CHIMIE MINÉRALOGIQUE
Contribution à Vhistoire des agents minëralisaleurs gazeux.
Annales de Chimie et de Physique, 4° série, t. IV, p. 140. — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI, p. ii 33, et t. CX, p. io38.
L’acide fluorhyd rique gazeux jouit de la propriété de minéraliser l’acide titanique porté h des températures comprises entre le rouge vif et le rouge sombre, tandis que l’acide chlorhydrique ne peut faire cristalliser cet acide chauffé au-dessous du rouge vif.
L’acide chlorhydrique n’exerce donc plus son action spéciale sur l’acide titanique vers 700”, température à laquelle l’acide fluorhydrique peut encore former, aux dépens de l’acide titanique, un fluorure décomposable par l’eau.
Cette distinction entre les deux agents minéralisateurs gazeux n’est pas absolue, car si la pression de l’acide chlorhydrique atteint 3“”", l’acide titanique est minéralisé à une température même inférieure
L’acide fluorhydrique transforme en corindon l’alumine chauffée au-dessus de 1200°. L’acide chlorhydrique ne minéralisé pas l’alumine, même à cette température élevée. Nous avons observé récemment, M. Perrey et moi, que l’on peut transformer l’alumine non cuite en corindon par l’action de l’acide chlorhydrique, à la condition d’opérer entre 5oo° et 700°. Une forte tension de l’agent minéralisateur facilite la cristallisation de l'alumine.
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propre k la cristallisation sous trois formes incompatibles de l’acide titanique, que la forme dos cristaux est déterminée parla température .à laquelle ils prennent naissance. l’ai ainsi rendu manifeste la relation qui, dans les cristallisations faites par voie de réactions chimiques, lie la température et la forme cristalline.
La reproduction du quartz et celle de la tridymite par les tungstates et vanadates alcalins ou par le chlorure de lithium en sont un nouvel exemple aussi net. La tridymite se forme à la température de la fusion de l’argent, et le quartz à une température moins élevée. L’aspect du quartz obtenu par la voie sèche est variable; les formes dominantes de cette espèce s’éloignent d’autant plus des formes du quartz hyalin des filons que la température à laquelle on l’a préparée a été plus élevée. Le vanadate de lithine seul peut fournir un quartz identique avec le quartz des filons; les tungstates alcalins donnent du quartz à pointements aigus et le chlorure de lithium du quartz en aiguilles.
J’ai constaté également l’influence de la température à laquelle se fait la cristallisation de l’albite et de l’orthose' sur les caractères exté-
Le polymorphisme du phosphate de silice est l’exemple le plus remarquable de l’influence de la température sur la forme cristalline des corps; nous avons établi, en effet, M. Margottetet moi, que les cristaux hexagonaux de ce phosphate se formont au-dessous de 3oo°, les lamelles pseudo-hexagonales de ce corps vers 36o°, les octaèdres réguliers entre 700° et 800°, enfin les prismes clinorhombiques de même composition vers 900°.
Sur le rôle du milieu dans la cristallisation par la voie sèche.
Un corps prend-il une forme géométrique, la volatilisation ou la dissolution est invoquée pour expliquer la cristallisation; on ne va guère au delà que depuis quelques années.
II. Sainte-Claire Deville ayant reconnu que deux actions chimiques inverses l’une de l’autre donnaient souvent lieu à une volatilisation apparente des composés fixes, j’ai dû me demander si les cristallisations réalisées en présence des sels fondus sont la conséquence des variations de leur solubilité, ou la conséquence de réactions chimiques. Si
précipitation des cristaux; mais, en outre, c’est dans un milieu plus fusible qu’eux-mêmes que ces cristaux peuvent seulement prendre naissance.