‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 13 sur 24 · Sur t élasticité et la contractilité pulmonaires · texte numérisé non relu

Sur t élasticité et la contractilité pulmonaires

{IfuUetin de la Société de biologie, 1868.)

I. Tracés (iig. 15) obtenus avec l’appareil enregistreur, montrant les etlets de l’élasticité pulmonaire et de l’élasticité des côtes quand on ouvre, le thorax d’un mammifère après sa mort.

Fig. 15.

tracé : air sortant des poumons. — 2' tracé : élévation des côtes.

II. Tracés montrant que, contrairement aux opinions professées par beaucoup de physiologistes allemands, le tissu du poumon est contractile, et que celte contractilité est sous la dépendance des nerfs pneumogastriques; les idées de Ch. Williams et de Longet, très-discutées dans ces derniers temps étaient donc parfaitement exactes. Le tracé que je donne en exemple, obtenu chez un chien par la galvanisation d’un pneumogastrique, est tout à fait concluant.

Fig. 16.

De semblables tracés ont été obtenus chez les reptiles par la galvanisation, soit du tissu pulmonaire, soit du nerf pneumogastrique.

Il2>. V arrachement du pneumogastrique dans le crâne n arrête pas

la respiration.

(liulleiin de la Société de biologie, 18C8.)

On avait dit le contraire. Pour obtenir des résultats bien nets, il est nécessaire d’employer des animaux nouveau-nés.

I\!\. Sur la mort consécutive au.r excitations fortes du nerf pneumogastrique ou du nerf laryngé supérieur.

{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)

Cette mort rapide, sans convulsions, qu’on obtient assez aisément chez certains oiseaux et même chez les mammifères affaiblis (tube dans la trachée, galvanisation d’un nert pneumogastrique ou serrement du larynx), n’est pas due à l’asphyxie, car chez les canards, qui résistent de dix à douze minutes à lastrangulation, la perle de tout mouvement réflexe arrive en une ou deux minutes au plus. Il y a là une action centripète influençant directement et épuisant les centres nerveux.

Ces résultats s’obtiennent beaucoup plus facilement après la section des nerfspueumogastriques; cette section donne, du reste, une énergie plus grande à la plupart des causes de mort ; le chloroforme, le curare, etc., tuentà plus faible dose les animaux dont les deux nerfs vagues viennent d’être coupés.

/|.5. Sur la résistance à l’ asphyxie que présentent divers animaux.

{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)

1° Pour certains mammifères et oiseaux nouveau-nés, pour les reptiles, pour certains poissons (àl), la résistance s’explique par la per-

sistance des propriétés vitales de leurs éléments anatomiques (nervosité, contractilité, etc.), par la faible consommation d’oxygène de leurs tissus (32), et par suite, probablement, par la composition chimique de ces tissus.

2” Pour certains animaux adultes plongeurs, comme le canard comparé au poulet (22), la persistancedespropriétés vitales, la consommation oxygénée, la capacité des réservoirs aériens, étant à peu près égales, la résistance s’explique surtout par la plus grande quantité de sang (chez le canard, de un tiers en sus au double); si l’on enlève à un canard la moitié de son sang, ce qui ne paraît guère l’affaiblir, on le noie en cinq minutes.

Cette grande quantité de sang existe chez tous les plongeurs (phoque, cétacés, etc.). Les dispositions anatomiques sur lesquelles on a beaucoup insisté ne semblent jouer qu’un rôle de perfectionnement, et l’expérimentation n’a rien donné sur leur valeur.

fl 6. Sur ï innervation du diaphragme chez le chien,

{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)

Chacun des deux nerfs phréniques anime une des deux moitiés du diaphragme, exclusivement.

Chacune des deux branches d’origine d’un phrénique fait contracter une moitié tout entière du diaphragme ; cependant la branche supérieure se distribue surtout aux fibres costales, la branche inférieure surtoutaux piliers.

fl7. Effets de la section et de la galvanisation des nerfs pneumogastriques chez les oiseaux.

{Bulletin de la Société de biologie, 1868.)

hS. Action de la section des nerfs pneumogastriques chez les animaux vertébrés aériens sur le rhythme respiratoire ; action de l’excitation des nerfs pneumogastrique, laryngé supérieur et nasal.

{Bulletin de la Société de biologie^ 1868.)

r Tracés graphiques très-nombreux montrant, chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, l’influence de la section d’un ou de deux pneumogastriques sur le rhythme respiratoire, les animaux étant ou non endormis par le chloroforme. Ces tracés révèlent des détails curieux, qui expliquent certaines contradictions des nombreux auteurs c[iii ont étudié ce sujet (voy., au verso, fig. 17-2-2, un exemple pour chacun des trois groupes précités).

Si l’on coupe un seul des nerfs pneumogastriques, le bout périphérique cesse à peu près en même temps, c’est-à-dire du quatrième au sixième jour, d’agir sur l’œsophage, le cœur et les poumons. La contractilité propre du poumon a disparu elle-même au bout de deux semaines. Les vibrations des cils bronchiques ne sont nullement influencées, et l’on ne constate aucune altération dans le tissu pulmonaire.

2" Depuis les importants travaux de Rosenthal (1862), les physiologistes admettent qu’il existe un antagonisme fonctionnel entre les nerfs pneumogastriques d’une part, les nerfs laryngés supérieurs et nasaux d’autre part. L’excitation des premiers ayant pour effet, lorsqu’elle est assez énergique, d’arrêter la respiration en tétanisant les muscles inspirateurs et paralysant les expirateurs, celle des seconds ayant un résultat exactement inverse. D’où a été déduite une théorie très-ingénieuse pour l’explication du rhythme respiratoire.

Le présent travail et les graphiques qui en sont la base ne permettent plus d’accepter cet antagonisme. A la formule de Rosenthal, il convient de substituer celle-ci : toute excitation suffisamment énergique de l’un quelconque des trois nerfs sus-nommés arrête la respiration au

Fig. 17. — Chien, respiration normale.

Fig. 18. — Même chien, quatre jours après la section des deux pneumogastriques.

Fig. 19. — Canard, respiration normale.

Fig, 20. — Même canard, dix-sept minutes après la section des deux pneumogastriques.

Fig. 21. — Tortue, respiration normale.

Fig. 22. — Même tortue, cinq minutes après la section des deux pneumogastriques.

moment même où elle est appliquée sur ce nerf, iiue ce soit en inspira tion ou en expiration.

Il est plus difflcile d’arrêter la respiration pendant la phase inspiratoire que pendant l’expiration. Toutes les fois que la respiration est ainsi suspendue, l’animal lui-même demeure immobile et comme idéré. On peut souvent alors le tuer, comme il a été dit plus haut(fi/i).

Je présente, à titre d’exemple, deux tracés (fig. 23) obtenus par la galvanisation du nerf pneumogastrique, chez le même animal avec le même courant, et montrant des arrêts en inspiration ou en expiration ([ui SC sont prolongés pendant plus de trente secondes.

Fig. 23.

On ne saurait invoquer, comme l’a fait Rosenthal, pour expliquer l’arêt en expiration, l’action sur le laryngé supérieur d un courant dérivé, car voici un tracé (fig. 2/i) qui montre un arrêt en inspiration, pendant 11 secondes, par l’excitation mécanique de ce dernier nerf.

Fie. 24.

— ho —

Voici enfin un autre tracé (fig. 25) dans lequel l’arrêt en inspiration est dû au pincement d’une narine.

Fig. 25.

Le travail que je résume ici contient un très-grand nombre de ces représentations graphiques, qui ont été obtenues en mettant en expérience des mammifères, des oiseaux ou des reptiles.

La plupart des expériences dont il vient d’être question, touchant les actes mécaniques ou chimiques de la respiration, ont été exécutées dans lelaboratoire de physiologie comparée du Muséum d’histoire naturelle. Elles ont fourni la matière du cours que M. P. Sert a eu l’honneur de faire dans cet établissement pendant l’hiver 1867-1868, et qui avait pour sujet: la physiologie comparée de la respiration. Ce cours est sur le point d’être publié en un volume. On y trouvera développés comme il convient, et exposés méthodiquement, les faits qui ont été rappelés ci-dessus, et un grand nombre d’autres constatations de détails qui ne méritaient pas de faire le sujet de comm.unications à des sociétés savantes. Pendant son cours et dans son livre, M. P. Bert s’est particulièrement attaché à prouver que rien en physiologie n’est démontré, même dans le simple domaine des actes mécaniques, tant que l’expérience n’est pas intervenue; il a tenu surtout à mettre ses auditeurs et ses lecteurs en garde contre les conclusions satisfaisantes pour l’esprit qu"on tire trop volontiers, en physiologie comparée, de la connaissance des dispositions anatomiques, et à montrer l’importance exagérée qu’on a toujours attachée à celles-ci dans l’explication de différences biologiques qui dépendent au fond des propriétés des tissus. L’expérimentation seule peut nous éclairer sur tous ces points, et nous

débarrasser enfin delà physiologie des vraisemblances. Vérité qui passerait au delà du Rhin pour une banalité et dont, cependant, l’exposition a semblé une hardiesse qui mérite presque d’être comptée comme un titre scientifique.

à 9. Sur le tic ou chorée des chiens.

{Bulletin de la Société de biologie^ 1868.)

Le tic disparaît pendant l’anesthésie due au chloroforme.

Il persiste nonobstant la section de toutes les racines postérieures des nerfs du membre qui en est atteint. C’est donc une maladie des centres nerveux, qu’on essayerait vainement de guérir par la section des nerfs.

Page 1