Mémoire sur ï action physiologique de l’acide phénique
En collaboration avec le ilocteur Jolyet.
(En extrait : Comptes rendus de la Société de biologie, 1869.)
L’acide phénique (injecté dans l’estomac en dissolution au 80'), à dose mortelle (3 ou h grammes pour des chiens de moyenne taille), donne des convulsions avec trépidations singulières qui sont dues à une e.xcitation des cellules sensibles de la moelle épinière ; elles disparaissent en effet par la section des nerfs moteurs ou par l’emploi du chloroforme.
La mort est la conséquence de cette excitation exagérée; elle a pour mécanisme prochain une diminution des mouvements respiratoires et de la pression cardiaque, qui tombe à 2 et 3 centimètres.
A dose plus forte (6 à 7 grammes), l’acide phénique tue subitement sans convulsions, par arrêt des ventricules du cœur ; le sang est rouge dans les cavités gauches.
A la dose limite (2 à 3 grammes), les animaux, après des convulsions qui durent trois à quatre heures, reviennent à eux et reprennent les apparences de la santé parfaite ; mais fréquemment, au bout de quelques jours, surviennent des pneumonies et des kérato-conjonctivites, l’œil se vide et l’animal meurt.
Les doses faibles (1 gramme), peuvent être sans aucun inconvénient administrées pendant plusieurs mois. •
Il se fait une accoutumance manifeste à l’action de i’acide phénique, mais cette accoutumance ne permet pas de dépasser beaucoup la dose mortelle ; nous n’avons pu aller chez les chiens au delà de 6 à 7 grammes.
82. Sîtr la prétendue influence de ï électrisation par des courants continus sur la nutrition des animaux.
(Comptes rendus de la Société de biologie, 1869.)
Divers auteurs avaient autrefois attribué à l’électricité voltaïque une grande influence sur la nutrition des animaux (accroissement, engraissement). Récemment, des physiologistes français ont avancé que cette influence se manifeste d’une manière très -rapide à la suite d’applications de courants continus pendant quelques minutes par jour.
Les expériences de l’auteur ont montré que le développement de jeunes animaux (cochons d’Inde et lapins) n’est nullement modifié par l’application quotidienne de courants continus ou de courants induits.
Des expériences actuellement en cours d’exécution montreront si les courants galvaniques employés d’une manière continue ont de l’influence sur l’évolution des chrysalides, le développement des œufs, etc.
83. Influence des divers rayons lumineux sur l! étiolement des animaux.
(Comptes rendus de la Société de biologie, 1869.)
On sait que la plupart des animaux s’étiolent à l’obscurité. Des têtards d’ Axolotl, élevés dans des vases recouverts d’un verre orangé, et d’au-
très élevés dans l’obscurité complète étaient identiques; c’est-à-dire presque dépourvus de pigment cutané.
Des animaux du même âge, placés dans des vases recouverts d’un verre blanc, avaient une teinte beaucoup plus foncée, due au riche développement de leurs cellules pigmentaires, teinte que les premiers finirent par acquérir par leur exposition consécutive à la lumière complète du soleil. Or, le verre orangé employé ne laissait passer que la moitié la moins réfrangible du spectre ; vert, jaune, orangé, rouge. La formation du pigment est donc sous l’influence de la région bleue et violette du spectre.
8li. Observations faites sur un chien empoisonné par le curare.
{Archives de physiologie, 1869.)
Sur un chien paralysé par le curare et entretenu vivant à l’aide de la respiration artificielle, l’excitation d’un nerf sensible quelconque (nerfs des membres, intercostaux, sous-orbitaire), excite une contraction de la vessie urinaire; on ne l’obtient pas, au contraire, par l’irritation du pneumogastrique ou du nerf sympathique au cou. Le chien chez qui ces effets ont été constatés a été entretenu vivant pendant dix heures à l’aide de la respiration artificielle ; pendant tout ce temps, la galvanisation du pneumogastrique a continué à arrêter le cœur et celle du sympathique cervical à faire dilater la pupille.
85. Sur la résistance des mammifères nouveau- nés a l’action de certains poisons.
{Comptes rendus de la Société de biologie, 1869.)
Il faut, pour tuer avec de la strychnine un chien âgé de trois ou quatre jours, environ dix fois plus de poison (eu égard â son poids) que pour un chien adulte ; encore, ne peut-on jamais obtenir une mort
subite; mais, chose curieuse, les convulsions arrivent avec des doses identiques (toujours relativement au poids) chez l’adulte et le nouveauné ; seulement elles ne tuent pas celui-ci. Mêmes phénomènes pour la digitaline. Applications à la thérapeutique des enfants nouveau-nés.