THÉRAPEUTIQUE ET EXPÉRIENCES CHIRURGICALES
Comme professeur de pathologie chirurgicale et de manuel opératoire, j’ai étudié expérimentalement toutes les opérations que comporte la chirurgie vétérinaire dans toutes les régions du corps. Pour chacune d’elles, pratiquée sur des séries de sujets d’expérience, j’ai pu étudier et démontrer le travail de la cicatrisation dans toutes ses phases; constater, dans toutes les lésions complexes, la part que chaque tissu intéressé prenait au travail réparateur, et apprécier ainsi pour chaque opération le temps nécessaire à l’achèvement de la cicatrice, et les chances qui existent pour que cet achèvement s’opère dans les conditions les meilleures.
Je crois avoir ainsi contribué à donner, d’une manière générale, à la chirurgie vétérinaire, un caractère de certitude scientifique qui lui manquait autrefois.
Parmi les progrès principaux que je crois avoir réalisés dans cette partie de l’art, je signalerai particulièrement les suivants :
a. j’ a i fait une étude des maladies de l’appareil dentaire dans les herbivores, où j’ai donné l’interprétation physiologique des modifications que subit l’ensemble de cet appareil, consécutivement à l’altération d’un des organes. Je traite aussi, dans ce travail, des caractères différentiels des symptômes de la morve et de Ceux de la carie dentaire compliquée de fistule pénétrante dans les sinus de la tête.
b. — J’ai introduit la méthode sous-cutanée dans la chirurgie véténaire et l’ai appliquée notamment à l’opération de la ténotomie.
c. — J’ai introduit également la lithotritie dans la chirurgie vétérinaire. Mes premiers essais ont été faits avec l’instrument lithotriteur du docteur Guillon, grandi dans les proportions voulues. Mais cet instrumeni étant trop coûteux pour l’usage vétérinaire et d’un maniement difficile pour des opérateurs non exercés, je lui ai substitué une pince à écraser de mon invention, d’un prix beaucoup moins élevé et d’un usage plus commode.
d. — J’ai perfectionné l’opération de la hernie étranglée du cheval, par l’emploi d’un bistouri caché et surtout en faisant connaître avec précision le point de la gaine vaginale où s’opère l’étranglement et où doit être pratiqué le débridement. Faute de ces notions, l’opération de la hernie du cheval était autrefois rarement couronnée de succès. Aujourd’hui c’est la réussite qui est la règle, quand l’opération est pratiquée assez tôt pour que la gangrène par étranglement n’ait pas eu le temps de se produire.
e. — Toutes les maladies chirurgicales du pied et les opérations qui leur conviennent ont été l’objet particulier de mes études et de mes recherches expérimentales.
f. — J’ai fait une étude expérimentale des maladies des veines, si fréquentes sur le cheval à la suite de la saignée, et> en les produisant artificiellement, j’ai pu donner l’interprétation scientifique de tous les phénomènes qui les caractérisent, sous toutes les formes qu’elles peuvent revêtir.