils ont des cultures régulières, du bétail et ils ont des serfs, qu’ils appellent Poulayer et qu’ils considèrent comme impurs. Ils affirment, avec des détails d’une précision probablement légendaire, que leurs ancêtres sont venus de la plaine à la suite d’une guerre. Leur langue est tamoulique. Quelques Mouilower se rapprochent du type nègre, d’autres s’en éloignent beaucoup. Par contre, leurs serfs forment un ensemble bien plus uniformément
nègre qne les Kader. Les uns et les autres sont d’ailleurs dolichocéphales (Moudower, 73 ; Poulayer, 74,5) et de petite taille (Moudower et Poulayer, 169, à quelques millimètres près).
La montagne est donc ici, comme en général dans les pays où la civilisation a longuement évolué, non l’asile inviolé des premiers habitants, mais le refuge de tous les vaincus. L'anthropologie de la montagne ne peut plus légitimement être séparée de celle de la plaine, si l’on en veut tirer des déductions ethnogéniques. Même la dolichocéphalie constatée ne permettrait pas à elle seule de conclure à la dolichocéphalie de tous les types ancestraux, dans l’état de nos connaissances sur la valeur spécifique de la forme crânienne.
Il me fallait changer de méthode, et, au lieu de l’étude approfondie d’un groupe, entreprendre une esquisse de toute l’ethnologie de la contrée; je dus renoncer à prendre des mensurations complètes, et je m’en tins, quant aux chiffres, à trois caractères : taille, indice nasal, indice céphalique (soit cinq mesures par individu). Les conclusions qui suivent sont fondées sur les mesures de plus de huit cents sujets choisis.
Relations anthropologiques des tribus de la montagne et des populations de la plaine.
Les gens de la plaine, lout autour des montagnes en question, sont des Dravidiens, mais appartenant à des divisions assez nettes de ce groupe.
Au Nord, ce sont les Tamouls.-
, Les Tamouls, qui ont été les plus étudiés comme type des Dravidiens, ont subi de
Voici les moyennes que j’ai recueillies sur les populations du Malabar :
16 Malayer. 81
12 Oullader. 80
60 Poulayer. 77
Comme du coté tamoul, les tribus et castes, rangées dans un ordre à la fois géographique et social, présentent une variation systématique des moyennes. L’indice nasal va en s’abaissant des montagnards aux hommes libres de la plaine’, les serfs tenant le milieu; l’indice céphalique a une variation plus régulière encore, mais, cette fois, la dolichocéphalie augmente à mesure qu’on s’éloigne du type négroïde.
On voit ainsi les populations platyrhinienues, libres ou serves, en con-
tact et en pénétration réciproques avec deux populations leptorhiniennes, l’une un peu plus dolichocéphale, l’autre moins dolichocéphale qu’ellesmêmes ; entre ces deux influences, leur indice moyen n’oscille que de 74 à 77.
L’examen d’un autre massif montagneux, au nord de la passe de Palghat, m’a donné des chiffres presque identiques.
Le Waïnaad est un plateau assez accessible entre le Malabar, sensiblement tel que nous venons de le voir, et d’autres populations dravidiennes qui ont été reconnues mésaticéphales, Kourg et les Kanaras (Mysore), Les populations caractéristiques du Waïnaad sont, d’une part, ies Panyer, les négroïdes les plus accusés et les plus homogènes que j'aie vus, et probablement qui existent dans toute l’Inde ; ils ont encore des mœurs de chasseurs de la jungle, mais sont serfs de Nayer venus du Malabar avec de petites colo¬
nies de leurs Poulayer; d’autre part, des tribus vivant de leur côté sur leurs propres cultures, fortement négroïdes encore, mais plus mélangées; tels sont les Naiker et les Kouroumbas; leur langue les rattache aux Kanaras.
L’indice nasal et l’indice céphalique moyens présentent donc des valeurs très voisines dans des groupes homologues malgré la séparation géographique, et des variations bien systématiques entre groupes contigus, suivant le degré du métissage. Ce qui conduit à leur attribuer une grande importance comme caractères ancestraux.
La taille, qui est influencée par les conditions de vie, suit la gradation des deux autres caractères avec quelques irrégularités dues à celte influence.
Cette gradation des caractères anthropologiques me parait très remarquable; sou étude systématique conduirait, il me semble, à la meilleure méthode d’ethnogénie. Je me propose de développer ultérieurement cette étude pour elle-même.
Dans le cas particulier de l'Inde, le régime des castes rend le phénomène très apparent et la déduction relativement facile. Je pense avoir obtenu de cette manière la détermination de l’élément noir primitif de l’Inde, élément dont on ne peut plus espérer trouver de représentants purs. La solution de ce point important pour la question des races noires donne en même temps la définition ethnique de quelques cent millions d’hommes jusqu’ici fort ballottés dans la classification des races humaines.
de sorte qu'il faut chercher ses affinités dans quelque direction îi présent indéterminée. »
La série que nous venons de passer en revue comprend à une extrémité les Nayer, presque blancs; à l’autre extrémité, les Panyer, presque nègres; entre les deux, tous les intermédiaires; les deux types ethniques extrêmes sont eux-mêmes métissés, mais, jo«r extrapolatim, on est en mesure de reconstituer les types primitifs, au moins quant aux caractères observés. Mes documents sont suffisants pour fixer les traits distinctifs de ces types et en indiquer les affinités réelles.
Il y a un type nègre, qui peut être défini tel, parce qu’il avait la peau noire, le nez large et plat, la bouche épaisse, les cheveux crépus.
lisses ou ondulés, les Malasser sont frisés huit fois sur dix, les Panyer le sont presque tous. J’ai observé et photographié dans ces castes de montagne quelques individus, exceptionnels il est vrai, dont les cheveux décrivaient des spires de 8 à 10 millimètres de diamètre; c'est la limite conventionnelle entre le frisé et le crépu;
2» Dans mon voyage précédent, aux lies Andaman, j’ai observé une femme négrito pure dont les cheveux étaient, comme tous ceux de sa race, crépus à l’extrême (diamètre moyen des spires, 2 millimètres); d’un père inconnu, probablement Hindou, elle avait deux enfants, une petite fille (quatre ans), dont les cheveux lins, soyeux, étaient à peine ondulés, et un petit garçon (dix-huit mois) dont les cheveux frisés (diamètre des boucles, 15 millimètres) ressemblaient plus a des cheveux Irisés d’Européens qu’à des cheveux de mulâtre.
On a noté (Montano)aux Philippines, et j’ai noté moi-méme dans la Péninsule Malaise, que les métis de .Négritos incontestables ont généralement des cheveux ondulés.
J’en conclus que le caractère du cheveu négrito n’est pas aussi marqué dans la descendance en cas de croisement que pour le cheveu du nègre africain. C’est un caractère qu’on peut appeler récessif, bien qu’il ne s’agisse pas d’un caractère proprement disjonctif. Si donc on admet, comme j’y suis conduit pour diverses autres raisons, à rapprocher le nègre indien primitif du Négrito, il est facile de comprendre que les métis n’aient pas les cheveux vraiment crépus, même quand le sang noir est prédominant.
Par les caractères que nous venons d’indiquer, le type en question rentre dans le type nègre général, mais il est petit; d’autre part, il n’est pas prognathe. Ces deux caractères le séparent des nègres africains et océaniens et le rapprochent du type négrito. De celui-ci, il ne diffère que par un caractère, mais très net : il est dolichocéphale.
Dravidien primitif.
Le type qui s’indique chez les Nayer apparaît comme clair de peau, leptorhinien, avec des cheveux lisses sans raideur {euplocame); c’est donc nn blanc. Il est grand et très dolichocéphale; de plus, il a le système pileux du visage et du corps très développé. Malgré le nombre trop petit d’individus que j’avais pu observer, et malgré le métissage assez considérable de la caste, ce type s’était dessiné dans mon esprit avec tous les caractères que je viens de citer, mais aussi avec toutes les réserves que comporte une reconstruction, lorsque j’en reconnus un spécimen isolé et sensiblement pur, un véritable témoin, chez les Todas des Nilghirris.
iepuis trois quarts de siècle; le plateau le grand sanatorium de l’Inde, un grand oir et ont signalé avec étonnement leur n effet sur le Dravidien ordinaire, encore SS que les Panyer, qui sont leurs voisins
Si l’indice céphalique est à peu près le même, la taille et l’indice nasal présentent d’un groupe à l’autre un écart des plus marqués, eu égard à l’échelle de variation des races humaines. La répartition des cas individuels, figurée dans le tableau ci-dessous, montre combien la différence dans le caractère considéré est significative de chaque groupe (chaque sujet est représenté par un astérisque dans la ligne horizontale correspondant à sa taille (de centimètre en centimètre), ou à son indice nasal (de 2 en 2 centièmes).
Bien que les différences soient facilement visibles (elles correspondent è deux apparences, à deux physionomies dont la dissemblance a frappé tous les voyageurs sans culture scientifique), la plupart des ouvrages anthropologiques, notamment le Censiis of India, si consciencieusement documenté'en ethnologie, classent les Panyer et les Todas sous la même étiquette de Dravidiens, les uns et les autres étant dolichocéphales, parlant un idiome dravidien. D’ailleurs la dissemblance apparaît moins nettement si, au lieu de
3 avaient réduits en esclavage, de la même façon se sont mélangés à leurs esclaves nègres, et la population dravidienne actuelle. Les Todas, le énigme, mais incontestablement Dravidiens, iravidien resté pur, parce que resté pasteur et 3 serfs agricoles.
ravidien, caractérisé par le type particulier que l’origine des castes serviles dravidiennes, la
primitive formée de véritables nègres avait été tout ii lit été conçue à partir du Négrito brachycéphale. — La m autochtone est contraire à toutes les idées reçues. —
photographies et des pièces ostéoiogiques; mais ces documents montrent une grande anaiogie avec ies faits précédents.
2” Toutes les popuiations noires sont iocalisées sur ie pourtour de l’océan Indien; ailleurs dans le monde (abstraction faite des Nègres d'Amérique qui sont d’origine africaine) il n’y a point de Nègres, il n’y a point de Noirs.
Dans l’Inde, il est facile de reconnaitre que l’élément nègre était sinon l’autochtone, du moins le premier occnpant. Dans la Malaisie, les Négritos se présentent comme les témoins d’une population plus ancienne que toutes celles qui les entourent, Entre les Nègres d’Afrique et les Nègres d’Océanie, les Nègres d’Asie jalonnent ainsi une communication interrompne par des migrations blanches et jaunes, et l’on est amené à reconstituer, pour l’ensemble des Nègres, un habitat primitif unique et continu.
3" 11 n’est pas étonnant que dans une aire aussi étendue une race ne reste pas d’un
faibles. Les Papous et les Mélanésiens sont manifestement infiltrés d’éléments étrangers ; la forme du nez et l’allure de la chevelure, souvent diverses dans un même village, paraissent ne s’écarter du type nègre général que sous l’influence du métissage. La divergence la plus profonde est la brachycéphalie relative des Négritos (leur petite taille
a beaucoup moins de signification spécifique). Mais si l’indice céphalique est un caractère
serait facile de reconnaître comme lui appartenant un sqneletle privé de tête, dépourvu par conséquent de tous les traits que nous avons considérés jusqu’à présent. Ces caractères somatiques, en premier lieu la grande longueur relative des membres, puis l’étroitesse transversale du bassin, lui donnent une forme de corps particulière, reconnaissable sur une simple silhouette; ils sont, d’autre part, faciles à exprimer par des rapports. (Exemple, Vindke antibrachial de Broca.)
J'ai examiné spécialement les caractères de ce genre chez les hommes à peau noire en général, et j’ai trouvé régulièrement qu’ils marchent de pair avec la pigmentation, la plalyrhinie et la frisure des cheveux. 11 faut observer
toutefois, que dans une race humaine quelconque, dans un groupe homogène, les individus petits ont les membres relativement courts, et les diamètres du tronc relativement grands; nette modification systématique de la forme corpo-
relie suivant la taille se retrouve quand on compare comme ici des grandes races nègres à des petites races nègres. Néanmoins, le caractère nègre du corps est assez marqué pour rester nettement visible dans ces conditions*.
J’ai trouvé une expression numérique qui rend bien cette forme du corps. En rapprochant, sous forme d’un rapport, les deux traits les plus accusés du corps nègre, avant-bras long et bassin étroit, on obtient l’indice radio-pe/vien. Ce rapport (multiplié par 100) est, en valeur approchée, de 86 chez le Français, et de 112 chez le Nègre africain (les mâles seulement).
Voici maintenant les chiffres que j’ai obtenus pour les autres races noires, soit sur le vivant, soit sur le squelette (dans ce dernier cas, l’indice est un peu plus élevé que dans le premier) ;
Négritos andamanais, 100 i 104. Meniks de la Péninsule Malaise, 9S. Nègre paria métissé (Kader et Malasser), 100 à 102. Australiens (squelette exclusivement), 103. Mélanésiens (idem), 98. Ethiopiens (vivants), 96.
Pour les autres races, quelques chiffres sur des squelettes m’ont donné les valeurs provisoires suivantes :
Japonais, 86. Indonésiens, 95. Maoris, 91. Péruviens anciens, 85. Eskimos, 82.
Chez les Négritos purs, comparés aux Africains, l’indice paraît encore très élevé si l’on veut bien tenir compte que les Africains sont grands et que les Négritos sont très petits. Chez les Négritos métissés de la Péninsule Malaise, le chiffre de 93 parait très caractéristique si on le rapproche de la valeur présentée par une tribu voisine formée des mêmes éléments ethniques, mais où domine l’élément mongolique; chez les Jakouns, j’ai trouvé 84.
11 y a donc une conformation particulière du corps, résumée en un chiffre par l’indice radio-pelvien qui se retrouve chez tous les Noirs et rien que chez les Noirs; elle suit les caractères sur lesquels nous nous sommes basés, s’atténuant comme eux par le métissage.
C’est donc une preuve, en quelque sorte cruciale, que la race des hommes à peau noire est fondamentalement une.