Sur l’absorption par la vessie
En collaboration avec le docteur Jolyet [Comptes rendus de la Société de biologie, 1869.)
La muqueuse vésicale, chez les lapins et les chiens, absorbe parfaitement, bien qu’on ait dit le contraire dans ces derniers temps, la strychnine, l’iodure de potassium, etc.
90, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (voy. § 74).
(Paris, J. -B. Baillière et Fils.)
Art. Curare, t. X, p. 548-565, 1869.
Art. Défécation, l. X, p. 747-753, 1869.
Art. Digestion, t. XI, p. 480-519, 1869.
91. Leçons sur la physiologie comparée de la respiration, professées au Muséum d’histoire naturelle en 1868.
Un volume in-8 de xxxvi-588 pages avec 150 figures intercalées dans le texte. Paris, 1869.
Ce volume a été annoncé plus haut (voy. p. 40). L’ouvrage est divisé en trente et une leçons. Les deux premières comprennent une rapide
revue historique des diverses lliéories de la respiration. Les leçons III et IV traitent de la respiration des tissus (voy. ci-dessus, § 32) ; les leçons V à IX, du sang, et particulièrement des gaz qu’il contient. On trouve à côté du développement des résultats indiqués ci-dessus (§ 33), une exposition assez complète de l’état actuel de ces questions, peu étudiées généralement en France. La leçon X est consacrée à une étude des milieux respirables, où se trouvent des indications nouvelles sur la composition de l’air du poumon après l’expiration. L’étude des mécanismes respiratoires dans la série animale entière fait le sujet des leçons XI, XII XIX (p. 16/i à 346) ; l’emploi de la méthode gra-
phique a permis de résoudre un grand nombre de questions intéressantes pour l’histoire naturelle et la physiologie comparée : quelquesuns de ces faits ont déjà été indiqués ci-dessus (§ 39). La XX“ leçon traite de Faction du diaphragme sur les côtes (§ 36) et de faits se rattachant à la théorie de l’expiration. Dans la XXL sont démontrées l’existence de la contractilité pulmonaire et celle de changements réels de la pression intra-pulmonaire pendant les deux temps de la respiration (§§ 37 et 42). Les différences dans le nombre des mouvements respiratoires chez divers animaux forment le sujet de la XXIF leçon (§ 38). Dans la XXIIP se trouvent des études sur l’influence de certains obstacles à la circulation de l’air du poumon, sur les modifications de la respiration pendant certains empoisonnements, pendant l’asphyxie et l’hémorrhagie. Ces faits sont étudiés à l’aide de la méthode graphique. C’est encore celle-ci qui m’a servi à analyser dans ja XXIV‘ leçon les altérations que subit le rhythme respiratoire après la section des deux nerfs pneumogastriques chez des Mammifères, des Oiseaux et des Reptiles (§ 48, 1°). On a déjà vu (§ 48, 2°) qu’elle m’a permis de démontrer le peu de fondement de diverses théories allemandes relatives à l’influence de l’excitation de certains nerfs sur la respiration : c’est cette démonstration qui, avec l’étude de la cause de certaines morts subites (§ 44), fait le sujet des leçons XXV et XXVI. De tous ces faits a pu se déduire une explication de la
BERT
raison de la mort après la section des nerfs pneumogastriques. Les leçons XXYII et XXVIII traitent de l’asphyxie dans une atmosphère confinée. J’espère y avoir montré que, dans les circonstances ordinaires, la cause de la mort est, pour les animaux à sang chaud, la diminution de l’oxygène; pour les animaux à sang froid, l’augmentation de l’acide carbonique. Chemin faisant, il est démontré que ce gaz est nonseulement irrespirable, mais toxique. De nombreuses expériences, groupées en tableaux, appuient ces conclusions, et montrent en même temps la grande diversité des résultats. L’asphyxie par submersion est étudiée dans la XXIX° leçon, l’acte du plonger, dans la XXX% la résistance des nouveau-nés à l’asphyxie, dans la XXXP; ces cinq dernières contiennent le développement des idées énoncées ci-dessus aux §§21, 22, 23, 2!i, 25, M, li5, développement qui a reçu l’appui d’un grand nombre de faits nouveaux.
Pour indiquer maintenant le caractère général de cette publication, je demande la permission de transcrire ici un passage de sa préface :
« Dans ces études sur la respiration, j’ai tenté de ne négliger aucun » des points de vue du naturaliste, de l’expérimentateur, du médecin. » J’ai essayé d’aller un peu plus loin qu’on ne l’avait fait, d’une part, » en appliquant l’expérimentation à l’explication des faits d’histoire » naturelle, et, d’autre part, en utilisant les faits constatés chez les ani- » maux inférieurs pour l’étude des problèmes physiologiques ou patho- » logiques que présente l’espèce humaine. Sur beaucoup de points, il » est vrai, mes travaux sont restés dans le domaine de la simple » constatation, de la curiosité scientifuiue. Je les publie, cependant,
» jusque dans leurs minutieux détails. Alors même qu’il est impossible » de l’entrevoir encore, je crois à la concordance finale de toutes ces » recherches et cà l’harmonie que l’avenir établira entre leurs résultats,
» en apparence si disparates aujourd’hui. »
92. — Enfin, M. Bert croit pouvoir compter au nombre de ses titres scientifiques l’installation qu’il a faite, avec le concours de M. le doeteur Jourdanet, d’appareils destinés à étudier l’influence de la diminution dans la pression barométrique sur certains phénomènes physiologiques : appareils qui, fabriqués et prêts à être livrés depuis plus d’un an, nont pu être établis que tout récemment dans le nouveau laboratoire de physiologie de la Sorbonne. Ces appareils sont représentés dans la figure 26 : A et A' sont deux vastes récipients parfaitement éclairés par de larges lucarnes, et qui peuvent communiquer l’un
Fig. 26.
avec l’autre ou être maintenus, grâce à une porte qui clôt hermétiquement (indiquée en pointillé dans le dessin), séparés et dans des conditions de pression différentes. Un autre récipient B évite l’impression désagréable des coups de piston de la machine à vapeur, et permet, à l’Occasion, de faire presque instantanément le vide dans une grande cloche de verre C. Un courant d’air est, si l’on veut, entretenu régu-
lièrernent dans Tappareil, et des animaux peuvent y vivre pendant un temps très-long.
MM. Bert et Jourdanet se proposent principalement d’étudier, à l’aide de cet appareil, les modifications que la diminution de la pression barométrique, amenée à des degrés divers, apportera dans les échanges gazeux de la respiration, dans la quantité absolue et la proportion relative des gaz du sang, et peut-être, après un certain temps, dans la composition de celui-ci et par suite dans les actes de Id nutrition. L’appareil est disposé de telle manière qu’il sera facile plus tard d’étudier l’influence des augmentations de la pression barométrique. MM. Bert et Jourdanet ont commencé par la diminution de pression, pour cette raison que des millions d’hommes vivent régulièrement dans ces conditions, et qu’ainsi cette question intéresse non-seulement la physiologie et la médecine, mais jusqu’à l’hygiène des peuples.
Paris, — Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, 2,