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XL. — Sur la constitution du Soleil

Il existe actuellement, parmi les astronomes et les phvsiciens, un grand courant d’idées qui tend à rechercher dans les phénomènes observés à la surface du Soleil la cause des phénomènes dont nous sommes les témoins à la surface de la Terre. Je me suis proposé d’exposer, sous une forme succincte.

l’ensemble des phénomènes solaires et terrestres, qu’on peut rattacher les uns aux autres dans ces rapports de causes 'a effets; ainsi l’apparition périodique des taches, les perturbations magnétiques terrestres, les aurores boréales, les grands orages, paraissent avoir leur origine dans une cause commune.

Ce qui constitue la partie originale de cette expoéition, c’est l’idée de relier tous ces grands phénomènes à la circulation des essaims de météorites qui expliquent déjà si bien les apparitions périodiques d’étoiles filantes. Je crois.avoir été l’un des premiers à signaler le rôle important que doivent vraisemblablement jouer ces météorites dans l’ensemble des causes générales qui agissent sur le Soleil et sur le globe terrestre.

Les études spectroscopiques que je commençais à cette époque, et que j'ai poursuivies depuis, ont confirmé cette manière de voir et ont même permis de préciser, par une voie assez inattendue, différents points sur lesquels je n’avais pu présenter alors que des conjectures.

XLI. — Sur le spectre de l’étoile nouvelle de la constellation du Cygne.

(Comptes rendus, t. LXXXIII, p. 1172,)

A la fin du mois de novembre 1876, le Directeur de l’Observatoire d’Athènes annonçait la découverte d’une étoile nouvelle dans la constellation du Cygne; je m’empressai de l’observer avec l’équatorial de la tour de l’Est, à l’Observatoire de Paris, équatorial qui avait été restauré sous ma direction

et utilisé pour des études de Photographie astronomique ; malgré la faiblesse de l’étoile ( 4 ' et 5 * grandeur) et les mauvaises conditions atmosphé-

riques, je pus analyser la lumière qu’elle éraettail et constater au spectroscope l’existence de raies brillantes. Ce caractère spécial est l’indice de la prédominance d’une lumière provenant de matières gazeuses incandescentes : le relevé micrométrique de ces raies brillantes montra, en effet, l’identité de ce spectre avec celui de l’hydrogène incandescent, du magnésium, du sodium (ou de l’hélium î), ainsi que la raie brillante verte (X = 532 ou 1474 de l’échelle de Kircbhoff) observée pour la première fois, dans le spectre de la couronne solaire.

En résumé, la lumière de l’étoile a paru posséder exactement la même composition que celle de l’enveloppe du Soleil, nommée chromosphère. L’importance de ce rapprochement, entre des astres si éloignés, n’échappera à personne. Il eût été fort intéressant de poursuivre cette étude avec le plus grand soin ; malheureusement l’étoile était en pleine décroissance et, quelques jours après, elle devenait presque absolument invisible au speclroseope.

C’est la seconde fois, depuis la découverte de la spectroscopie, qu’on a pu étudier la lumière d’une étoile temporaire : la première observation est due à MM. Huggins et W.-A. Miller sur l’étoile apparue en 1866 dans la constellation de la Couronne boréale. Ces éminents observateurs reconnurent seulement l’existence de l’hydrogène incandescent. J’ai été le premier et presque le seul à observer le spectre de la constellation du Cygne et, grâce à la grande ouverture de l’objectif de mon instrument (o", 36 ), j’ai pu en donner une description très-complète, vérifiée quelque temps après par le P. Secchi.

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