LA RUBIGINE, PIGMENT CONSTITUÉ PAR UN HYDRATE FERRIQUE
1898 (42). Recherches chimiques mr un cm de diabète pigmentaire (avec E. Auscheb). Soc. de Bwtogie,29 mai; — (44). Recherches (suite). Hydrate de fer colMdal (avec E. Aüscber). Soc. de Biologie, 29 juin. — 1896 (SO). Accumulation d'hydrate ferrique dans tmganisme animal (avec E. AcscHER). Archh-es de Physiologie ; — (55). Préquence relatice de la rubigine en pathologie humaine (avec A. GuiLLEUONiT). Soc. de Biologie, 20 Juin. — 1897 (62). Sur l'histoire de la sidérose viscérale et de pigments ferrugineux. Soc. de Biologie, !•' mai ; — (64) Observations et expériences, p. 112-128.
Au commencement de l’année 1895, mon ami regretté le D' Auscher avait attiré mon attention sur un sujet dont il faisait l’autopsie; il s’agissait d’un cas de diabète pigmentaire, ou cirrhose pigmentaire (le diabète n’étant là qu’un épiphénomène). Dans cette maladie, on trouve la plupart des organes, mais en première ligne le foie, bourrés de pigments qui jusque-là avaient été mal définis.
Tout d’abord, nous avons constaté l’existence de deux pigments distincts, l’un noir et l’autre jaune brnn, ocracé. Dès la simple inspection des organes de la cavité abdominale, celte dualité s’imposait, à cause de la localisation différente des deux pigments.
Tout le péritoine pariétal et viscéral était coloré en noir intense; sa surface comme sur les coupes une coloration ocre très frappante ; même couleur, ainsi que tes ganglions lymphatiques; le pancréas aval un peu plus pâle ainsi que les glandes salivaires.
Au microscope, on distinguait deux espèces de granulations pig mêmes tissus; l'aspect macroscopique tient, en effet, non à une loci mais à la prédominance très marquée de l'un des pigments sur l'autre
I foie présentait à rate était de la me teinte ocracée
Quelques essais microchimiques montrèrent que les deux pigments ne diffèrent pas moins par leurs propriétés chimiques que par leur aspect.
Les granulations jaunes résistent à l’action des alcalis étendus, même à chaud; les acides organiques sont sans action sur elles; les acides minéraux étendus les dissolvent très lentement ; le sulthydrate d’ammoniaque les colore en noir. Au contraire, les granulations noires se dissolvent dans les alcalis et dans le sulthydrate d’ammcniaque.
Le pigment jaune, noircissant par le sulthydrate d’ammoniaque, se présente donc comme une substance ferrugineuse. En effet, tous les organes qui se distinguent par leur coloration ocracée contiennent une proportion de ter anormalement élevée.
L’analyse a donné les quantités suivantes, exprimées en Fe pour mille du tissu trais :
Rate.
Glandé parotide.
Ganglion lymphatique (du liile du foie
Dans un autre ganglion, le dosage du fer a été fait sur le tissu desséché à 110 degrés ; le ganglion a laissé 13 p. 100 do résidu sec ; ce tissu sec contenait, pour mille, 89 de Fe, soit près de 9 p. 100.
Au contraire, les tissus colorés en noir sont pauvres en fer. Un fragment de l’intestin grêle, que l'on dépouilla de sa muqueuse (celle-ci aurait pu contenir du fer étranger à la question), mais coloré en noir intense du côté de sa tunique séreuse, ne donna que la proportion minime de 0,03 Fe pour 1.000.
Laissant de côté pour le moment le pigment noir, nous allons suivre le pigment ocre.
Si l’on examine qualitativement un fragment d’un de ces tissus jaunebrun, que nous avons reconnu être très riche en ter, un fragment du foie, par exemple, on observe toutes les réactions qui caractérisent le fer organique, appelé par Bunge fer fortement combiné. Une goutte de sulthydrate d’ammoniaque, déposé sur une coupe du tissu, ne donne pas immédialement une réaction, mais il se produit progressivement une coloration vert noirâtre qui passe au noir et devient très intense au bout de quelques minutes ; le ferrocyanure en solution acétique ne réagit pas ; en solution chlorhydrique, il réagit lentement ; il en est de même du sulfocyanate. L’alcool chlorhydrique n’enlève pas de fer à ces tissus ; l’acide chlorhydrique en solution aqueuse étendue ne dissout du fer que très lentement.
On serait donc amené à l’idée d’une combinaison organique, dans laquelle le fer serait très fortement lié à la molécule, telle, par exemple, que ïhématogène de Bunge (nucléine ferrugineuse) ou \&ferratine de Schmiedeberg
et Marfori ; mais il faudrait supposer un corps bien plus riche en fer, même que laferratine (6 à 8 p. 100 de Ke au maximum), puisque certains tissus (ganglions), dont le pigment ne forme évidemment qu’une partie, nous présentent déjà pour leur ensemble une teneur en fer au moins égale. D’autre part, l’hématogène et la ferraline sont facilement solubles dans les alcalis, tandis que notre pigment y est complélement insoluble.
Isolement du pigment ferrugineux.
Après avoir essayé un certain nombre de dissolvants neutres organiques, qui ne se chargèrent pas de la plus petite quantité de matière colorante, nous cherchâmes à isoler ce pigment par la manœuvre inverse, c’est-à-dire dissoudre le tissu dans la soude étendue et chaude, à laquelle les grains de pigment paraissent résister d’une façon complète. Mais, comme nous craignions beaucoup de l’altérer par un tel traitement, nous procédâmes d’abord avec beaucoup de lenteur et de précautions sur un petit échantillon dans un tube à essai, suivant au microscope, par des prises successives, les modifications qui pourraient se produire dans les granulations pigmentaires ; celles-ci ne changeaient en rien d’aspect, et finalement, tout le tissu ayant été dissous, les granulations pigmentaires inaltérées se déposèrent au fond du tube. Ce procédé d’isolement fut alors appliqué à une grande quantité de matière.
Les réactions que ce pigment ainsi isolé présente sont exactement celles que nous avons vues sur le tissu frais qui la contenait en abondance. Une petite quantité, mise en suspension dans l’eau et additionnée de quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque, garde d’abord sa teinte rouge-brique; il taut attendre plusieurs secondes pour voir cette teinte se foncer un peu, puis elle devient gris verdâtre et ne donne du noir qu’après une ou deux minutes; il faut plusieurs minutes pour que la réaction soit totale. Les réactions ont la même lenteur avec le ferroeyanure et le sulfocyanate, en présence de l’acide chlorhydrique.
L acide chlorhydrique étendu et froid ne parait pas avoir d’action. Si l’on chauffe à la température voisine de l’ébullition, le précipité se dissout prèsque tout à coup en donnant une liqueur jaune, mais il reste toujours, dans le pigment le plus pur que nous ayons pu oblenir, une petite partie insoluble, qui persiste sous forme de légers flocons blancs.
Il fut facile, avec une matière première aussi riche que le foie de notre sujet, d’obtenir plusieurs grammes de ce pigment pour l’analyser.
Analyse du pigment ferrugineux.
Desséché h tlO degrés el refroidi sur l’acide sulfurique, puis calciné au rouge sombre dans un creuset de platine, il noircit sans dégager aucune fumée ni aucune odeur; il présente une légère incandescence, puis, par refroidissement, reprend une couleur rougebrun foncé. La perte de poids subie par ta calcination est de 17,B p. 100.
Le résidu de la calcination, repris par l’acide chlorbydrique, s’y dissout entièrement. Cette solution cblorbydrique, précipitée par l’ammoniaque en présence d’un excès de chlorure ammonique, donne un précipité volumineux d'hydrate ferrique brun-rouge.
Recueilli sur un filtre sans cendres et calciné de nouveau, avec les précautions usitées pour le dosage de l’oxyde ferrique, ce précipité donne 98 p. 100 du résidu dissous dans l’acide chlorhydrique.
Le dosage colorimétrique du fer sur celte solution chlorhydrique (en ayant soin de prendre comme liqueur titrée également une solution chlorhydrique de fer), donne une proportion de fer concordante avec la pesée d’oxyde ferrique.
Nous avons vu plus haut que le pigment dissous daus l’acide chlorhydrique chaud laisse une petite partie insoluble sous forme de flocons blanchâtres. Ces flocons, recueillis sur un filtre sans cendres, lavés et desséchés, donnent un poids de 2,8 p. 100 environ de la quantité de pigment soumise à la dissolution. C’est une matière organique : le filtre, calciné avec son contenu, ne laisse pas de résidu appréciable.
La conclusion qui découle de ces résultats, c’est que le pigment est constitué essentiellement par un hydrate ferrique de formule 2Fe’0’, 3H’0. J’ai proposé de l’appeler rubiyine (de rubigo, rouille), nom qui rappelle à la fois sa composition et son apparence.
Le pigment, à son état naturel, est certainement bien plus hydraté; mais il ne contient, saut une toute petite quantité de matière organique et d’impuretés minérales, que de l’hydrate ferrique et de l’eau ; il est à l’état de solution colloïdale. On le voit en effet reprendre partiellement cet état après qu’on l’a isolé, lorsqu'on le place dans de l’eau suffisamment débarrassée de la soude du traitement. Cette solution colloïdale est coagulée par un grand nombre de sels, mais tout spécialement par une trace d'acide fort. Il s’agit évidemment d’un hydrate ferrique différent de ceux que l’on éludie ordinairement en chimie minérale.
Oénéralisation.
Ce pigment est loin d’être rare. Même les accumulations énormes comme celle qui m’a servi de point de départ, sans être nombreuses par rapport au nombre des autopsies, se trouvent assez facilement dans une grande ville quand on les cherche. Dans l’année 1896-1897, à la suite de notre travail, divers médecins des hôpitaux, MM. Letulle, Brault, Parmentier, Jeanselme, etc. en publièrent une demi-douzaine de cas, où, comme dans le nôtre, le pigment était assez abondant pour se révéler à l’œil nu sans addition d’aucun réactif. M. Regaud en signala trois cas à Lyon. Sur les pièces qui me furent remises par ces Messieurs, je trouvai comme teneurs du foie en fer de 3 à 10 p. 1.000 des poids frais. (Je rappelle que la moyenne est 0,23. J’avais jusque-là relevé dans la science quatre observations seulement d’une teneur supérieure à 2 toutes quatre en Allemagne.) Le fer de la rate variait de (2 à 4 p. 1.000
Mais quand on cherche au microscope la rubigine, on la trouve beaucoup plus souvent. Cette recherche est très facile, il suffit de dissocier un fragment de tissu dans de la soude étendue et froide; tous les éléments deviennent très transparents, et la rubigine, si elle existe, devient au microscope très apparente; elle présente, sans l’addition des réactifs du fer, un aspect parfaitement caractéristique; ce sont de petites sphérules réfringentes et colorées en jaune. Avec Guillemonat, sur cinquante-trois cas examinés, nous l’avons trouvée sept fois.
Aussi, ce pigment avait été bien souvent rencontré par les histologistes, mais on n’en avait pas déterminé la véritable nature. En France, on l’appelait généralement pigment ocre, après Engel et Kiener qui en ont décrit les apparences microscopiques avec une grande netteté, si bien que je puis identifier avec certitude leur pigment avec la rubigine. En Allemagne, on disait hémosidérine, mais en confondant sous ce nom tout ce qui dans les tissus noircissait par le sulfhydrate. En 1882, un chimiste, Kunkel, faisant l’analyse d’un ganglion certainement infiltré de rubigine, avait bien, à cause de l’énorme proportion de fer de l’ensemble du tissu, avancé que les granulations brunes devaient être de l’hydrate ferrique, mais il n’avait pas isolé le pigment. Son opinion était considérée comme peu fondée par Neumann lui-même, le 'créateur du mot hémosidérine (1). D’autre part. Nasse,
en 1889, avait essayé d'isoler un pigment brun ferrugineux très fréquent dans la rate des vieux chevaux ; il était arrivé à la conclusion que ce pigment était constitué par une combinaison d’albumine et de fer. J’ai vérifié que ce pigment de la rate des vieux chevaux est bien de la rubigine ; c’est même là qu’il est le plus commode d’aller la chercher quand on veut en préparer.
Pathogénie de la rubigine et des accumulations de ter.
et GuiLLEMOmT). Soc. de Biologie, 27 juin — Ohsenatiom et exfiriences, p. 93 et 108.
Avec Charrin et Guillemonat, à deux lapins, nous avons injecté de la tuberculine; à deux autres, de la toxine diphtérique. Nous avons, en outre, à deux autres, injecté du sérum antidiphtérique de l’Institut Pasteur. Les injections sous-cutanées étaient faites chaque jour. Au bout de cinq semaines, tous tes animaux étaient très malades, amaigris et affaiblis, la plupart présentaient des abcès sous-cutanés. Deux furent sacrifiés 4 ce moment, un sujet ayant reçu de la tuberculine et uu autre ayant reçu de la toxine diphtéritique. On cessa les injections aux sujets restants, pendant une semaine; leur état général s’améliora sensiblement. On reprit les injections; le sujet à la toxine dîphtéri-
les deux expériences donnent des chiffres tout à fait normaux; pour la tuberculine, une augmentation faible ou douteuse; avec le sérum antidiphtérique, une augmentation nette, exactement la même dans les deux cas, qui atteignent le double de la normale. Il y a à chercher un mécanisme particulier pour ce dernier cas.
Tout de suite, vient à l’idée que c’est le sérum qui a agi, non par ses modifications spéciales sous l’influence des toxines, mais en tant que sérum d’une espèce différente. On sait que les globules du lapin sont très facilement détruits par le sérum d’une espèce différente. Nous verrons plus loin que l’hémoglobine dissoute est détruite par le foie qui en fixe le fer; c’est à ce mécanisme qu’il faut rapporler l’augmentation du fer du foie ici; c’est même en cherchant à me rendre compte du phénomène que j’ai été amené à concevoir les expériences par lesquelles j’ai démontré le rôle hématolytique spécial du foie. Mais en dehors de ce cas particulier de l’hémoglobine dissoute, nous voyons les toxines microbiennes produire une cachexie profonde sans faire varier le fer du foie, sinon en proportion insignifiante.
Pour la rate, dans les expériences ci-dessus, les n" 1, 2 et 5 présentent des chiffres normaux, n”’ 3 et 4, une élévation assez forte si l’on tient compte de l’augmentation du poids de la rate chez le n” 4. Enfin, le n" 6 présente une accumulation de fer remarquable; il y a à la fois une augmentation de volume et proportion élevée.
Une même intoxication produisant une même cachexie peut donc augmenter beaucoup le fer de là rate ou le laisser sans changement.
On est amené à penser que l’augmentation, lorsqu’elle se produit, soit chez le malade, soit chez l’animal expérimentalement cachectisé, est le résultat, non pas directement de la maladie et de l’anémie, mais d’un accident pour lequel la maladie n’est qu’une cause prédisposante.
Sur le lapin comme sur l’homme, la présence de la rubigine concorde exactement avec les teneurs en fer les plus élevées.
Cela signifie-t-il que toutes les fois que le fer est très abondant dans un organe, il revêt cette forme granulaire particulière, ou bien existe-t-il un mécanisme pathologique particulier qui produit ce pigment ferrugineux et par suite fait monter la teneur en fer des organes où ce pigment s’accumule?
Plusieurs années auparavant, en Allemagne, Quincke avait produit dans divers organes des dépôts ferrugineux abondants, une sidérose en provoquant une pléthore expérimentale, chez ses sujets (chiens) par injection int: ra-veineuse de saog défibriné d’un autre chien; il avait signalé un pigment ferrugineux
granulaire qui paraissait être la rubigine. J’ai repris des expériences de ce genre en précisant davantage et les conditions elles résultats, et je suis arrivé à de nouveaux faits intéressants.
ÉTUDES EXPÉRIMENTALES SUR L’EMMAGASINEMENT DU FER PROVENANT DE LA DESTRUCTION DES GLOBULES ROUGES
1897 (60). froduction expérimentale de la rubigine (arec E. Adsohee). Soc. médicale des Hôpitaux, 12 février; — (63). Expérience montrant que le foie détruit l'hémoglobine ditsoute et qu'il en garde le fer. Soc. de Biologie, 8 mai; Académie des Sciences, 10 mai; — (64). Obierva-
sation de la rubigine produite par injection du sang dans le péritoine (avec E. Auschee).* SocrL Biologie, 12 février; — Thèse de L. Meukiee. Contribution expérimentale à l'étude pathogénique'de
apprécier la résistance globulaire (avec A. Vast). Soc. de Bioloj tolugléne-diamine sur les globules rouges (avec Vast). Soc, de
conlribTl’icmàTélùde S'mrnatolgse. Faculté Te" Wd^cine“de hématolytique. &OC. de Biologie, 28 juillet; — Thèse de Lesag résorption du sang par le péritoine. Faculté des Sciences de Pari la fonction hùmatolytique. Soc. de Biologie, 19 jaillet; Académii
J’ai commencé par injecter à des chiens dans le tissu cellulaire de l’aisselle 50 à 60 centimètres cubes de sang, puisés immédiatement auparavant dans une artère du même animal au moyen d’une seringue stérilisée; au bout de deux ou trois semaines, je sacrifiais l’animal et je recherchais la rubigine au lieu de l’injection. J’ai toujours trouvé un tissu cellulaire parfaitement normal; mais en remontant au ganglion lymphatique correspondant, on pouvait observer que celui-ci élait comme marbré de jaune. Au microscope, on reconnaissait que ces traînées ocreuses étaient produites par l’accumulation de grains de rubigine parfaitement caractérisés; un pelit fragment de ganglion traité par la soude étendue, à 100 degrés, laissail un petit dépôt de rubigine sur lequel on pouvait obtenir les réactions caractéristiques, coloration lente par le sulfhydrale, insolubilité dans l’acide chlorhydrique étendu et froid, etc. Dans un cas, le ganglion du côté injecté pesant 0 gr. 62, contenait 0 milligr. 15 de fer; le ganglion du côté opposé pesant 0 gr. 90, ne contenait qu’une trace impondérable.
Ainsi on avait bien une formation de rubigine et dépôt de celle-ci dans les ganglions lymphatiques efférents, mais ce dépôt ne contenait qu’une partie très minime du fer injecté. Dans le cas dont je rapporte le dosage, il avait été injecté 60 centimètres cubes de sang contenant probablement de 25 à 30 mil-
ligrammes de fer. La plus grande partie de ce fer avait donc été résorbée sous une forme ou sous une autre.
Je refis alors l’expérience en sacrifiant l’animal huit jours seulement après l’injection. Je ne retrouvai rien au lieu de l’injection, pas de rubigine dans les ganglions correspondants; mais les préparalions histologiques montraient des taches d’un jaune assez pâte et le traitement par le sulfhydrate faisait apparaître en ces endroits des colorations noires. On avait là, comme j’en eus la confirmation par des recherches ultérieures, un stade intermédiaire entre l’hémoglobine et la rubigine. Mais on ne retrouvait toujours qu’une petite fraction du fer de l’hémoglobine injecté.
Laissant de côté pour le moment le sort de la grosse fraction de l’hémoglobine, et désirant avant tout obtenir de la rubigine en quantité notable, je fis des injections .sanguines massives dans le péritoine et aux dépens d’un autre chien.
Afin de contrôler avec précision les quantités injectées en exposant le sang an minimum d’altération, l’expérience était disposée de ta façon suivante. Le sujet est fixé le ventre en l’air, sur un des plateaux d’une grande balance de Roberval spécialement construite à cet effet. Un trocart stérilisé et vaseliné est enfoncé dans l’abdomen de l’animal, et relié par un court tube de caoutchouc à l’artère d’un second chien. On établit l’équilibre de la balance au moyen d’une tare placée dans l’autre plateau et comprenant une éprouvette graduée vide. Dès que le sang passe d’un animal à l'autre, on voit naturellement la balance s’incliner ; on rétablit l’équilibre en versant de l’eau dans l’éprouvette graduée; on connaît ainsi à chaque instant, d’une façon précise, la quantité de sang qui a été injectée.
Si on injecte en une seule fois 60 grammes de sang par kilogramme d’animal, c’està-dire une quantité supérieure à la moitié du propre sang du sujet, on observe de l’hémoglobinurie pendant les deux jours qui suivent.
L’injection de 26 grammes par kilogramme ne provoque aucun trouble appréciable, et on peut recommencer l’opération au bout de huit jours.
Après avoir injecté des quantités de sang diverses, je laissai vivre mes animaux deux à trois mois, puis je les sacrifiai.
Voici les teneurs en fer que j’ai obtenues pour le foie et pour la rate, les sujets étant ordonnés par rapport à la quantité de sang injectée (celle-ci en grammes par kilogramme d’animal).
On voit que le fef ne se comporte pas de la même façon dans le foie et dans la rate. Pour la rate, il y a une proportion croissante régulièrement ordonnée ; le premier chiffre est à peu près à la limite supérieure de ce qu’on observe à l’état normal. Pour le foie, les trois premiers chiffres disposés sans ordre rentrent dans la série normale, bien que leur moyenne soit plus élevée que la moyenne normale. Le quatrième et le cinquième en sortent complètement et montent tout de suite à des valeurs relativement considérables, qui ne sont pas beaucoup dépassées par le sixième.
C’est-à-dire que, lorsqu’il y a peu de sang injecté, l’augmentation du fer porte seulement sur la rate et ce n’est qu’à partir d’une certaine limite que la teneur en fer du foie est influencée. L’augmentation coïncide pour l’un et l’autre organe avec la présence de la rubigine (60 et 64).
J’ai examiné en même temps la moelle des os (fémur, humérus, radius, côtes), et dans tous les cas j’y ai trouvé de la rubigine et de plus en plus abondante avec l’augmentation du poids de sang injecté; c’est-à-dire que la moelle des os se comporte exactement comme la rate; mais une détermination quantitative totale pour la moelle des os est impossible; toute détermination quantitative partielle serait illusoire; et, par suite, si la teneur en fer dans le foie et la rate reste intéressante, le calcul de la quantité contenue dans ces organes serait sans signification, puisqu’il y a partage suivant une proportion inconnue.
Localisation du pigment au point de vue histologique.
Les examens histologiques faits avec Auscher nous ont montré, dans ces divers cas, une localisation identique du pigment, dont i’abondance seule est variable.
Dans la rate, les grains pigmentaires isolés ou plus souvent agglomérés en amas raùriformes, se trouvent dans les cordons de la pulpe splénique; il n'en existe pas dans
les travées fibreuses, ni dans l’épaisseur de la capsule; le pigment s’arrête et même
s'accumule à la limite de ces formations. Les corpuscules de Malpighi ne contiennent pas
non plus de rubigine, ou seulement quelques grains isolés.
Jamais nous n’avons vu nettement de rubigine dans la lumière des canaux sanguins de la pulpe; c’est entre les fibrilles des cordons de la pulpe qu’on rencontre les grains :
ceux-ci paraissent libres, c’est-à-dire qu’ils ne forment pas d’enclave dans quelqu’une
des cellules de la rate. (Il ne faut pas oublier que le pigment date au moins de deux
es grains d’une grappe. Leur répartition topographique est uniforme, sans préd
lance dans tel ou tel des systèmes suivant lesquels s’ordonnent ordinairement les léi
'-ie. Dans l’intérieur des lobules, '■’O'"'» ="ciin trrain inclus dans les cel
ün chien ayant reçu 40 grammes de sang par kilogramme est conservé en vie pendant huit mois et demi; les teneurs en fer de son foie et de sa rate sont alors trouvées égales respectivement a 0,11 et 0,33 ; recherche de la rubigine dans la rate entièrement négative ; quelques grains dans la moelle des os.
Ces animaux ont dû posséder û un moment donné des teneurs en fer du même ordre que celles du quatrième sujet du tableau ci-dessus, fortes teneurs concomitantes d’une abondante rubigine; des saignées répétées, ou simplement la survie un peu longue, ont fait disparaître ces dépôts ferrugineux (64).
Destruction de l'hémoglobine dissoute dans le sang.
Avant mes recherches, on pensait que l’hémoglobine à l’état de solution dans le plasma sanguin est éliminée par le rein ; en effet, l’injection dans les
veines d’hémoglobine dissonie, ou bien de substances qui dissolvent les globules dans le sang circulant, fait apparaître de l’hémoglobine dans l’urine.
Reprenant la question quantitativement, j’ai vu qu’il passe dans l’urine seulement de 1 à 2 dixièmes de l’hémoglobine injectée. Que devient alors la grosse partie de cette hémoglobine?
J’ai pris pour sujets des chiens adultes, mais non pas vieux, ayant leur denture entière sans usure ou avec une légère usure seulement des incisives médianes supérieures. A cet âge (douze à quinze mois), à peine sortis de cette période de croissance où le foie est pauvre en fer, on obtient presque toujours une proportion de 0,10 h 0,15, c’est-à-dire un minimum de variation probable.
Aulre point : chez de tels animaux, le foie, après le lavage intra-vasculaire, présente une coloration constante d’un brun très clair, fauve. Je me suis servi dans ces expériences, pour noler d une façon objective cette coloration et préciser les comparaisons d’une expérience à une autre, du tableau chromatique dressé par Broca pour la couleur de la peau dans les races humaines. J’y ai trouvé assez bien les nuances du foie que j’avais besoin de noter; celle dont je parle, pour les animaux normaux, correspond d’une façon régulière au n" 30 de ce tableau.
La proportion du fer dans le foie est supérieure au maximum de ce que j’ai trouvé à l’état normal; elle est dans les trois cas presque triple de la valeur probable. 11 y a donc une augmentation manifestement due à l’expérience.
La rate donne des chiffres un peu au-dessus de la moyenne, mais rentrant dans la série des chiffres normaux; l’augmentation en fer est donc douteuse.
Pas trace de rubigine, qui, chez le premier sujet, aurait eu le temps de se former.
Enfin, le foie lavé est chez les trois sujels d’une couleur bien plus foncée que ce qu’elle est chez les animaux normaux comparables ; elle correspond aux N" 28 et 43 du tableau de Broca.
L’action élective du foie apparaît encore plus nettement si on compare les chiffres ci-dessus avec l’expérience suivante :
Un chien de 8 kilogrammes reçoit dans des conditions comparables au précédent teneur en fer de 0,25; quantité totale du fer dans le foie, 87 milligrammes.
L’enrichissement en fer du foie et de la rate s’élant fait ici dans une proportion inverse de ce que nous avons observé constamment après injection péritonéale du sang total, il faut admettre que le mécanisme physiologique qui détruit les globules dissous est essentiellement différent de celui qui détruit les globules injectés à l’état intact (63).
Les mutations du fer suivent un circulus interne.
L’ensemble des observations et des expériences que nous venons d’examiner nous conduit à une conclusion opposée à la direction dans laquelle on avait en général cherché jusque-là.
Dans toutes les conditions, le fer provenant de la destruction de la molécule hémoglobine est non pas excrété par la bile ou toute autre sécrétion, mais déposé dans certains organes où il constitue une réserve de nouveau utilisable.
Le circulus organique du fer s'accomplit, pour sa masse principale, à tintérieur de l’organisme.
Par conséquent, nous ne pouvons obtenir de renseignements sur l'hématolyse normale à l’âge adulte par la simple observation soit du fer excrété
qui esl presque négligeable, soit des teneurs en fer des organes qui est k peu près invariable. Dans les conditions ordinaires de la vie, il se produit journellement (tous les physiologistes sont d’accord là-dessus) une deslruction de globules rouges, vieillis ou altérés de quelque manière, et qui sont remplacés par des globules jeunes. Mais la rénovation étant égale à la destruction, si c’est le même fer qui passe des molécules d’hémoglobine détruites daus les molécules reconstruites, il est évidemment difficile, même impossible, de saisir ce fer au moment de sa désintégration et avant son réemploi.
11 a fallu modifier ce bilan du fer par l’expérimentation, soit par la saignée (déficit), soit par l'injection d’hémoglobine (excédent). Pour ce dernier cas, nous avons reconnu la mise en jeu. suivant les conditions, de deux mécanismes distincts. Que se passe-t-il dans l’hématolyse normale?
11 y avait intérêt, m’a-t-il semblé, pour cette question physiologique importante, à pousser plus avant l’étude de la cirrhose pigmentaire qui présente une si incroyable déviation du bilan du fer. (Le sujet qui a servi de point de départ à mes recherches avait en dépôt dans son foie soixante fois plus de fer qu’un homme normal; c’est-à-dire que ce dépôt, au lieu de correspondre à un dixième à peu près du fer du sang, représentait six fois la totalité de ce fer.)
Je fis faire dans ceite direclion quelques expériences par M. L. Meunier {l'hèse citée). Il trouva d’abord, ce qui est en accord avec la conception du cireulm interne du fer, que les hémorragies internes ne conduisent nullement vers de telles accumulations.
L’hémorragie interne expérimentale consisterait à faire couler d’une artère du sujet une certaine quantité de sang dans le péritoine (par exemple) du même sujet; mais si l’on tient à éviter de faire passer et séjourner ce sang par un récipient où on pourrait le
Il fallait essayer d’aaalyser l’action de ia toluylène-diatnine sur les globules rouges; c’est ce que je fis avec M. A. Vast.
Action de la toluylène-diamine sur les globules rouges.
J’employais la toluylène-diamine (1, CH’; 2 et 4, Az H’) dissoute dans l’eau physiologique avec la quantité d’HCl strictement nécessaire, en injection sous-cutanée, à la dose (en une fois) de 1 à 6 centigrammes par kilogramme d’animal (chien).
Les doses de 5 à 6 centigrammes par kilogramme donnent des phénomènes marqués d’intoxication générale et d’ictère grave; pour t, 2 ou même 3 centigrammes, on n’observe pas de troubles consécutifs à une seule injection ; les injections étant répétées de deux jours en deux jours, l’animal fait un ictère lent, il maigrit, mais il résiste pendant plusieurs semaines. Et quand on le sacrifie, on trouve de la riibigine en assez grande abondance dans le foie, la rate et la moelle des os, avec accumulation marquée dans le foie.
Des auteurs avaient annoncé que la toluylène-diamine provoque la dissolution des globules dans le sang circulant; s’il en était ainsi, je me trouvais ramené au cas étudié page 76 (action du foie sur l’hémoglobine dissoute). Je recherchai ce phénomène de la façon suivante. A des intervalles divers après l’injection, quelques centimètres cubes de sang étaient, directement au sortir du vaisseau, recueillis dans une très petite quantité d’une solution hypertonique oxalalée, et centrifugés immédiatement, vingt-quatre heures envirou après l’injection, et seulement avec les doses fortes de poison, on observe une petite quantité d’hémoglobine diffusée. Cette quantité paraît trop petite pour rendre compte du fer accumulé. J’examinai de plus près l’action de la toluylène-diamine sur les globules rouges.
Je constatai d’abord qu’il y avait une altération chimique de l’hémoglobine dans les globules mêmes; en proportion plus ou moins considérable, elle était transformée en méthémoglobine. Cette altération est la règle sous l’influence des amines aromatiques, mais alors, elle était mal connue ; avec la toluylene-diamine, un auteur avait indiqué la formation d’hématine; je fis voir, par une série de réactions, qu’il s’agissait, en réalité, de méthémoglobine.
D’autre part, en examinant au microscope le sang des animaux intoxiqués, même quand il ne contenait point d'hémoglobine diffusée, il me parut qu’il était particulièrement difficile de faire des préparations de
sang sans altérer les globules. J’eus alors l’idée de rechercher si ces faibles doses de toluylène-diamine, qui ne détruisent pas les globules dans le sang circulant, n’affaiblissent pas leur résistance.
Méthode nouvelle pour mesurer la résistance globulaire.
La mesure de la rémiance globulaire est devenue classique depuis Hamburger. On sait que si on jette des globules rouges dans l’eau distillée, ils se dissolvent entièrement (laccage du sang) \ si on les jette dans de l’eau additionnée de 7 grammes de NaCl par litre, ils restent inaltérés, ou du moins, aucune trace de leur hémoglobine ne vient teinter le liquide ambiant. La méthode de Hamburger consiste à déterminer la plus forte concentration saline pour laquelle les globules rouges commencent à abandonner leur hémoglobine. Après Hamburger, Mosso et quelques-uns de ses élèves ont montré qu’il y avait intérêt aussi ii déterminer la concentration la plus forte pour laquelle la destruction des globules est totale ( résistance maxima, la, méthode de Hamburger donnanfla résistance minimà). Ces mélhodes ne nous donnèrent que des résultats incerlains. Après quelques essais, j’ai imaginé, et j’ai mis en œuvre avec M. A. Vast, une méthode nouvelle qui me,parait de nature à donner, sur les variations dé la résistance globulaire, des renseignements plus précis et plus complets.
On prépare une série de solutions de chlorure de sodium titrées de 4- en 4 centigrammes au-dessous de 0,62 p. tOO, cette dernière concentration étant Sdpérieure à celle
l'altération subie par les globules au conlact de cette solution, les titres des diverses solutions n'ayant d’ailleurs que des valeurs relatives.
Pratiquement, comme on est quelquefois géné par de petits caillots qui se forment dans le tube b essai, il y a avantage à. remplacer dans les solutions salines un tiers ou un quart du chlorure de sodium par une quantité isotonique d’oxalate de sodium.
Avec ce procédé, il est très facile de voir que, le lendemain d’une injection de toluylfenediamine, les globules sont plus vulnérables qu’avant l’injection.
De plus, si on examine de nouveau le sang après trois ou quatre jours, on trouve une résistance plus forte qu’avant l’injection, ce qui est la preuve qu’un certain nombre de globules atteints par le poison ont disparu de la circulation et ont été remplacés par des globules neufs. (Divers auteurs avaient déjà constaté, par la méthode habituelle, une augmentation de résistance après une saignée.)
tfoici une de nos expériences :
Chienne de 6 kilogrammes, adulte. Le 18 mars, injection de 0 gr. 24 de toluylènediamine. La première prise de sang, pour la mesure de la résistance globulaire, a été faite immédiatement avant l’injection.
En portant en ordonnée la proportion d’hémoglobine diffusée et en abscisse le titre de la solution correspondante (noté en NaCl p. 10.000), on obtient la figure “ ci-contre.
” Le 16 mars, on observait une trace d’oxyhé- „ moglobine diffusée dans une solution hypertonique (concentration exprimée en NaCl : 1, 3 p. 100), donc préexistante dans le plasma; c’était d’ailleurs une simple trace, représentant w une quantité impondérable.
Il est possible que ces toutes petites quantités d’hémoglobine diffusée jouent un petit rôle dans l’accumulation du fer par le foie; mais il me parait que le phénomène
rj
principal consiste dans la destruction, par les organes hémalolytiques, des globules altérés chimiquement et plus vulnérables, la destruction se faisant par phagocytose.
La courbe bématolytique.
La courbe de la destruction globulaire en fonction de l’hypotonie du milieu, comme on le voit sur la figure ci-dessus, convexe en bas pour les solutions fortes, tend vers une droite pour les solutions plus faibles; poursuivant cet examen pour les solutions de plus en plus faibles, j’observai qu’avant d’atteindre sa limite 100, la courbe s’infléchissait en sens inverse.
Cette courbe me parut valoir la peine d’être examinée pour elle-même sur divers sangs normaux, et je mis à ce travail un autre de mes élèves, Al. Lesage.
Ses résultats confirmèrent que la courbe a bien la forme en S que je viens de dire. En général, l’inflexion supérieure est moins marquée que l’inférieure; au milieu, sur la plus grande parlie de son étendue, la courbe est rectiligne et peu penchée.
J’ai interprété cette courbe par l’existence de globules inégalement résistants, conception que des recherches différentes avaient déjà suggérée à Al. Malassez : la grande masse des globules (environ 85 p. tOO dans le sang de nos chiens adultes) fournit par sa destruction la partie de la courbe qui forme une droite peu inclinée comprise normalement entre les solutions 30 ou 34 d’une part, 42 ou 46 de l’autre ; il y a des globules moins résistants dont les plus fragiles commencent à se déiruire dans la solution 50 ; et d’autre part, des globules, les moins nombreux de tous, qui sont un peu plus résistants
Résorption du sang par les séreuses.
Avec ce procédé, AI. Lesage, sous ma direction, a recherché ce que deviennent les globules quand on injecte dans le péritoine d’un chien du
sang d’un autre chien. Une première série de contrôle avait montré que le sang de la jugulaire et le sang de la carotide donnent sensiblement les mêmes résultats. Avec deux animaux sains, les globules du sang injecté dans le péritoine ne paraissent pas varier sensiblement dans leur vitalité, si ce n'est au moment où il n’en reste plus que quelques goultes, car le sang disparaît peu à peu ; ce sang est donc résorbé en nature ; en effet, la fistule du canal thoracique donne une lymphe chargée de globules rouges en bon état.
Je conclus de ces recherches que l’injection péritonéale de sang équivaut à une transfusion veineuse faite lentemenl. Les résultats que j’ai obtenus par cette voie quant à l’accumulation du fer (p. 74) se rapportent donc à la destruction des globules normaux en excès. D’après la localisation du résidu ferrique, cette destruction est effectuée d’abord par la rate et la moelle osseuse ; ensuite par le foie, qui vient s’ajouter aux organes précédents quand la quantité à déiruire est considérable.
Rôle de la rate dans la fonction bématolytiqne.
J’ai cherché alors quelle est l’imporlance quanlilative de la rate dans cette fonction. Le rôle hématologique de la rate est admis par tout le monde, mais nous manquions d’éléments pour apprécier l’importance de ce rôle. Lorsqu'on enlève la rate à un animal et qu'on observe ensuite son sang, on y trouve des changements exirêmement faibles, et même douteux. C’est qu’à l’état normal, la besogne à accomplir, rénovation ou destruction, hématopoïèses ou hématolyse, est peu considérabte, et la rate absente est facilement vicariée par d’autres organes. J’ai pensé qu’on pouvait obtenir en quelque sorte une mesure de l’importance de la rate pour l’hématolyse en augmentant l’intensité du travail à accomplir.
Si l’on fait une transfusion à un animal, on sait que l’hyperglobulie ainsi produite est de courte durée; les globules surnuméraires sont détruits en quelques jours. Comment cette hématolyse sera-t-elle modifiée dans les cas de splénectomie préalable ? J'ai fait faire dans ce sens une série d’expériences par M. Calugareanu.