‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 16 sur 26 · XXX. — Sur les sources minérales de Cransac (Aveyron · texte numérisé non relu

XXX. — Sur les sources minérales de Cransac (Aveyron

Ce travail comprend l’analyse de neuf sources nouvelles de la vallée de Cransac, que l'on se propose d’exploiter, pour remplacer les anciennes sources qui ont en partiedisparu.I’ai indiqué les conditions géologiques particulières où se présentent ces sources et par lesquelles on peut expliquer leur minéralisation spéciale.

{Annales des Mines, 1890.)

XXXI. - Minerais de fer de la France, de l'Algérie et de la Tunisie, analysés au Bureau d’essai de l'École des Mines.

Cet ouvrage renferme les résultats des analyses de 1796 minerais de fer, provenant ou d’exploitations ou de recherches faites dans les départements français, en Algérie et en Tunisie.

Ils ont été classés par départements et, dans chacun, par arrondissements, cantons et communes, en suivant l’ordre alphabétique, de manière à faciliter les recherches.

J’ai pensé qu’il serait utile de donner des indications géologiques sommaires sur le gisement des minerais et j’ai pu le, faire, pour la

plupart, grâce à l’obligeance de M. Michel Lévy, Directeur du service de la Carte géologique détaillée de la France, et à celle de ses collaborateurs pour les gisements français, à celle de M. Parran pour les gisements algériens et tunisiens.

Les analyses ont été relevées sur les registres du Bureau d'essai, depuis l’année i845 jusqu’en 1889. J’ai eu soin d’indiquer la date de chacune d’elles, et, d’autre part, le nom des chimistes et l’époque à laquelle ils ont travaillé au Bureau d’essai, afin de réserver à chacun sa part de mérite dans cet ouvrage de longue haleine.

Le rapprochement des données aeoloauques et des données chimiques m’a permis de faire, dans le préambule, quelques observations générales sur les relations qui peuvent exister entre les qualités des minerais et leur situation géologique.

( A nnaks des Mines, 1890.)

XXXII. — Découverte d’un gisement de bismuth en France. Nouvelles

espèces minérales de bismuth et de tungstène trouvées dans la mine de

Meymac (Corrèze).

Mes fonctions d’ingénieur des Mines à Limoges m’ayant conduit à visiter divers gisements minéraux dans la Corrèze, je vis, près de Meymac, au milieu des granités porphyroïdes avec nids de tourmaline radiée et filons de granulite, un affleurement quartzeux que l’on avait exploité pour l’empierrement d’une route voisine et d’où l’on venait d’extraire des blocs de wolfram ; j’encourageai à approfondir la fouille, et, quelque temps après, j’eus la satisfaction d’y trouver des minerais de bismuth. Les travaux souterrains me mirent en possession d’un certain nombre de minéraux, les uns déjà connus, les autres nouveaux, que j’analysai avec soin.

Parmi les minéraux de bismuth je dois citer :

Le bismuth sulfuré, en masses bacillaires ;

Le bismuth hydrocarbonaté, résultant de la transformation sur place do l’espèce précédente ;

Le bismuth natif, en noyaux irréguliers, à cassure lamelleuse;

Le bismuth oxydé, provenant de l’altération du bismuth natif;

Le mispickel bismuthifére et cobaltifére;

Parmi les minéraux de tungstène :

Le wolfram tantalifère, en masses lamelleuses!

hAschéelite cristalline, grise ou brunâtre;

La meymacite, espèce nouvelle, jaune ou jaune verdâtre, essentiellement formée d’acide tungstique hydraté.

En outre, je reconnus dans le gisement : du molybdène sulfuré, du molybdate, du chlorophosphate, du sulfate et du carbonate de plomb, de l’étain oxydé, du fer hydroxydé et une grande quantité de pyrite de fer contenant un peu de bismuth sulfuré.

{Annales de Chimie et de Physique, 1874.)

XXXIII. - Nouvelles méthodes de traitement des minerais de bismuth.

Les méthodes de traitement employées jusqu’ici pour les minerais de bismuth ne me semblèrent pas convenir à la nature des minerais deMeymac; j’étudiai successivement de nouveaux procédés, en donnant la préférence â la voie humide sur la voie sèche, afin d’obtenir un métal plus pur et en même temps afin d’éviter les pertes par volatilisation et par scorification, qui ont une grande importance pour une matière aussi précieuse. Je proposai successivement deux procédés de traitement pour tes minerais oxydés de l’affleurement et pour les minerais pyriteux trouvés en profondeur.

Les minerais oxydés, riches et purs, étaient attaques par l’acide chlorhydrique et la liqueur enrichie méthodiquement par plusieurs traitements successifs; puis le bismuth était précipité par des barreaux de fer à l’état de poudre, qui, lavée, comprimée et fondue dans un creuset de plombagine avec un peu de charbon, donnait le métal fondu.

Les minerais pyriteux pauvres, jusqu’à i pour 100 de métal environ, étaient traités aussi par voie humide, dans de grandes cuves en grès chauffées doucement, avec condensation des vapeurs. Après lavage méthodique pour épuiser le minerai, la dissolution décantée était en grande partie neutralisée par des calcaires saecharoïdes trouvés à quelques lieues de Meymac, séparée par décantation des chlorure et sulfate de plomb, puis précipitée par l’eau. L’oxychlorure de bismuth.

séché, puis mêlé avec du carbonate de soude et un peu de charbon pour être fondu dans des creusets de graphite, donnait le bismuth métallique dans un état de pureté très satisfaisant.

Cette méthode peut être appliquée d’une façon générale aux minerais de bismuth pauvres, qu’on laisse quelquefois en réserve sur le carreau des mines, faute de pouvoir leur appliquer les procédés ordinaires de traitement par voie sèche.

{AssociationJrançaise pour Vavancement des Sciences, Congrès de Lyon, iSyS; Congrès de Paris, 1878.)

XXXIV. — Recherche de l’oxyde de plomh dans les sous-nitrates de bismuth des pharmacies.

Au cours de mes recherches sur les sels de bismuth, j’eus occasion de remarquer la présence de quelques millièmes d’oxyde de plomb dans certains sous-nitrates préparés pour la pharmacie. Je signalai le fait, en indiquant la méthode par laquelle j’étais parvenu à isoler le plomb sous la forme de chlorure ou de sulfate, insoluble dans l’alcool absolu; méthode peu différente d’ailleurs de celle qui a été recommandée par Henri Kose.

Les résultats furent contestés par un chimiste des plus distingués, mais dont les analyses étaient faites par la méthode électrolytique, qui ne permet pas d’opérer sur une quantité suffisante de matière pour découvrir de très faibles proportions d’impuretés.

Ils furent confirmés au contraire par les expériences de deux savants, qui basèrent la séparation du bismuth et du plomb sur la différence de solubilité de leurs chromâtes dans la potasse.

Cette discussion ayant attiré l’attention des fabricants de produits chimiques, ils apportèrent plus de soin dans la fabrication du sous-nitrate de bismuth destiné à la pharmacie et on en put constater bientôt les heureux effets. {Comptes rendus, 18 mai et 29 juillet 1878.)

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