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XVI. — Extension des résultats au mode mineur

(Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LXXVI, p. , février 1873.)

L’acoustique musicale semble avoir quelque peine k se dégager de certaines idées systématiques dans laquelle elle est restée enveloppée pendant vingt siècles et à devenir une science expérimentale.

Nous croyons avoir fait faire un pas important à cette partie si intéressante de l’acoustique, en apportant des méthodes expérimentales précises et des déterminations numériques indépendantes de l’opinion des observateurs pour la résolution des problèmes fondamentaux.

Nous avons été assez heureux pour donner l’explication de contradictions apparentes et grouper en lois précises des données numériques qu’on aurait pu croire au premier abord subordonnées au caprice du sentiment artistique.

La difficulté principale consistait ii appliquer une méthode expérimentale précise sans enlever le caracfere musical ni même la délicatesse artistique des sons que nous avions è étudier.

La méthode generale d’enregistrement automatique à laquelle nous sommes arrivés permet de déterminer le nombre absolu de vibrations des sons produits par les instruments de musique et en particulier par les instruments à cordes, les plus justes de tous, entre des mains habiles.

Voici le principe de la méthode. Entre la table d’harmonie d’un instrument à cordes et les pieds du chevalet, on place une petite lame de laiton, soudée à un fil de cuivre ou d’acier de plusieurs mètres de longueur, dont l’extrémité est armée d’un style s’appuyant sur un cylindre tournant, recouvert de papier enfumé. Un instrumentiste joue des fragments de mélodies, pendant qu’on fait mouvoir le cylindre ; les vibrations des cordes se transmettent au chevalet, au fil et au style qui décrit sur le cylindre des vibrations de forme et de nombre différents pour chaque son de la mélodie; en même temps un diapason inscrit, k côté du style, ces vibrations qui servent k compter le temps. Lorsque l’on veut mesurer des intervalles harmoniques de deux sons, par exemple, on Accotie simultanément icax cordes (comme k

l’ordinaire), soit à la tierce, soit à la quinte, etc., jusqu’à ce que l’oreille soit pleinement satisfaite de l’accord; puis on inscrit séparément les sons des deux cordes. La méthode se prête évidemment à l’enregistrement des sons simultanés, comme le seraient ceux des instruments d’un quatuor ; mais eu général il vaut mieux, pour éviter des complications mutiles, se borner à l’enregistrement d’un petit nombre de sons simultanés.

Les nombres déduits du relevé des tracés graphiques, obtenus ainsi, sont donc indépendants de toute idée préconçue, et représentent avec fidélité le jeu des exécutants.

Nos expériences ont été faites avec le concours d’artistes éminents, tels que M. Léonard, de Bruxelles, M. Seligmann, M. Ferrand de l’Opéra comique. Les résultats très-nets, consignés dans les notes ci-dessus indiquées et qui paraissent devoir clore les discussions engagées depuis si longtemps sur ce sujet, peuvent être ainsi formulés :

< Les intervalles musicaux font partie d’au moins deux systèmes de valeurs correspondant à deux genres d’impressions différentes :

> i” Les intervalles formés par les sons successifs d’une mélodie ou intervalles mélodiques; l’expérience reproduit avec une grande exaetitude les sons de la gamme pythagoricienne (gamme déduite de la série des quintes, c’est-à-dire formée exclusivement par la combinaison des intervalles d’octave et de quinte);

• 2° Les intervalles formés par des sons simultanés ou intervalles harmoniques, qui sont représentés par des nombres de vibrations ayant entre eux un rapport simple (la gamme appelée naturelle, par M. Helmhoitz, contient un certain nombre de ces intervalles, mais ne les contient pas tous).

> Ces conclusions s’appliquent aussi bien à la gamme majeure qu’à la gamme mineure. >

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