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MÉTHODES D’ANALYSE

LIT. — Nouvelle méthode pour le dosage du fluor.

Dans ce Mémoire se trouve exposée, avec tous les détails nécessaires pour la bonne réussite des opérations, la méthode de dosage qui avait été présentée sommairement dans les Comptes rendus (28 mars 1892), méthode fondée sur la volatilisation du fluor sous la forme de fluorure

rte silicium et sur sa fixation dans une solution assez concentrée de Huorure de potassium à l’état de fluosilicate de potasse SiFI‘+2KFl = SiK‘Fl'‘.

Cette méthode permet d’apprécier avec certitude les millièmes et avec approximation les dix-millièmes de fluor.

La description du procédé de dosage est suivie de quelques exemples de son application à des minéraux bien connus : fluorine, cryolitlie, apatitcs de divers gisements. Les résultats se sont trouvés entièrement d'accord avec la formule théorique de ces composés.

{Annaks des Mines, iSgS, t. I, p. i3o-i47.)

LV. — Sur la détermination du phosphore dans les aciers, les fers

La méthode nouvelle, que j’ai proposée après une expérimentation assez longue, est fondée sur la précipitation et le dosage du phosphore à l’état de phospho-molybdate d’ammoniaque. Elle diffère des autres méthodes précédemment employées et auxquelles on reprochait de donner, entre les mains de divers chimistes, des résultats souvent |>eu concordants ; i" par le mode de séparation de la silice, qui se fait au moyen de l’acide sulfurique à la température de 120° à 125°; 2° par le mode de destruction des composés solubles du carbone, qui s’obtient à l’aide de l’acide chromique ; 3” par la nature du composé final, qui est, non plus le pyrophosphate de magnésie contenant 0,2793 de phosphore, mais le phosphomolybdate d’ammoniaque desséchéà 100", qui, obtenu par deux précipitations successives, dont la seconde, à basse température, présente une composition constante. Cette composition, que j’ai déterminée, est exprimée par la formule suivante P=0*, 24 MoOS 3 (AzH‘)’ 0, 3H'0.

Le précipité desséché ne renferme que o,oi63 de phosphore, c’està-dire 17 fois moins que le pyrophosphate de magnésie. Le poids relativement très considérable du précipité et sa composition très régulière permettent de faire le dosage du phosphore avec une grande

précision. Cela est particulièrement important pour des produits comme les aciers, dont les qualités peuvent être entièrement modifiées par quelques dix-millièmes de phosphore.

{Comptesrendus, ifijanvier iSgd;dnnaterfes Mines, iSgS, t. Il,p. 5.)

LTI. — Sur la détermination du phosphore dans les terres végétales.

On peut appliquer aux terres végétales une méthode analogue à celle qui convient aux fers et aux aciers, mais en ayant soin : i“ de brûler la majeure partie des matières organiques par une calcination modérée avant d’employer l’acide chromique; a» d’éviter l’emploi de l’acide sulfurique, pour n’étre pas gêné par la précipitation de sulfate de chaux peu soluble.

La double précipitation du phosphomolybdate d’ammoniaque dispense de faire une opération spéciale pour éliminer la silice.

Le dosage est rapide et très satisfaisant.

La proportion de l’acide phosphorique contenu dans lo®' de la terre à analyser s’obtient en multipliant le poids du précipité desséché par le coefficient o.oSyS.

{Annales des Mines, iSgS, t. Il, p. ii.)

LVIII. — Emploi de l'eau oxygénée dans le dosage pondéral et volumétrique

Chrome. — Après avoir établi : d’une part, que l’acide chromique et l’eau oxygénée se décomposent mutuellement en liqueur acide, en dégageant l’un et l’autre une égale quantité d’oxygène et se réduisant à l’état d’eau et de sesquioxyde de chrome; d’autre part, que, dans une solution alcaline ou ammoniacale, l’oxyde de chrome peut être converti en acide chromique par ébullition avec l’eau oxygénée, j’ai montré comment ces deux réactions inverses pouvaient être utilisées pour le dosage du chrome, soit par une méthode pondérale, conduisant à peser l’oxyde ou le phosphate de chrome, soit par une méthode

volumétrique, où l’on emploie l’eau oxygénée très étenJue, titrée par comparaison avec une solution de bichromate de potasse.

Manganèse. — Tous les composés oxygénés de manganèse, supérieurs au protoxyde, sont ramenés par l’eau oxygénée, dans une solution acide, à l’état de sel manganeux avec destruction d’une quantité correspondante du peroxyde d’hydrogène; cette décomposition se produit même à froid, en présence d’nne quantité faihic d’acide libre, tel que l’acide sulfurique ou Tacide azotique.

On peut donc, à la faveur de l’eau oxygénée, dissoudre aisément par l’un de ces acides les suroxydes de manganèse naturels ou artificiels.

On peut aussi s’en servir pour doser, dans ces composés, Voxygène en excédent sur le protoxyde; car le volume gazeux dégagé par cette réaction est précisément double de celui qui correspond à l'oxygène disponible du suroxyde.

Le manganèse lui-même pourra être déterminé très simplement d’après la proportion d’oxygène disponible, si l’on connaît exactement son état d’oxydation. Or, plusieurs opérations chimiques amènent le manganèse à un état d’oxydation bien défini; je me suis assuré notamment que, par l’action du chlorate de potasse sur une dissolution azotique concentrée et chaude, suivant la méthode de MM. Beilstein etJawein, le manganèse était précipité sous la forme de bioxyde, MnO”; j’ai également démontré que la précipitation du manganèse par l'eau oxygénée et l’ainmoniaque en excès donne, à l’ébullition, un composé bien défini, dont l’état d’oxydation est représenté par la formule

Mn‘0" ou 5MnO', MnO.

11 suffit de transformer le manganèse en l’un de ces deux composés, pour pouvoir ensuite le doser volumétriquement, d’après lu quantité d'oxygène qu’il cède à l'acide oxalique. L’exactitude de cette méthode a été établie par des expériences nombreuses.

{Comptes rendus, 5 et 12 juin iSgd. — .Annales des Mines, iSg-i, t. Il, p. 55 o- 583 ).

LVIII. — Essais des aciers, fers et fontes par l'analyse chimique.

La grande Commission instituée au Ministère des Travaux publics, sous le nom de Commission des méthodes d'essai des matériaux de construction, m’ayant fait l’honneur de me demander un Rapporl sur les procédés à employer pour l’essai chimique des aciers, des fers et des fontes, je me suis attaché à ne décrire que les méthodes qui m’ont paru le plus dignes d’étre recommandées. Les unes ontl’avantage d’être les plus rapides et de pouvoir guiderle contremaître ou l’ouvrier au cours même de la fabrication; les autres sont les plus précises et les plus sûres et permettent à l’ingénieur de se rendre un compte exact des avantages ou des inconvénients de certains procédés de travail ou des qualités d’un certain métal.

J’ai été ainsi conduit à décrire plus de cinquante méthodes de voie sèche ou de voie humide, soit d’après leurs inventeurs, soit d’après mes propres recherches.

Les corps à doser sont ; le carbone total, le carbone graphitique, le carbone combiné, le silicium, le soufre, le phosphore, l’arsenic, le cuivre, le cobalt et le nickel, le manganèse, le chrome, le tungstène, le titane, le vanadium, l’aluminium, le calcium, le magnésium, etc., le laitier ou la scorie, l’oxyde de fer dans les aciers brûlés, enfin le fer métallique, comme contrôle de tous les dosages précédents.

(Imprimerie nationale, novembre iSgS.)

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