APPAREIL URINAIRE. — URINE
De la présence du sucre dans Vurine du fœtus.
(Comptes rendus de la Société de biologie ; 1850.)
Dans un autre mémoire , j’ai démontré que la production du sucre est une fonction normale du foie chez l’homme et les animaux. J’ai fait voir en outre que cette production de matière sucrée commence avant la naissance et existe déjà chez le fœtus. J’ai tout récemment été conduit à trouver un autre fait bien singulier : c’est que l’urine du fœtus, pendant la vie intra-utérine, contient normalement du glucose et se montre avec tous les caractères des urines des diabétiques. En effet, ces urines fermentent au contact de la levure de bière, en donnant de l’alcool et de l’acide carbonique. Elles brunissent par les alcalis caustiques et réduisent le tartrate de cuivre dissous dans la potasse.
J’ai constaté, dans les abattoirs de Paris, la présence constante du sucre de raisin dans l’urine chez plus de cent cinquante fœtus de vache ou de brebis. Les fœtus de vache que j’ai examinés étaient en général âgés de quatre à sept mois, et les fœtus de brebis de six semaines à deux mois et demi de vie intra-utérine. Je n’ai pas encore pu examiner des fœtus à terme, afin de savoir si le sucre des urines disparaît au moment même de la naissance ou quelque temps avant.
J’ai constaté ensuite la présence du sucre dans le liquide allantoïdien et amniotique des fœtus de vache, de brebis et de truie. Seulement, ce principe n’y existe pas toujours en quantité égale, et plusieurs fois.
sur des fœtus de vache de six mois et demi ou de sept mois, je n’ai point trouvé de sucre dans les liquides de l’amnios et de l’allantoïde, bien qu’il y en eût cependant dans l’urine des mêmes fœtus.
Je me borne à rapporter aujourd’hui ces premiers faits, qui ne sont que le début d’une série d’observations intéressantes que je me propose de poursuivre sur d’autres animaux, ainsi que dans l’espèce humaine.
Des voies d’élimination de l’urée après Vablation des reins {avec M- Barreswill ).
(Archives générales de médecine ; 1846. )
Il était connu, par les expériences de MM. Prévost et Dumas, que l’urée se rencontre dans le sang des animaux après l’ablation des reins ; seulement, il restait à expliquer pourquoi ce principe n’y existait d’une manière évidente que vers le troisième ou quatrième jour après l’opération. Nous avons vu que cela tenait à ce que cette élimination de l’urée change de voie pour ainsi dire, et se fait par les intestins et l’estomac tant que l’animal reste vivace et que les sécrétions intestinales ont lieu. Ce n’est que lorsque les animaux s’affaiblissent et que l’urée ne peut plus être éliminée par cette voie, qu’elle s’accumule dans le sang et que son existence peut y être démontrée avec facilité.