ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
J’ai publié sur Y Organisation du pied du cheval un Traité qui comprend Vétude de la structure et des fonctions de cet appareil.
J’ai donné tous mes soins à ce livre, sous le double rapport de la forme et du fond, et je crois qu’au double point de vue de l’anatomie et de la physiologie, j’en ai fait un livre nouveau dans lequel rien ne se trouve négligé de ce qui doit éclairer l’art du chirurgien et celui du maréchal.
J’ajouterai que je l’ai complété par un atlas de 34 planches lithographiées et coloriées où les pièces anatomiques que j’avais préparées ont été reproduites par un dessinateur, M. Pochet, avec une très-grande fidélité et une habileté de crayon tout à fait remarquable.
J’ai fait, dans ce livre, une étude expérimentale de la formation de la corne , qui m’a conduit à l’interprétation des phénomènes de la pathologie et à P application de méthodes thérapeutiques efficaces. Je citerai particulièrement, à cette occasion, la maladie du pied du cheval, analogue au piétin du mouton, que l’on traitait comme un carcinome, et que j’ai démontré n’être autre chose qu'une maladie de l’appareil kératogène, se caractérisant par sa sécrétion altérée, mais non par une transformation de sa texture, comme l’idée de carcinome l’impliquait. D’où une thérapeutique très-simple par l’emploi des topiques pyrogënés, au lieu de recourir à la destruction par le fer, le feu ou les caustiques, comme on le pratiquait quand la nature du mal était méconnue.
Parmi les expériences que j’ai été conduit à entreprendre pour demander à la physiologie l’interprétation des faits de la pathologie, je citerai particulièrement les suivantes :
1° Celles qui ont trait à la quantité de carbone que brûle par vingtquatre heures l’organisme du cheval (avec le concours de M. Lassaigne pour l’analyse chimique). Ces expériences ont été entreprises pour éclairer Y étiologie de la morve.
2° Celle qui donne la clef de Y innocuité des poisons sur les chevaux
dont les pneumo-gastriques ont été coupés (avec le concours de M. Colin).
Cette innocuité s’explique par ce fait que chez le cheval l’absorption de l’estomac étant nulle ou à peu près, la section des nerfs qui le paralyse a pour effet de faire séjourner dans sa cavité les poisons ingérés.
La preuve, c’est que les poisons restent également sans effet lorsqu’on les administre à un cheval dont l’estomac est fermé par une ligature au niveau de l’ouverture pylorique.
M. le professeur Bérard, en rendant compte de ce travail à l’Académie de médecine, l’a signalé comme tout à fait original, en raison « des faits précieux et véritablement inattendus,. de la propo¬
sition imprévue et toute nouvelle dans la science » qu’il renfermait.
3° Les expériences sur la ligature de l'oesophage, qui donnent l’explication des accidents mortels que l’on a vu survenir chez des chiens à la suite de l’ingestion de substances qui, aux doses où on les administrait, ne pouvaient produire d’effets nuisibles.
4° Les expériences sur les modifications que subit l’air atmosphérique insufflé dans le tissu cellulaire : expériences faites à propos d’une discussion ouverte à l’Académie de médecine sur la méthode chirurgicale dite sous-cutanée.