XLVII. — Sur la mesure de la densité moyenne de la Terre
(En collaboration avec M. J.-B. Baille.)
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. 699.)
Depuis l’année 1869, nous poursuivons les expériences relatives à la détermination de la densité moyenne de la Terre et de la constante de l’attraction newtonienne [voir précédemment, p. 21, et Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXVI, p.954).
Des divers perfectionnements que nous avons introduits permettent d’affirmer que la valeur 5 , 56 , moyenne de nos premiers résultats, est très-voisine de la vérité et que le nombre de Baily, 5,67, qui a fait sur ce sujet le travail le plus étendu qui ait été exécuté jusqu’ici, est certainement trop fort.
Nous avons signalé Terreur systématique dont les résultats partiels de Baily sont entachés et montré que Ton peut représenter par une formule empirique la variation de ces résultats partiels avec le poids des boules suspendues au levier de torsion : à l’aide de cette loi empirique, nous avons conclu par extrapolation la valeur probable qui doit ressortir de l’ensemble de ces résultats : elle est égale à 5 , 55 .
Dans le présent travail, nous avons été plus loin ; nous avons mis en évidence la cause de cette erreur systématique et donné le moyen de la corriger d’après les données numériques mêmes de Baily ; on trouve par cette manière de procéder, qui est maintenant rationnelle et ne repose sur aucune interprétation hypotbétiquc, la valeur 5 , 53 .
11 était très-important pour nous de discuter avec le plus grand soin les expériences de nos devanciers, afin de vérifier que nos mesures ne comportent pas les mêmes causes d’erreur. Celle dont nous venons de parler provient de ce que l’auteur utilisait une certaine élongation du levier de la balance de torsion pour faire la manœuvre de l’inversion des masses ;
il se produit alors inévitablement des chocs qui se transmettent partiellement au levier et troublent sa position d’une manière appréciable. Nous n’avons pas à redouter le même effet, pour deux motifs : le premier, c’est que nous avons, dès le début, rejeté le mode opératoire de Baily et Reich ; le second, c’est que la substitution des masses de mercure aux sphères de plomb permet d’obtenir l’inversion de ces masses sans la plus légère trépidation de l’appareil.