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TRAVAUX DE CHIMIE MINÉRALE ET DE MÉTALLURGIE

XXVI. — Sur la composition et les qualités de la houille, eu égard à la nature des plantes qui l’ont formée.

On s’est souvent demandé si la composition chimique et les qualités industrielles des houilles étaient liées à la nature botanique des végétaux qui les ont consiituccs.

Je me suis efforcé de résoudre cette question en mettant à profit la découverte, au milieu de la grande couche du hassin de Coramentry, de lentilles de houille provenant de plantes diverses, que l’on est parvenu à reconnaître avec certitude d’après les détails de leur structure.

Kntremêlées dans un même hanc de houille, ces plantes se sont certainement trouvées, depuis l’origine, dans des conditions toujours identiques et elles ont suhi toutes les mêmes influences extérieures. Si donc on peut constater entre elles des différences de composition ou de qualité, on sera fondé à les attribuer à la diversité des espèces végétales.

Grâce à l’obligeance de M. Fayol, qui m’a fait parvenir une collection d’échantillons, et à celle de M. B. Renault, qui en a fait la détermination botanique, je me suis trouvé en possession de dix-huit échantillons appartenant aux genres Calamodendron, Cordaites, Lépidodendron, Psaronius, Ptychopteris et Mégaphyton.

L’analyse élémentaire a montré que la composition centésimale de ces lentilles de houille en carbone, hydrogène, oxygène et azote, était peu différente; celle de la houille massive de la grande couche ne s’en écarte guère aussi que par un léger excédent d’hydrogène. La différence peut être attribuée à la présence de feuilles et de débris végétaux de toute sorte, visibles dans la masse de la houille, tandis que les lentilles analysées se composaient uniquement de fragments de bois, d’écorces ou de racines.

La distillation a donné des écarts bien plus sensibles, d’une espèce végétale à une autre, soit au point de vue de la proportion des matières volatiles et du résidu 6xe, soit au point de vue de l’état d’agglomération ou de boursouflement du coke produit par la calcination.

En résumé, l’âge de la houille et les circonstances diverses qui ont présidé à sa formation étant identiques, les différentes espèces forestières ont donné naissance à des houilles de qualités sensiblement différentes.

{Comptes rendus, li AOÛi i 884 ; Annales des Mines, 1884.)

XXVII. — Sur l’origine et la distribution du phosphore dans la houille et le oannel-coal.

J’ai cherché à me rendre compte du mode de répartition du phosphore dans les combustibles végétaux, en mettant à profit les récents progrès de la Paléontologie végétale et analysant des portions de houilles très différentes.

J’ai opéré d’abord sur des lentilles Je 4 oni 7 /c organisée, à cassure brillante, à structure discernable, envoyées de Commentry par M. Fayol, et déterminées par M. B, Renault, puis sur du fusain minéral, sur différentes variétés Ae houille et sur le cannel-coal de Commentry. Rapportée à 100 de la matière primitive, la proportion de phosphore s’est montrée comprise entre 0,002 et 0,007 lentilles, o,oo4 pour le

fusain, variable de 0,002 à o,oi 5 dans la houille; elle s’est élevée à 0,0.42 dans le cannel-coal. J’ai analysé huit échantillons de cannel-coal provenant d’autres gisements et j’ai trouvé aussi dans la plupart d’entre eux des proportions relativement importantes de phosphore.

En rapprochant cette observation de celle que M. Renault a faite suides plaques minces de cannel-coal, où il a aperçu, au milieu de parcelles végétales diverses, un nombre considérable de spores ou degrains de pollen très irrégulièrement disséminés, j’ai pensé que la présence de ces germes pouvait expliquer la proportion souvent élevée du phosphore dans cette matière et sa réparti tion très irrégulière dans la houille. J’ai analysé des spores, sporanges et grains de pollen de diverses fougères vivantes, de lycopode et de cycadinées, représentants modernes

des principales familles de plantes houillères, et j’y ai trouvé depuis 0,078 jusqu’à 0,288 de phosphore pour 100 de la matière végétale.

La tranche d’une couche de houille montre souvent des veines alternativement ternes et hrillantes, qui paraissent formées, les unes par l’accumulation de feuilles et de débris de toutes sortes, les autres par la transformation des hois, écorces ou racines de grands végétaux houillers. D’après la théorie précédente, on peut s’attendre à trouver des proportions de phosphore inégales dans ces différentes veines, quoique prises côte à côte sur un même échantillon; j’ai trouvé, en effet, dans l’une o,oo8i5 et dans l’autre 0,00826 de phosphore pour 100 de houille. {Comptes rendus, 21 juillet 1884.)

XXVIII. — Tableaux des essais des combustibles minéraux faits au Bureau d’essai de l'École des Mines, de 1845 à 1879.

J’ai réuni dans ce livre, pour servir à l’industrie nationale, les résultats des essais faits sur 840 échantillons de houille, d’anthracite ou de lignite; 740 de ces échantillons étaient d’origine française; 100 venaient de l’étranger.

Ils sont classés par département ou par pays d’origine.

On trouve, pour chacun, la désignation du pays, de l’exploitation et parfois même de la couche qui l’a fourni, les proportions de matières volatiles, de carbone fixe et de cendres, la nature du coke plus ou moins aggloméré, boursouflé, etc. Enfin on trouve aussi, pour un certain nombre d’entre eux, le pouvoir calorifique approximativement déterminé par la méthode rapide de Berthier.

{Annales des Mines, 1879.)

XXIX.—Analyses des eaux minérales françaises exécutées au Bureau d'essai de l’École des Mines.

Ce recueil, exclusivement consacré aux eaux minérales de la France, renferme 255 analyses complètes, produit d’un travail considérable, auquel ont collaboré les chimistes qui se sont succédé au Bureau

Toutes les analyses présentent, avec le résidu fixe de l’évaporation, rapporté à t''' d’eau, les résultats immédiats des dosages effectués, c’est-à-dire les proportions de tous les acides et de toutes les bases.

Le groupement de ces acides et de ces bases laisse un peu de place à l’hypotbèse et, pour ce motif, n’avait pas été indiqué dans les analyses du bureau d’essai jusqu’à idyS. A partir de cette époque, sur la demande de plusieurs médecins, j’ai cru devoir donner, à côté des résultats directs de l’analyse, la composition probable des eaux obtenue par le calcul, en opérant le groupement des éléments suivant les données générales fournies par laTbermochimie. On trouve donc, dans le volume, à la suite des Tableaux d’analyse, de 1845 à 1884, la composition calculée pour les sources analysées de 1879 à 1884.

Le travail a été continué depuis cette époque et donnera bientôtlieu à une nouvelle publication. {Annales des Mines, i885.)

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