Notice sur les travaux scientifiques
(Tourdes, Relation médico-légale des asphyxies par le gaz de l’éclairage; Strasbourg, 1841. — Orfila, Traité de Médecine légale, tome III, pages 841 et 842.)
Recherches sur la constitution de Vacide hypophosphoreux .
(Annalen der Chemie und Pharmacie, tome XLIII, page 318. — Annales de Chimie et de Physique, 3 e série, tome VII, page 35.)
Dtilong, l’auteur de la découverte de l’acide hypophosphoreux, avait attribué à cet acide la composition Ph 3 0*, tandis que M. H. Rose le regardait comme formé de PbO. On savait par les travaux de ces chi-
mistes que tous les hypophosphites dégagent de l’hydrogène phosphore à une température élevée, circonstance qui indique qu’ils retiennent les éléments de l’eau jusqu’au moment où ils se décomposent.
Cette eau n’avait jamais été dosée avec exactitude.
Pour éclaircir les points encore douteux de l’histoire de 1 acide hypophosphoreux et de ses sels, j’ai entrepris l’analyse des hypophosphites de chaux, de baryte et de plomb. Ces sels renferment, indépendamment de l’eau de cristallisation, 2 atomes d’hydrogène et 1 atome d’oxygène, qui ne s’en dégagent jamais sous forme d’eau. J’ai émis 1 opinion que cet oxygène et cet hydrogène font partie des éléments de l’acide hypophosphoreux lui-même, et que cet acide renferme un radical formé de phosphore et d’hydrogène. J’ai constaté, en outre, que lorsqu’on chauffe les sels de cuivre avec un excès d’acide hypophosphoreux, il se dégage de l’hydrogène.
Je pense que le point de vue. que j’avais énoncé dans ce premier Mémoire était exact, et qu’aujourd’hui, après un quart de siècle, il sert de base aux idées qui ont cours dans la science sur la constitution de l’acide hypophosphoreux.
Sur Vhydrure de cuivre.
(Annales de Chimie et de Physique, 3 e série( tome XI, page 25o.)
A l’occasion de recherches sur l’acide hypophosphoreux, j’ai eu la bonne fortune de découvrir une combinaison de cuivre et d’hydrogène.
Le fait du dégagement de l’hydrogène dans la réduction des sels de cuivre par l’acide hypophosphoreux ayant été contesté par M. H. Rose, il m’a paru nécessaire de répéter.mes expériences sur ce point. J’ai confirmé mes premiers résultats et j’ai fait voir que M. H. Rose avait employé un excès de sel de cuivre, ce qui modifie essentiellement les ditions et le sens de la réaction. J’ai observé en outre que, lorsque le sulfate de cuivre se réduit en présence d’un excès d’acide hypophosphoreux aune basse température, l’hydrogène, au lieu de se dégager, se porte sur le cuivre pour former un véritable hydrure Cu 2 H 2 (Gu = 63,5)'.
M. Poggendorff 1 a obtenu depuis par l’électrolyse du sulfate de cuivre ( Annalen der Physik und Chemie, tome XXXV, page 337).
L’acide chlorhydrique et l’hydrure de cuivre se décomposent mutuellement, avec dégagement d’hydrogène et formation de chlorure cuivreux. Cette expérience présente un intérêt théorique sur lequel j’ai appelé 1 attention des chimistes dans mon Mémoire sur les radicaux organiques (page i/j). J’ajouterai que M. Chiozza s’est servi de l’hydrure de cuivre pour transformer le chlorure d’acétyle en hydrure d’acétyle ou aldéhyde.
On ne connaît qu’un très-petit nombre de combinaisons de métaux avec l’hydrogène. L’existence bien démontrée de l’hydrure de cuivre constitue donc un fait rare dont l’intérêt est augmenté par les curieuses propriétés de ce corps.
Recherches sur la constitution des acides du phosphore .
(Annales de Chimie et de Physique, 3 e série, tome XVI, page 190 .), v
Pour fixer la constitution d’un acide minéral ou organique, il importe avant tout d’étudier les sels et les éthers qu’il peut former. C’est ce que j’ai fait dans ce travail pour les acides hypophosphoreux et phosphoreux.
Je donne d’abord les analyses d’un grand nombre d’hypophosphites, et je constate que tous ces sels renferment, indépendamment de l’eau de cristallisation, les éléments d’une molécule d’eau, qu’on ne parvient pas à en dégager sous cette forme. Ces résultats étaient conformes à ceux que j’avais obtenus antérieurement, et sont venus prêter un nouvel appui aux idées que j’avais émises. Encore aujourd hui ces idées me paraissent l’expression de la vérité. En effet, nous pouvons très-bien nous représenter l’acide hypophosphoreux comme renfermant un groupe Pli H 2 combiné à 1 atome d’oxygène et à 1 atome d oxhydryle. Le phosphore y serait triatomique et échangerait deux atomicités avec les deux atomes d’hydrogène, une troisième avec 1 atome d oxygène, dont
la seconde atomicité serait saturée par l’oxhydryle. Ce point de vue est exprimé par la formule
HO-O-PhH 3 .
La seconde partie de ce travail est consacrée à l’étude de l’acide phosphoreux et des phosphites.
J’ai démontré que l’acide phosphoreux cristallisé renferme i atome de phosphore, 3 atomes d’oxygène et 3 atomes d’hydrogène, ou, dans le langage d’alors, 3 équivalents d’eau; l’analyse d’un grand nombre de phosphites m’a prouvé que 2 équivalents seulement de cette eau peuvent être remplacés par une base fixe. J en ai conclu que le troisième équivalent est de l’eau de constitution, et que l’acide phosphoreux est un acide bibasique.
Aujourd’hui on exprimerait ce point de vue en disant que l’acide phosphoreux est un acide triatomique et bibasique. 11 renferme trois groupes oxhydryles qui saturent les trois atomicités du phosphore. Deux des oxhydryles sont acides, le troisième est alcoolique. Il résulte, en effet, des expériences de M. Mentchutkine qu’un atome d’hydrogène peut être remplacé dans l’acide phosphoreux par de l’acétyle. C’est l’hydrogène alcoolique. J’aurai l’occasion d’exposer plus loin les faits à l’occasion desquels j’ai introduit dans la science la distinction que je fais ici entre l’atomicité et la basicité des acides.
Je décris, dans la troisième partie de ce Mémoire, diverses combinai-; sons éthérées de l’acide phosphoreux.
Recherches sur l'acide sulfophosphorique et sur le chloroxyde de phosphore.
(Comptes rendus, tome XXIV, page 288 . — Annales de Chimie et de Physique, 3 e série, tome XX, page 47a.)
Ce Mémoire comprend la description de deux nouveaux composés du phosphore. L acide sulfophosphorique a été obtenu par l’action des alcalis sur le chlorosulfure de phosphore de Sérullas. C’est un acide tri-
basique qu on peut envisager comme de l’acide phosphorique dont
1 atome d oxygène a été remplacé par i atome de soufre. On a décrit depuis d autres acides sulfurés du phosphore. Quant à l’oxychlorure de phosphore, je l’ai découvert en traitant le perchlorure par une petite quantité d’eau. Il se dégage du gaz chlorhydrique et il se forme un liquide particulier qui bout à i io degrés et dont la composition est représentée par la formule PhOCl 3 . C’est du perchlorure dans lequel
2 atomes de chlore sont remplacés par i atome d’oxygène.
MM. Cahours et Gerhardt ont reconnu depuis que le chloroxyde de phosphore prend naissance lorsqu’on fait réagir le perchlorure sur un grand nombre de substances organiques oxygénées, telles que les aldéhydes, les acides, etc. Entre les mains de Gerhardt le chloroxyde est devenu un agent fort utile pour la préparation des acides organiques anhydres.
Synthèse du chlorure de t.hionyle,
(Comptes rendus, tome LXII, page 460 ; 1866.)
On sait, par les expériences de M. H. Schiff, qu’en traitant l’anhydride sulfureux par le perchlorure de phosphore il se forme de l’oxychlorure et un liquide volatil, incolore, fortement réfringent, qui a reçu le nom de chlorure de thionyle. Ce corps renferme SOC1 2 . L’eau le décompose en gaz sulfureux et en acide chlorhydrique. Je l’ai obtenu en combinant directement le soufre avec l’anhydride hypochloreux
S-t-CPO^SOCl 1 .
Cette réaction me semble intéressante, en démontrant que l’anhydride hypochloreux est capable de se fixer, par addition directe, sur certains corps, comme font l’acide hypochloreux et le peroxyde d hydrogène.