VARIA
TOXICOLOGIE ET PHARMACODYNAMIE
Toxicité du cyanure d’éthyle.
Le raisonnement conduit à admettre que le cyanure d’éthyle doit être toxique. Cette toxicité pourtant avait élé niée. Ayant eu l’occasion d’avoir du cyanure d’éthyle pur, préparé parM. Bouveault, j’ai fait des expériences sur des lapins auxquels j’ai injecté, dans une veine de l’oreille, cette substance en solution aqueuse au vingtième. J’ai constaté que, dans ces conditioiis, le cyanure d’éthyle est mortel à la dose minima de o centigrammes par kilogramme. Les caractères de l’empoisonnement sont, d’une manière générale, ceux de l’empoisonnement par les cyanures. Les expérimentateurs qui ont cru à l’innocuité de cette substance avaient probablement été induits en erreur par la particularité suivante : le cyanure d’éthyle n’agit qu’au bout d’un temps assez long; après l’injection intra-veineuse d’une dose triple de la dose mortelle, j’ai vu s’écouler deux heures avant l’apparition des premiers phénomènes toxiques.
Action physiologique de ïacide sélémeux.
Noie, avec M. Chabrié, à l’Académie des Sciences, 20 janvier i890.
L’acide séténieux, en solution aqueuse neutralisée par la soude, arrête diverses fermentations à la dose de 0 gr. 2 (anhydride) pour 100 grammes de bouillon de culture ; aux doses moindres, il est réduit, et l’on voit apparaitre le sélénium sous forme d’un précipité rouge.
Injecté dans les vaisseaux du chien, il est mortel à la dose de 3 milligrammes par
Si l’on réfléchit que l’iode dans le milieu minéral du sang doit, comme dans une solution de carbonate, former des iodures et des iodates, on voit que l’échelle d’activité est celle même de la facilité plus ou moins grande avec laquelle de l’iode peut être mis
Dans le mécanisme du phénomène, la plus forte part revient au cœur, qui est accéléré et affaibli; j’ai vérifié que l’innervation extrinsèque du cœur n’est pas touchée ; l’innervation vaso-motrice n’est pas non plus paralysée. L’action de l’iode sur l’appareil circulatoire est essentiellement périphérique; on l’obtient sur un animal auquel on a coupé la moelle cervicale au-dessous du bulbe et les pneumogastriques.
Dans ce qui précède, j’ai cherché une action toxique comme réactif de l’activité de diverses combinaisons de l’iode. Mais si on étudié l’action des faibles doses d’iodure de sodium, sur un chien à bulbe détruit (chez lequel par conséquent la régulation vasomotrice ne peut venir masquer les phénomènes cardiaques), on observe que la force du cœur augmente ; c’est probablement cette action qui est obtenue aux doses thérapeutiques dans la médication cardiaque.
Action physiologique du strophantus.
1887 (2). Recherchfs sur l'action physiologique de l'inée ou Strophantus hispidus (avec E. Gley}. Soc. de Biol., 2 juillet; — (3). Sur le mode d'action de l'inée (avec Gley), Soc. de Biol.,
En étudiant le poison qui garnissait la pointe de quelques flèches venues de l’Afrique centrale par Zanzibar, je reconnus à ses effets physiologiques, l’inée, ou poison du Strophantus. Cette subtance avait fait l’objet de quelques recherches, quinze ans auparavant, puis était retombée dans l’oubli malgré l’intérêt qu’elle présente; elle était d’ailleurs introuvable à Paris. J’en ai fait une étude sommaire avec M. Gley.
C’est un poison musculaire, paralysant totalement la fibre contractile; il agit sur le coeur, comme sur les autres muscles, et aux petites doses, il excite é la fois le cœur et les fibres contractiles des vaisseaux, de manière à donner
étudiant ce rebondissement, nous avons vu qu’ii provient en réalité d’une réaction des centres nerveux ; si on coupe la sciatique entre le point excité et la moelle, le rebondissement disparait totalement (fig. B). Chez la grenouille verte, l’action de la caféine porte donc exclusivement sur les centres nerveux ( 10 ).
(Le point a été vérifié au moyen d’une élude précise de l'excitabilité directe et réflexe, par M'"* Laplcque, Société de Biologie, 23 juin 1906.)
partout l’action nerveuse prédominante, sinon exclusive. Le cas de la grenouille rousse est donc un cas exceptionnel.
Chez l’homme, l’action nerveuse n’est pas douteuse; la rigidité musculaire qui apparaît parfois doit être rapportée, non à une intoxication périphérique, mais ti une action réflexe comme celle que nous avons démontrée chez la grenouille verte.
La caféine est un excitant des centres moteurs. Mais elle a une autre action que nous avons mise en évidence ; elle empêche Yessoufflemenl, ce rythme accéléré et inefficace où tombe le mécanisme respiratoire quand on l’appelle à une suraclivifé anormale; par une modification, probablement, de l’excitabililé bulbaire, la caféine, au moment d’un effort musculaire en dehors des habitudes, permet à la ventilation pulmonaire de s’accroître considérablement sans troubles; elle place un homme non entraîné dans les conditions de tentrainement (Voir les graphiques ci-contre). Germain Sée s’est servi de ces constatations pour la thérapeutique (12 et Thèse de Parisot).
L’alcool, même à doses modérées, détruit l’effet utile de la caféine.
En comparant la kola à la caféine, je trouvai les mêmes effets à dose égale de caféine; c’est-à-dire que la caféine est le seul principe actif de la kola. J’eus à soutenir sur ce point une discussion très vive (13).
Mon opinion a été justifiée par les travaux de M. Mosso et par tous les travaux effectués sur la question entre 1890 et 1900 (Thèse de Le Coniat).