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Notice sur les travaux scientifiques, 1872-1882

De 1872 à 1882, M. Lippmann s’est occupé de diverses questions de Physique. On ne décrira pas dans ce qui suit les méthodes employées, dont quelques-unes étaient nouvelles; on se bornera à indiquer les sujets traités et les résultats obtenus.

1. Relations entre les phénomènes électriques et capillaires.

L’étude des phénomènes capillaires est restée longtemps un chapitre isolé de la Physique. En 1878, M. Lippmann, conduit en partie par des idées préconçues sur le mécanisme de la contraction musculaire, a découvert des faits et des lois qui établissent un lien étroit entre les phénomènes électriques et capillaires, et il en a fait une étude expérimentale et mathématique complète.

(lu nerf ou du muscle. C’est ainsi que M. Marey l’a employé, avec l’aide de la photographie, pour fixer la forme de la variation électrique des muscles et pour décomposer en ses éléments le phénomène complexe de la décharge du gymnote, laquelle comprend jusqu’à i4oo oscillations par seconde. M. Burdett-Sanderson, à l’Institution royale de Londres, l’a employé à étudier les phénomènes de l’électricité végétale et à les montrer par projection.

Le son n’étantqu’un mouvement, il suffit d’intercaler un électromètre capillaire à l’extrémité d’une ligne téléphonique pour l’entendre reproduire la parole articulée, ainsi que l’a fait voir M. Antoine Bréguet; en vertu de sa réversibilité, l’instrument fonctionne également bien comme récepteur téléphonique; d’après M. le professeur Lovèn, de Stockholm, deux petits électromètres ainsi employés ne sont pas inférieurs à des téléphones ordinaires de Bell. Enfin MM. Root, Hansen, Bouty et autres physiciens ont utilisé l’électromètre capillaire pour diverses recherches de Physique qu’il eût été difficile d’entreprendre sans son secours.

En présentant ce travail d’électrocapillarité comme thèse à la Faculté des Sciences de Paris, en 1870, M. Lippmann l’a complété par une théorie mathématique complète des faits qu’il y a indiqués ; il a établi les équations- qui régissent aussi bien le phénomène direct que son inverse, et il a montré que ces phénomènes sont reliés entre eux par une relation tirée du principe de la conservation de l’énergie.

2. Élude des propriétés physiques d’une surface de mercure mise en contact de différentes solutions aqueuses.

Lorsqu’un métal est mis en contact de l’eau distillée et qu’on ajoute à ce liquide des substances incapables de produire une action chi-

action, les propriétés physiques de la surface sont modifiées, et elles peuvent l’être au maximum, c’est-à-dire autant qù’en présence de l’action chimique la plus violente : la force électromotrice de contact varie d’environ 1 daniell, la constante capillaire du simple au double.

Le mercure se prêtait particulièrement à cette recherche, parce qu’il est facile de le purifier et de lui incorporer des métaux étrangers ;

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