Mémoire sur la structure de la peau des Céphalopodes
(Lu à la Société de biologie, dans sa séance du S3 septembre 1848.)
Leur peau se compose : 1" d’une couche molle visqueuse, contenant des cellules épithéliales et des granulations moléculaires ; 2° de la couche contenant les taches colorées : celles-ci sont des vésicules à parois épaisses, élastiques, entourées d’une couche rayonnante, de fibrilles contractiles, qui, en se contractant, dilatent la vésicule: cette dermere revient sur elle-même par élasticité dès que les fibres cessent de se contracter; 3° une dernière couche est formée de petites plaques ovales, soudées ensemble par leurs bords et couvertes de petites fibres ou bâtonnets régulièrement rangés à côté l'un de l’autre, et sur lesquels la lumière se décompose comme sur tous les corps finement striés : de là l’irisation de la peau des Céphalopodes placés au soleil.
85. — Mémoire sur la locomotion des Céphalopodes; remarqxies comparatives sur celle du Calmar (Loligo vulgaris, Lamk), de la Seiche officinale (Sepia officinalis, Lin.), et du Poulpe commun (Oclopus vulgaris, Lamk) (en commun avec M. Segond).
(Revue et Magasin de zoologie. Paris, 4849, in-8, p. 333.)
sont en rapport, sur chaque
La rapidité et l’énergie de la locomotion
espèce de ces animaux, avec le degré de développement de la sensibilité générale de la peau.
Quant au mécanisme de la locomotion, qui avait déjà occupé l’esprit de grands zoologistes, de Blainville, de Cuvier, etc., il avait été à peine entrevu. Le mouvement général résulte de la projection d’une certaine quantité d’eau dont l’animal remplit préalablement sa bourse, et qu’il chasse par une contraction vigoureuse de celle-ci, a travers l’étroit orifice de son entonnoir. L’eau, comprimée de toutes parts, fait en quelque sorte explosion par l’entonnoir, tandis que, par suite de sa pression sur tous les autres points, elle détermine un mouvement de l’animal dans une direction opposée à celle de sa projection. Quand le sommet de l’entonnoir ouvert en avant correspond à l’axe de l’animal, la locomotion a lieu à reculons ; c’est le cas ordinaire. Elle a lieu en avant lorsque le Céphalopode recourbe l’entonnoir, de manière à diriger son orifice en arrière. Elle a lieu de plus en haut ou en bas, à droite ou à gauche, quand il dirige l’orifice en sens opposé à celui où il veut allen car en résumé cette locomotion a lieu d’après le mécanisme du recul du fusil. Description des parties qui permettent ou favorisent celte loco-
86. — Recherches sur la nature musculaire du gubernaculum testis,et sur la situation du testicule dans l’abdomen.
[Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie. Paris, 1849, in-8, p. 1. — Gaz. midi de Paris, 1849. — Dans Muller, Manuel de physiologie, traduction française, nouvelle édition, par E. Littré, de l'Institut. Paris, 1851, t. Il, p. 762.)
Le gubernaculum ou musculus testés, et le crémasler qui en dérive, est, dès son origine, formé de faisceaux striés, musculaires, constituant, avant la descente du testicule, un muscle propre du testicule, arrondi, étendu de l’épine du pubis et de l’arcade fémorale au testicule et à l’extrémité inférieure de l’épididyme. Confirmation chez l’homme des recherches de Hunier et de R. Owen, prouvant que chez les animaux cet organe est un musculus tesns proprius. .
87. — Existence d’un gubernaculum testis musculaire chez un chien
(i Comptes rendus el Mémoires de la Société de biologie, 1880, p, 38.— Bat. méd. de
88. — Mémoire sur ta rétraction des vaisseaux ombilicaux et sur le
système ligamenteux qui leur succède.
(Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie. Paris, «888, p. 4 08. — Bulletin de de l'Académie impériale de médecine. Paris, 1858, m-8, t. XXIII, p. 1118. — Mémoires de l'Académie impériale de médecine, t. XXIV, p. 387, avec 5 planches.)
89 . —Mémoire sur la rétraction des vaisseaux ombilicaux chez les
mammifères et sur le système ligamenteux qui leur succède.
(Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 81 mai 1860, t. XLIX.)
Tous les anatomistes décrivent les artères et la veine ombilicale comme se convertissant après la naissance en autant de cordons fibreux convergeant vers l’otdbilic. J’ai démontré que c’est à peine si l’on trouve une fois sur quarante-cinq la disposition qui est indiquée comme habituelle. Ce cas est une anomalie tenant à ce que les actes physiologiques que j’ai fait connaître n’ont, par exception, pas eu lieu. Il se passe en effet, après la chute du cordon, un phénomène qui porte sur les artères, sur la veine ombilicale, ainsi que sur l’ouraque, et dont la connaissance domine l’interprétation des dispositions anatomiques qui lui suc-t cèdent. Ce phénomène est la rétraction des conduits qui aboutissent à l’ombilic après que la portion extra-abdominale, ayant cessé de vivre, s’est détachée de ia portion intra-abdominale, au niveau même de l’anneau ombilical. Elle s’opère de haut en has pour les deux artères et le cordon de l’ouraque, de bas en haut pour la veine. Cette rétraction est telle que le bout des artères primitivement engagé dans l’ombilic, et décrit comme y restant attache, se voit plus tard sur les côtés de la vessie, plus haut ou plus bas que son sommet, au-dessous, au-dessus ou au niveau de l’arcade pubienne, à une distance de l’ombilic qui varie, s vaut le s sujets et suivant les âges, de 5 à li centimètres.
J’ai fait connaître en outre le système ligamenteux qui établit une connexion des vaisseaux ombilicaux et de l’ouraque entre eux et avec l’ombilic. Aux tuniques adventices des artères et de la veine, qui convergeaient vers l’ombilic, succèdent autant de groupes de ligaments filamenteux, qui suivent d’une manière générale la même direction, mais qui sont bien plus riches en fibres élastiques que la tunique externe des artères et que celle des veines surtout. Ces ligaments sont d’un blanc jaunâtre mat, qui tranche sur la couleur nacrée des aponévroses et sur la couleur gris blanc des moignons artériels et veineux. Ils prennent naissance à la surface de ceux-ci, sous formé dé filaments aplatis qui rampent sur ces moignons dans une longueur de 2 à 4 centimètres, puis les dépassent et'se dirigent au delà de leur bout jusqu’à l’ombilic. Ils sont formés aux deux tiers environ do fibres élastiques fréquemment anastomosées, qui leur donnent la teinte jaunâtre qui leur est propre. Ceux qui correspondent aux artères manquent chez beau coup de mammifères, et ces vaisseaux rétractés cependant sont en rapport avec le sommet de la vessie auquel ils adhèrent ainsi qu’au ligament fibreux qui succède à l’ouraque.
90. — Mémoire zoologique et anatomique sur diverses espèces d'Acariens de la famille des Sarcoptides.
J’ai montré dans ce travail que dans toutes les espèces de Sarcoptides on trouve cinq parties constituantes pour chaque patte, comme chez les insectes; chacune d’elles est constituée sur le même type de la 1" à la 2’ paire de pattes, puis de celles-ci aux deux dernières paires, et enfin d’une espèce à l’autre, malgré les différences considérables de forme, d’épaisseur et de longueur de ces organes dans chaque genre. Ce sont : 1" la hanche ou rotule; 2’ l’exinguinal ou trochanter ; 3’ le fémoral ou cuisse ; 4° la jambe ; et 5“ la pièce solide du tarse ou pied : elle est toujours conique, courbe ou allongée, terminée par deux pointes mousses dans les Sarcoptes, les Psoroptes, etc., chez lesquels elle est très courte, à base large circulaire. Le tarse se recon-
naît aux crochets peclinés ou non, aux caroncules, aux ventouses avec ou sans crochets, ou auxlongues soies qu’il porte comme appendices terminaux, et qui sont caduques chez quelques espèces telles que le Sarcorples mutans. J’ai fait voir ensuite que le céphalothorax offre souvent quatre anneaux distincts au moins à un certain âge, que la vulve est toujours portée par le troisième anneau, et n’est pas à l’extrémité postérieure de l’abdomen ; que les organes génitaux mâles dépendent du quatrième anneau; que les saillies tuberculeuses du tégument sont une modification de ses plis réguliers, et non analogues aux poils ; que ces derniers offrent d'une espèce à l’autre des différences de distribution sur le corps et sur les pattes qu’on peut ramener pourtant à un même type. U en est encore ainsi des pièces des épimères. J’ai pu, grâce à ces recherches, donnerune diagnose caractéristique plusexactede la famille des Sarcoptides, de ses principaux genres et d’un certain nombre d’espèces dont j’ai fait l’histoire détaillée.
91. — Sur la composition anatomique dè la bouche ou rostre des Arachnides de la famille des Sarcoptides.
J’ai démontré dans ce travail que chez tous les Acariens le rostre,, à tort appelé tête, se compose comme chez les autres Arachnides : 1" de deux mâchoires ou maxilles. placées en arrière, soudées ensemble par la ligne médiane ; 2" de deux palpes maxillaires, organes les plus volumineux de tous ceux du rostre, dont ils forment les côtés, et qui s’étendent de la base à son sommet; 3” d’une lèvre inférieure membraneuse, plus courte que les palpes, dont la base est adhérente aux mâchoires et au bord interne des palpes ; elle porte en arrière le menton, et au milieu de sa face supérieure une languette ou ligule; i” de deux mandibules dont l’extrémité dépasse le bord antérieur de la lèvre, dont la base adhère au fond du camérostome ; elles reposent sur la face supérieure de la lèvre comme sur un plancher, et constituent la partie dorsale la plus épaisse du rostre,dont les côtés sontbordés par les palpes. Je montre en outre dans ce travail que l’organe qui borde les palpes de chaque côté sous forme de
joue, etappelé palpe secondaire, faux palpe, est un prolongement del’épistome ou bord antérieur dorso-latéral du premier anneau céphalothoracique; il n’a aucun rapport d’insertion ni de continuité avec les palpes, ni avec les mâchoires et n’est pas articulé.