Sur ï Amphioxus (Amphioxus lanceolatus
{Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1867.)
Partie physiologique. — Observations et expériences sur le rôle de l’extrémité céphalique du système nerveux, sur la résistance vitale, sur l’action de divers poisons, sur celle de l’eau douce, etc.
C’est un fait très-remarquable que l’eau douce ayant complètement
aboli la contractilité musculaire, celle-ci reparaît après une immersion de quelques heures dans Veau de mer.
.')0. Sw' la mort des animaux à sang froid par l’action de la chaleur.
(Extrait in Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, t. V, 1867.)
Ils meurent tous par les centres nerveux (grenouilles, sèches, crabes). Il faut une plus haute température pour tuer le nerf moteur; une plus élevée encore pour supprimer la contractilité musculaire.
Contrairement à ce qui est enseigné en Allemagne, la contractilité peut reparaître dans des muscles de grenouille roidis par la chaleur, sous la seule action de la circulation sanguine.
31. Sur le développement des œufs de grenouille à Pair libre,
sans eau.
[Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
A rair libre, les œufs de grenouille se développent beaucoup plus vite que s’ils sont immergés.
32. Sur la respiration des différents tissus d’un même animal, ou dun même tissu d animaux différents.
[Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
1" Les différents tissus d’un même animal, exposés à l’air ou plongés dans du sang artériel et placés dans des conditions identiques, n’absorbent pas des quantités égales d’oxygène; ils se placent dans la série décroissante suivante : muscles, centres nerveux, rate, testicules,
os.
2" Les mêmes tissus provenant d’ammaux différents ne consomment pas des quantités égales d’oxygène. Le muscle d’un animal à sang chaud en consomme plus que celui d’un animal à sang froid; celui d’un animal adulte plus que celui d’un nouveau-né, etc.
â" 11 n’y a aucun rapport constant entre la quantité d’oxygène consommée et celle d’acide carbonique exhalé dans l’atmosphère.
La connaissance de ces faits rendra des services pour l’établissement delà théorie de la respiration; elle éloigne déjà l’idée de combustions simples. Elle servira aussi à expliquer certaines différences dans la résistance à l’asphyxie de quelques animaux.
33. Sur la richesse oxygénée du sang artériel d’un même animal soumis à des conditions différentes^ et du sang cC animaux différents soumis à des conditions identiques.
(Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
1® Le sang artériel d’un animal à jeun est plus riche en oxygène que celui d’un animal en digestion.
2® La richesse oxygénée du sang augmente avec la pression extérieure de l’oxygène; la combinaison de l’oxygène et de l’hématocristalline n’échappe pas entièrement à la loi de Dallon: un voyageur qui s’élève sur le flanc d’une montagne perd donc une certaine quantité de l’oxygène de son sang.
3® Le sang d’un animal endormi par le chloroforme est plus oxygéné au début du sommeil qu’il ne l’était avant l’action du poison.
/i® Le sang d’un chien contient plus d’oxygène que celui d’un lapin; celui d’un poulet, plus encore.
BERT
3/i. Ablation des branchies et des poumons chez un axolotl.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
La respi ration cutanée aquatique suffît pour entretenir la vie de ces animaux pendant les saisons d’hiver et de printemps : en été, non.
35. Sur r hibernation artificielle des lérots, obtenue par la privation
d’oxygène.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
Dans une atmosphère confinée, des lérots éveillés s’asphyxient sans passer par la phase d’hibernation. Mais il en est autrement lorsqu’on absorbe l’acide carbonique qu’ils produisent au fur et à mesure de son exhalation.
36. Sur l'élévation des côtes inférieures par la contraction du diaphragme.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
Fig. 2 (1).
tracé : mouvements des côtes inférieures, — 2' tracé : mouvements des côtes supérieures.
(1) J’ai cru devoir suivre l’exemple du docteur Marey en introduisant, dans cet exposé de titres, des figures qui évitent de longues et souvent peu intelligibles explications, et qui constituent à elles seules la preuve des faits avancés.
Démonstration par la méthode graphique d’une proposition contestée par beaucoup de physiologistes. Les tracés obtenus au moyen des appareils enregistreurs montrent que, sur un chien récemment tué, l’excitation des nerfs phréniques élève les côtes inférieures par la contraction du diaphragme, et, en même temps, abaisse la ù' et la 5' côtes.
L’élévation des côtes est due à la résistance des viscères abdominaux ; le ventre étant ouvert, on obtient, à chaque contraction, un tracé qui indique un abaissement.
37. Sur la diminution de pression qui se fait dans les poumons pendant r inspiration , et sur la compression pendant V expiration.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
Un animal étant placé sous une cloche tubulée , et disposée de manière que les changements de volume de l’air intérieur puissent s’inscrire sur le cylindre enregistreur, on voit qu’à chaque inspiration le volume de l’air augmente, qu’à chaque expiration il diminue. Cela ne peut s’expliquer qu’en admettant que l’orifice de la glotte ne débite pas assez d’air pour satisfaire à l’appel inspiratoire et à l’expulsion expiratoire. Il se fait donc, pendant la respiration ordinaire, de véritables modifications dans la pression intra-pulmonaire. Le tracé (fig.3) montre que ces modifications s’exagèrent par les efforts. Conséquences pathogéniques.
Fic. 3.
38. Rapport de la taille des animaux avec le nombre de leurs mouvements
respiratoires.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
On enseigne partout que le nombre des mouvements respiratoires est en raison inverse de la taille des animaux. Or, cela n’est vrai que dans un même groupe naturel (chats, cerfs, etc.) Mais pour les animaux de groupes différents, il n’y a nul rapport entre la taille et la respiration. Ainsi, à taille égale, les mammifères herbivores respirent plus fréquemment que les carnivores, les oiseaux beaucoup moins fréquemment que les mammifères. Le minimum du nombre des mouvements respiratoires (2 à 3 par minute), a été présenté par le casoar de la Nouvelle-Hollande.
39. Sur les mouvements respiratoires des vertébrés ovipares {poissons,
batraciens, reptiles, oiseaux) , étudiés particulièrement à T aide de l’ enregistreur Marey (1).
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
Ce travail contient la première application de la méthode graphique à l’étude des mouvements respiratoires des vertébrés inférieurs.
A. — Poissons osseux.
Fig. 4.
tracé : mouvements de la bouche. — 2® tracé : mouvements de l’hyoïde.
(1) Ces tracés ont été obtenus tantôt en coiffant ta tête des animaux avec de petites muselières à fermeture hermétique, tantôt en recueillant les mouvements extérieurs à l’aide d’appareils dont la disposition a dû varier pour chaque animal (ampoules de caoutchouc, ceintures élastiques, tambours à soufflet, etc.). L’abaissement de la ligne marque l’inspiration.
Tracés (fig. li) montrant que les mouvements de la bouche et de l’appareil hyoïdien sont simultanés, de sorte que le double mouvement de déglutition qu’on décrit d’ordinaire chez les poissons n’existe pas.
B. — Grenouilles.
Démonstration définitive de ce fait encore contesté, que les grenouilles ne respirent que par déglutition.
Tracé (fig. 5) montrant les mouvements de la respiration normale, et les phases d’entrée et de sortie de l’air par les narines qui, contrairement à ce qu’on enseigne, ne sont jamais fermées.
Fig. 6.
1®' tracé: air des narines, — 2® tracé: air du poumon.
Tracés (fig. 6) indiquant les mouvements de l’air dans la gorge et dans le poumon ; on voit que l’expiration pulmonaire, dont les auteurs n’ont pas indiqué le moment, coïncide avec le début de l’expiration nasale.
erpents. — (Fig. 7.) Respiration normale.
Fig. 7.
Tortues. — (Fig. 8.) Phases singulières du mouvement respiratoire ; repos en demi-expiration, qui se prolonge quelquefois une minute.
Fig. 8.
Tracé (fig. 9) obtenu en plaçant un tube dans la trachée, ce qui prouve
FiG. 9.
avec toute évidence que les Tortues ne déglutissent pas l’air, mais l’aspirent comme les vertébrés supérieurs.
Démonstration certaine, par la méthode graphique de ce fait que les mouvements respiratoires sont indépendants des mouvements des muscles, bien que ceux-ci puissent augmenter la force de ceux-là.
Détermination des muscles inspirateurs ; tracé obtenu (fig. 10) en les galvanisant.
Fig. 10.
Lézards. — Tracé (fig. 1 1) ressemblant à celui des tortues.
Fig. 11.
Crocodiles. 12.) Temps d’arrêt en inspiration se prolongeant
parfois pendant plusieurs minutes.
Oiseaux. — Tracés (fîg. 13) montrant la simullanéité d’ampliation du thorax dans deux sens antéro-postérieur et transversal ; cette dernière avait été négligée par les auteurs.
Fig. 13.
1®'' tracé : mouvements thoraciques transversaux. — 2® tracé : mouvements antéro-postérieurs.
On voit, entre autres détails, qu’il n’existe pas chez les oiseaux, pas plus que chez les mammifères, de pause en inspiration ni en expiration.
Tracés (fig. 1/t) montrant l’antagonisme du jeu du thorax et celui des réservoirs aériens extra-thoraciques ; ils sont obtenus en enregistrant les mouvements de l’air qui entre à la fois par la trachée et l’humérus ouverts.
F:g. li.
l®r (racé : humérus. — 2' tracé : trachée.
/lO. De la 'prétendue influence delà taille sur l’intensité des phénomènes
respiratoires.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
On sait que, dans un temps donné, un petit animal consomme, par rapport à son poids, plus d’oxygène qu’un gros (Letellier, Régnault et Reiset). On a attribué cette différence à la différence de taille ellemême, qui expose les petits animaux dont la surface est plus grande par rapport au volume, à une plus grande déperdition de calorique. Les expériences indiquées dans le présent travail montrent que cetle différence persiste lors même que les animaux sont enfermés dans une enceinte chauffée à une température égale à celle de leur corps. Il y a donc à ce phénomène une raison véritablement physiologique, qui a trait aux propriétés des tissus vivants.
hl. Sur la raison par laquelle certains poissons vivent plus longtemps à l'air que certains autres.
{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)
Expériences montrant qu’il ne suffît pas, pour expliquer ces faits, d’invoquer, ainsi qu’on le faittoujours, des raisons purement anatomiques comme la largeur différentede l’ouverture operculaire, etc.; parexemple, Lablation des opercules ne modifie pas la durée de la vie, dans le sens qu’indiquerait la théorie généralement admise. L’étude des différences entre les propriétés de tissus des divers poissons permet seule de résoudre la question. Les tissus de ceux qui résistent à cette sorte d’asphyxie dans l’air conservent très -longtemps leurs propriétés vitales.
BERT