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Traité de Zoologie médicale

. Deux volumes m-8« dé 808-883 pages, avec 883 figures. Paris, J.-B. Baillière, 1885-1890.

Depuis la réorganisation des Facultés et Ecoles de médecine, au commencement de ce siècle, l’histoire naturelle a été constamment l’objet d’un enseignement important. En ce qui concerne la Faculté de Paris, il suffit de rappeler les noms d’Achille Richard et de Moquin-Tandon, pour montrer quels hommes étaient chargés

La nécessité d'enseigner les sciences naturelles aux médecins s'impose évidemment.

La plupart des médicaments sont tirés du règne' végétal ; une foule de plantes sont vénéneuses ; les maladies virulentes, qui déciment l'espèce humaine, sont dues à ce que des végétaux d’organisation très simple pénètrent et se multiplient dans l’organisme : l’enseignement de la botanique est donc d’une- incontestable utilité.

. Celui de la zoologie n'est pas moins indispensable, puisque à l’étude des animaux se rattache celle de drogues importantes et d’espèces venimeuses, toxiques ou parasites, ces dernières causant de redoutables maladies. D’autre part, l’anatomie comparée, en tant qu’elle se borne à l’étude de l’organisation des Vertébrés, doit également être enseignée aux médecins, en raison des lumières dont elle éclaire l’anatomie et

la . tératologie humaines. Enfin, l’étude comparative des races humaines, au point

de vue de leurs caractères zoologiques; rentre également- dans le cadre de l’histoire

naturelle médicale.

parcourir en moins de trois ou quatre ans. A la Faculté de médecine de Paris, où J'ai

, médicale se réserve l’enseignement de la botanique : j’ai donc dû me consacre* plus spécialement & la partie zoologique de ce large programme. J’ai enseigné tour à tour. chacune des branches diverses de la zoologie médicale, en attribuant toutefois une

de maladies meurtrières, dont les manifestations cliniques étaient connues, mais dont l'étiologie et, par suite, là prophylaxie et le traitemen t demeuraient ignorés. La connaissance de cette cause a renouvelé l’helminthologie ou plutôt la parasitologie (car tous les parasites en question ne sont pas des helminthes) et a forcément donné à l’enseignement de la Zoologie dans les Facultés ou Ecoles de médecine une direction et une importance nouvelles.

Au début de ma carrière professorale, j'ai eu le périlleux honneur d’être appelé à enseigner ces questions nouvelles. Le développement considérable que je dus leur consacrer dans mon enseignement m’imposa bientôt l’obligation d’écrire un livre qui fût, sur ce point, au courant des plus récents progrès delà science : c'est de cette obligation qu’est né ce Traité de Zoologie médicale.

Tout d’abord, j’avais l’intention d'écrire uniquement l’histoiré des maladies parasitaires d’origineanimale, en me plaçant moins au point de vüe de la cliniqueet de l'anatomie pathologique qu’à celui de l’histoire naturelle, des migrations et des métamorphoses des parasites produisant ces affections : la connaissance exacte du parasite, de son genre de vie et de ses. métamorphoses est, en effet, seule capable d’éclairer le clinicien sur le traitement à instituer et l’hygiéniste sur les mesures prophylactiques à préconiser. Tel est, suivant moi, le but essentiel qu’on doit se proposer d’atteindre, quand on enseigne la zoologie dans une Faculté ou une Ecole de médecine ; tel a été, du moins, mon principal, sinon mon unique objectif. La littérature médicale française, pourtant si riche en ouvrages spéciaux, n'en possédait encore aucun qui répondit à ce programme: il n’en est pas de même en Allemagne, en Angleterre et en Italie, où les traités de Leuckart, de Küchenmeister, de Cobbold

et importants travaux. La constatation de cet état de choses me sollicitait d’autan plus vivement à écrire un traité dé parasitologie.

générales et les comparaisons : cela ne peut manquer d’éclairer d’une vive lumière l’histoire naturelle de l’Homme, qui ne saurait être comprise, si l’on s’obstinait encore, à l’exemple de certains philosophes, à considérer celui-ci comme un être n’ayant aucune analogie anatomo-physiologique avec les animaux qui l’entourent.

J’ai dit ce que contenait cet ouvrage et j’ai fait pressentir quel esprit philosophique avait présidé à son élaboration. Voyons maintenant de quelle façon il a été rédigé.

Nulle part plus qu’en helminthologie les auteurs ne se sont complus, au gré de leur caprice, à embrouiller la synonymie, à multiplier les dénominations, à forger

Aussi aurais-je quelque droit de faire mienne la devise du philosophe : « cecy est un livre de bonne foy, » et ne pensé-je pas me bercer d’une illusion, en assurant qu’on y trouvera réunis des documents précis, recueillis aux'meilleures sources et passés au crible d’une critique sévère.

La classification adoptée dans cet ouvrage s’écarte sur plus d’.un point de celle qu’ont suivie la plupart des auteurs classiques. Les modifications que j’ai-cru devoir introduire sont la conséquence même des plus récentes acquisitions de l’anatomie

C’est ainsi, par exemple, qu’il nous a paru nécessaire de maintenir les Brachiopodes et les Bryozoaires dans l’Embranchement des Vers ; d’instituer un ordre des Achètes (Polygordius) et un ordre des Myzostomes dans la sous-classe des Chétopodes ; une classe des Onychophores (Peripatus) dans l’Embranchement des Arthropodes; un ordre des Symphyles (Scolopendrella) dans la classe des Myriapodes, etc. Toutes ces divisions paraîtront légitimes, si l’on considère qu’elles reposent sur les données les plus certaines de la zootomie et sur l’interprétation rigoureuse des caractères embryologiques.

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