Notice sur les travaux d'anatomie et de zoologie
L'anatomie generale, l’anatomie comparée et la zoologie ont été, depuis dix-huit années, le but constant de mes recherches. L’étude de la structure intime des organes étant mon objet principal et à mes yeux le point de vue le plus élevé dans les sciences anatomiques, il en a découlé des notions que j’ai suivies et des travaux que j’ai exécutés dans l’anatomie comparée et dans la zoologie.
A. Analomie générale. — Mes observations ont été dirigées vers les branches suivantes de cette partie de la science des corps vivants.
1” J’ai examiné le mode général de distribution de chaque tissu, sous forme de systèmes organiques, et dans cet ordre de travaux j'ai publié plusieurs'mémoires sur des points neufs ou mal connus du système vasculaire des poissons, des vaisseaux ombilicaux des mammifères, sur le système ligamenteux qui succède à ces vaisseaux, sur le système glandulaire de ces divers animaux, etc., etc.
2“ J'ai étudié également l’arrangement réciproque des parties élémentaires qui forment les tissus par leur association. Cet ordre d’observations, particulièrement connu sous le nom d 'histologie, m’a conduit à mettre en lumière la structure intime des glandes thyréoldes et du tissu des appareils électriques chez les poissons, celle des ganglions
nerveux périphériques des vertébrés, de la vésicule ombilicale des mammifères, celle des muqueuses, des artères, des os, etc.
3° Cherchant à déterminer la nature des tissus et des organes par la connaissance de leurs éléments anatomiques, j’ai été amené à découvrir plusieurs de ces derniers et à en mieux faire connaître d’autres, tant dans la moelle des os que dans les nerfs, les glandes, etc. J’ai pu ainsi faire sortir la science de l’incertitude où elle était demeurée relativement au rôle rempli par les tissus que ces éléments anatomiques concourent à former ; en effet, il résulte des recherches auxquelles je me suis livré, que chaque espèce d’élément anatomique naît, se développe, se nourrit à sa manière, et possède quelque propriété physiologique spéciale dont les autres espèces ne sont pas douées.
4* Portant mon attention sur le lieu, l’époque et le mode d’apparition des organes et de leurs parties élémentaires, j’ai dû faire des observations d’embryogénie comparée, sur les ovules, les corpuscules fécondateurs, les fibres musculaires, des cellules adipeuses, etc., ainsi que sur l’évolution de certains animaux peu étudiés à cet égard, tels que les hirudinées, etc.
5» Ces travaux m’ont amené à penser qu’il importait de connaître la composition immédiate des humeurs et celle des derniers éléments que la dissection isole par dissociation mécanique sans destruction physique ni moléculaire. Une semblable connaissance est d’autantplus essentielle, qu’elle se rapporte aux corps sur lesquels portent directement ou indirectement les observations de l’anatomiste et du zoologiste, comme les expériences du [physiologiste. Cet ordre d études a été de ma part l’objet de quatre années de recherches consignées dans plusieurs' mémoires, et dans un Traité des principes immédiats, couronné par l’Académie des sciences.
6" Les éléments anatomiques étant invisibles à l’œil nu, l’examen de leur développement et de leur arrangement réciproque exige l’emploi du microscope. J’ai dû par conséquent donner une grande attention à tout ce qui concerne la construction mécanique et les qualités optiques de cét instrument. J’ai publié les résultats de ces études dans un Traité spécial qui a été favorablement accueilli des savants.
B. Anatomie comparée. — La comparaison des organes entre eux, c’est-à-dire la base sur laquelle reposent les classifications zoologiques, ne saurait conduire à des résultats valables tant que la nature anatomique et le mode d’évolution de ces parties n’ont pas été déterminés avec précision. Il y a peu d’années encore les anatomistes et les zoologistes se bornaient à décrire les caractères extérieurs des appareils, caractères qui sont insuffisants pour rendre certaine la détermination de leur importance physiologique et anatomique. Aussi est-ce en m’appuyant sur les données de l’anatomie générale que j’ai pu imprimer un cachet particulier à mes recherches d’anatomie comparée proprement dite ou descriptive. Dans le nombre je citerai celles qui ont pour objet les appareils sanguins et lymphatiques des poissons cyclostomes et plagiostomes et des reptiles, les glandes sans conduits excréteurs des mêmes animaux, l’appareil électrique des raies, le développement des mâchoires et des dents chez les mammifères, etc.
C. Zoologie. — Appliquant à la zoologie les enseignements de l’anatomie générale, dans ces mêmes publications et dans quelques autres ayant un but plus spécial, j’ai pu faire connaître plus exactement la constitution des organes de la bouche et celle des pièces du squelette des animaux de la famille des sarcoplides, fixer plus exactement le rapport de ces articulés avec les autres arachnides, etc.
Dans tous les travaux que je viens de signaler, j’ai cherché particulièrement à faire ressortir la corrélation qui existe entre les organes internes et les parties extérieures, corrélation qui sert de base à la formation des groupes naturels. C’est ainsi que j’ai pu faire concourir à l’élucidation de l’anatomie comparée proprement dite et de la zoologie les résultats de mes découvertes en anatomie générale.