SUR LES PREMIÈRES VERTÈBRES DES CYPRINS, DES LOCHES ET DES SILURES
Une des particularités les plus remarquables du squelette des poissons est la chaîne d’osselets qui, chez les Cyprins, les Loches et les Silures, établit une communication entre l’extrémité antérieure de la vessie, natatoire et l’appareil de l’audition.
Découverts : par Rosenthal (1812), ces osselets furent étudiés avec soin quelques années plus tard par H. Weber qui, se fondant sur leurs rapports avec l’appareil auditif,, crut pouvoir les considérer comme des osselets de l’ouïe. Il leur donna en conséquence les noms de maliens (marteau), meus (enclume), étapes (étrier), elaustrum.
Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire qui, de son côté, avait considéré déjà les pièoesde l’operoule comme les représentants des osselets de l’ouïe, combattit vivement l’opinion de H. Weber. Pour lui, les osselets de Weber n’étaient point des pièoes spéciales, mais simplement des pièces
déterminations étaient fausses. Aussi la question demeUra-t-clle en suspens. Cuvier, dans un rapport qu’il fit concernant l'opinion de Gêofffoyj évita de se prononcer. D’autre part, Meckel inclina en faveur de Weber.
Une nouvelle tentative, conforme aux vues de Geoffroy, fut faite en 1831 par Saagman Mulder; elle n’aboutit qu’à un ensemble de fausses déterminations.
Depuis lors, l’opinion de Weber semblait avoir de nouveau prévalu. Breschet, Valenciennes et d’autres anatomistes d’époque plus récente, continuèrent à regarder les osselets de Weber comme des osselets spéciaux.
M. Baudelot a tranché d’une façon définitive la question soulevée, mais non résolue, par Ét. Geoffroy-Saint-Hilaire. En étudiant divers types de Cyprins (le Nase entre autres), il a établi ce fait resté inaperçu : que chez la Carpe et chez la plupart des Cyprins il y a soudure avec réduction des corps vertébraux appartenant à la deuxième et à la troisième vertèbre. Prenant comme point d’appui ce fait fondamental, il a pu, avec facilité, restituer à chaque pièce vertébrale sa véritable signification et assigner son nom à chacun des osselets de Weber. Voici les résultats de ces déterminations : les marteaux représentent les deux branches de l’arc inférieur de la troisième vertèbre ; les enclumes les
sanque
Siebold, Stannius, Owen, avaient exprimé une semblable opinion. M. Baudelot a montré que l’assertion de ces divers savants est complètement erronée. Chez le Brochet, la Carpe et tous les Cyprins, le rocher existe, d’une façon parfaitement distincte, mais dans un point du crâne où sans doute sa présence n’avait point été recherchée. Pour établir la réalité du fait qu’il avance, M. Baudelot s’est appuyé sur deux ordres de preuves : 1° il a montré dans les espèces en question l’existence d’une pièce osseuse qui, si elle n’était poiht le rocher, devrait être considérée comme une pièce surnuméraire ; 2° il a prouvé directement, en s’appuyant sur le principe des connexions, que cette pièce est bien l’équivalent du rocher des autres poissons.
OBSERVATION