CRISTALLOGRAPHIE
Observations cristallographiques sur une variété de blende.
Mes recherches ont porté sur la blende zonée, variété dans laquelle des séries de bandes alternantes, de couleurs différentes, sont normales à l’un des axes ternaires du cube. J’ai montré que deux bandes contiguës, de couleurs differentes et de compositions chimiques non identiques, constituent un cristal maclé à la façon du rhombododécaèdre transposé d’Haüy. Trois' seulement des douze clivages des deux rhombododécaèdres associés sont communs aux deux bandes : ce sont les clivages parallèles à Taxe ternaire perpendiculaire au plan de jonction des deux bandes.
Cet axe ternaire correspond à un axe d’élasticité et probablement à un axe optique. L’examen dans la lumière polarisée de lames minces, parallèles à l’un des trois clivages communs à deux bandes contiguës, montre, en outre, qu’il y a dans la blende zonée des lamelles hémitropes perpendiculaires aux trois autres axes ternaires. Des quatre systèmes de lamelles, l’un d’eux, celui qui est perpendiculaire à Taxe de transposition, règle, dans la blende zonée, les directions des clivages communs et l’azimut d’extinction des plages les plus étendues.
J’ai pensé pouvoir conclure de mes observations sur la blende zonée que cette variété possède probablement une symétrie rhomboédrique, et qu’elle établit ainsi le passage entre la blende ordinaire et la blende cadmifère déjà rattachée à la wurtzite.
Si Ton maintient plusieurs heures la blende zonée à une température très élevée, les diverses lamelles hémitropes disparaissent; car il ne subsiste qu’une seule orientation optique, et c’est celle qui correspond à Taxe ternaire- perpendiculaire aux bandes. L’action sur la lumière polarisée devient, en même temps, plus énergique et se rapproche de
Quant aux variétés de blende qui sont isotropes, l’action d’une haute température les modifie ; elles perdent, comme la blende zonée, la propriété de se laisser cliver; mais elles ri acquièrent pas la propriété d’agir sur la lumière polarisée. Les quatre systèmes de lamelles hémitropes perpendiculaires a chacun des axes ternaires reconnus dans la blende zonée doivent être dans la blende isotrope symétriquement distribués et formés d’un même nombre de lamelles de même épaisseur. La transformation des lamelles de blende en lamelles de wurtzite se fait sans changement dans l’orientation des axes d’élasticité optique des lamelles contiguës : la structure hémitropique de ces variétés de blende se retrouve dans la wurtzite isotrope qui en dérive par l’action de la cha-
La structure intime du sulfure de zinc est donc la même avant et après calcination suivie d’un long recuit, et le changement de la blende pseudo-cubique en wurtzite s’effectue sans que ce sulfure passe par une forme cubique, stable seulement à une température très élevée.
Sur la cristallisation de la greenockite et de la wurtzite.
Les cristaux de greenockite qui prennent naissance dans des conditions favorables a la volatilisation apparente du sulfure de cadmium offrent, comme les cristaux naturels, un bel exemple d’hémimorphisme.
Les cristaux de wurtzite obtenus par la volatilisation apparente du sulfure de zinc sont également hémimorphes. La dissymétrie des deux extrémités des prismes de cette espèce est fréquemment masquée par la juxtaposition bout à bout de plusieurs prismes. Ce mode de groupement fournit des blendes hexagonales zonées possédant une structure analogue à celle de la blende zonée naturelle.
Sur la cristallisation de la glucine.
Comptes rendus des séances do l'Académie des Sciences, t. CVI, p. 487. - Bulletin de ta Société minéralogiquo, t. XIII, p. 147.
La glucine cristallisée offre aussi un exemple d’hémimorphisme.
particularité cristallographique qui n’avait pas été signalée sur les cristaux de cette espèce.
La forme dominante des cristaux deglucine est une pyramide simple à six faces isoscèles, lorsque ces cristaux ont été obtenus pendant le refroidissement d’une leucite glucinique fondue en présence d’une petite quantité de glucine.
Leur forme dominante est celle d’un prisme hexagonal modifié par la substitution de facettes aux arêtes de l’une de ses bases, ou celle d’un tronc de pyramide aiguë, suivant que les cristaux ont pris naissance au rouge naissant ou au rouge vif au sein d’un sulfure alcalin.
Sur la structure des émeraudes de synthèse.
La forme dominante des émeraudes de synthèse est le prisme hexagonal. Le remplacement partiel de l’alumine ou de la glucine par une autre base affecte les propriétés optiques de l’émeraude et se traduit par la présence de facettes sur les arêtes A ou sur les angles a. De plus, dans l’émeraude très chargée de sesquioxyde de chrome, la complexité de structure s’accuse, et le cristal se montre formé au moins de trois prismes orthorhombiques, maclés une ou plusieurs fois suivant un plan incliné de o°iô' environ sur la base p.
Observations sur la cristallogénie de quelques silicates.
Sursaturation et cristaux-enveloppes. — La production et l’accroissement des cristaux dans les milieux minéralisateurs liquides semblent indiquer que, dans quelques cas, ces milieux se comportent comme des dissolutions sursaturées.
La reproduction simultanée de l’émeraude et de la phénacite dans le bimolybdate de lithine en fusion a permis de reconnaître que le bain mineralisateur peut rester longtemps stérile pour l’émeraude et indéfiniment stérile pour la phénacite, pourvu que la température reste infé-