LX. — Sur la composition chimique des wav
L’analyse de quatre échantillons de wavelUles, de provenanc(! et d'aspect fort differents, a montre que ces minéraux renferment toujours du fluor, qui paraît se substituer à une proportion correspondante d'oxygène dans l’alumine. La composition moyenne serait exprimée par ta formule suivante
2(P»0‘AI>0»)-i-A1’(0’,F1*)-i-i3H‘0.
Les turquoises orientales (ou de vieille roche), qui ont une origine minérale incontestable, ne renferment pas du tout de fluor et sont des phosphates hydratés d’alumine, de cuivre et de protoxyde de fer.
Los turquoises occidentales (de nouvelle roche ou odontolites), visiblement produites par la transformation de dents ou d’ossements fossiles, renferment de 3 à 3,5o pour loo de fluor et sont formées de phosphates d’alumine, de peroxyde de fer, de chaux, unis à du fluorure de calcium et è du carbonate de chaux. 11 y a eu, comme dans les os fossiles, fixation de fluor et, en outre, substitution fort avancée de l’alumine et de l’oxyde ferrique à la chaux du phosphate primitif.
. {Comptes rendus, 3o avril 1894.)
LXI. — Minerais de manganèse analysés au Bureau d’essai de l’École
J’ai réuni en tableaux les analyses faites, soit avant moi, soit sous ma direction, sur les minerais de manganèse analysés au Bureau d’essai. 145 de ces minerais sont d’origine française; 62 de provenance étrangère.
Ce travail fait partie d’une sorte de statistique minérale, que je me propose de continuer, relative aux différentes espèces de minerais, dont l’industrie française peut avoir intérêt à connaître le gisement et la composition. ( Voir les n“ XXVIII et XXXI sur les combustibles minéraux et les minerais de fer.) {Annales des Mines, 1893,1.11.)
LXII. - Analyses des eaux minérales françaises, exécutées au Bureau d'essai de l'École des Mines de 1885 à 1894.
J’avais déjà publié, en i885, une série de 255 analyses faites sur des sources minérales françaises ; le travail poursuivi sous ma direction pendant les dix dernières années a encore fourni 207 analyses nouvelles, s’appliquant exclusivement au territoire de la France.
Chacun des Tableaux contient, à côté de l’analyse élémentaire, la composition calculée obtenue en groupant les éléments entre eux suivant les probabilités les plus grandes.
Le préambule de ce Recueil expose les réserves qu’il me parait utile de faire au sujet de ce calcul; il explique le genre d’altération que subissent les eaux par le fait de la mise en bouteilles et du transport depuis la source jusqu’au laboratoire.
{Annales des Mines, 1894, t. IL)
LXni. — Rapports sur les Cartes agronomiques.
Ayant à faire, en Société nationale d'Agriculture un rapport
sur les Cartes agronomiques, cantonales ou communales, présentées à la Société, j’ai cru devoir saisir l’occasion de préciser lebutdecegenre de cartes, les renseignements qu’elles doivent fournir, et la manière dont il convient qu’elles soient préparées. J’avais eu depuis longtemps occasion de réfléchir à ces questions; car, dès le début de ma carrière d’ingénieur, j’avais eu à m’occuper de dresser la Carte géologique et agronomique du département de l’Indre et je m’étais efforcé de bien définir le long travail que j’entreprenais.
Après avoir rappelé les travaux de mes devanciers et caractérisé de mon mieux l’œuvre de chacun d’eux, j’ai cherché à établir que l’on doit prendre la carte géologique pour canevas de la Carte agronomique. On doit ensuite, en parcourant le terrain et rectifiant, au besoin, les détails de la Carte, agrandie autant que possible, choisir dans chacun des compartiments un certain nombre de points pour y prélever des échantillons de terre, destinés à être soumis à-l’analyse physique et chimique. Les résultats de ces analyses sont alors notés sur une légende et, s’il se peut, figurés graphiquement sur la carte même, à
colé lies points où ont été pris les échantillons. La connaissance de la géologie d’une contrée permet de diminuer considérablement le nombre des analyses et d’en tirer le meilleur parti possible.
« Une même formation géologique, disais-je, donne naissance, en général, à des terres agricoles de qualités analogues, parce qu’elles contiennent les mêmes éléments dans des proportions à peu près uniformes.
On comprend, d’ailleurs, que les dépôts qui se sont formés simultanément dans une même mer, sur un même rivage ou, d’une façon générale, sous l’influence des mêmes causes, doivent présenter une composition très peu différente les uns des autres. »
Lorsque, moyennant un certain nombre d’analyses sur des échantillons bien choisis, on aura déterminé les qualités physiques du sol et sa teneur en éléments de fertilité facilement assimilables par les plantes (acide phospborique, potasse, chaux, azote), la Carte agronomique à grande échelle, sur laquelle ces renseignements auront été transportés, fera connaître aux cultivateurs ce que contiennent leurs terres arables et ce qu’il convient de leur donner, comme engrais complémentaires, pour en obtenir des rendements meilleurs.
La Société a bien voulu, en 1892, sur mon rapport, attribuer des récompenses aux auteurs des meilleures Cartes agronomiques. Chargé de nouveau, deux ans plus tard, du rapport sur les récompenses à décerner pour le même genre de travaux, j’ai eu la satisfaction de voir qu’il s’était fait un mouvement favorable aux Cartes agronomiques dans plusieurs départements à la fois et que, déjà, plusieurs cartes accusaient un progrès sensible.
Nous pouvons espérer que de semblables travaux, en se généralisant, auront une réelle utilité pratique; car ils fourniront les moyens de choisir, dans chaque contrée, les cultures et les engrais les mieux appropriés à la nature du sol.
{Mémoires publiés par la Société nationale d’Agriculture de France, 1893 et iSqS.)