XLIII. — Étude du spectre solaire ultra-violet
(Compte rendus de l’Académie des Sciences, t.LXXXVI,p, loi.)
XLIV. — Sur les raies sombres du spectre solaire et la constitution du Soleil.
(Compte rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. 3i5. )
XLV. — Sur quelques conséquences de la constitution du spectre solaire.
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. 53o.)
L’étude spectroscopique des radiations solaires a été la source des découvertes les plus curieuses et les plus inattendues sur la constitution du Soleil et promet même des résultats importants relativement à la Météorologie cosmique. Les résultats des études que j’ai entreprises à ce sujet, et que j’ai poursuivies depuis 1871 jusqu’à ce jour, ont été les suivants :
1" La construction d’un spectre normal des radiations solaires ultra-violettes suivant l’échelle des longueurs d’onde sur le modèle du beau Mémoire d’Angstrôm.
Ce spectre forme deux planches in-folio et dans le format adopté par l’illustre savant suédois : la première planche a paru dans les Annales de l'École Normale, la seconde vient d’être gravée et a été présentée récemment à l’Académie des Sciences.
La description des raies sombres du spectre ultra-violet a été poussée beaucoup plus loin qu’elle ne l’avait été jusqu’à ce jour. La figure ci-après
reproduit les raies principales de la partie nouvelle du spectre solaire ultra-violet, d’après mes dernières observations : l’échelle adoptée est celle des longueurs d’onde.-
2“ ha démonstration du pouvoir absorbant de l’atmosphère terrestre pour les radiations ultra-violettes. Les faits observés dans ces études ont montré ce résultat curieux et inattendu, que le pouvoir absorbant est notablement plus grand en été qu’en hiver, ce qui conduit à penser que c’est la vapeur d’eau qui est la cause de l’absorption des radiations tres-réfran-
S» La comparaison des raies sombres du spectre solaire ultra-violet avec les raies brillantes des spectres des vapeurs métalliques. Cette Comparaison, faite non-seulement au point de vue qualitatif, mais aussi au point de vue quantitatif, a permis de déterminer approximativement la proportion relative des substances métalliques volatilisées à la surface du Soleil. Cet ordre de quantités est le suivant ; fer, nickel, magnésium, aluminium, calcium, etc.
Le rapprochement de cette sorte d’analyse quantitative avec la composition moyenne des aérolithes m’a permis de conclure en faveur de l’importance cosmique des météorites dans le système solaire ; les plus importantes des conséquences déduites de ces études sont les suivantes ;
1“ Probabilité d’une action magnétique directe du Soleil sur les phénomènes terrestres ;
2° Probabilité en faveur de Texistence du fer métallique au centre de la Terre et par conséquent en faveur de l’hypothèse de l’aimant terrestre.
Un grand nombre de faits relatifs à la Météorologie terrestre et cosmique viennent encore se ranger à l’appui de ces conclusions et témoignent de leur vraisemblance.