XX. — Séparation de l’arsenic, de l'antimoine et de l’étain
La présence de l’arsenic n’empêche pas d’effectuer la séparation de l’antimoine et de l’étain par la méthode précédente; mais, si l’on n’y
prenait garde, l’arsenic pourrait se trouver partagé entre le précipité et la dissolution. On évite cette difficulté en profitant de la solubilité du sulfure d’arsenic dans l’acide sulfureux, ou plutôt en ajoutant à l’avance, dans la solution oxalique, de l’acide sulfureux ou du bisulfite de soude, afin d’empêcher tout précipité de sulfure d’arsénic.
Le premier précipité formé ne renferme donc que de l’antimoine. La dissolution est additionnée d’acide chlorhydrique et soumiseà un courant d’hydrogène sulfuré, qui détermine la précipitation totale de l’arsenic. Enfin l’étain, resté seul dans la dissolution, est dosé comme dans le cas précédent.
La même méthode peut servir, en l’absence d’étain, à la séparation de l’antimoine et de l’arsenic, qui se rencontrent si souvent ensemble dans les minerais métalliques. (Comptes rendus, a août 1886.)
XXI. — Application des méthodes précédentes à l’analyse des alliages industriels.
Les méthodes de séparation que j’ai données pour les métaux solubles dans l'ammoniaque et pour les métaux solubles dans le sulfliydrate permettent de simplifier beaucoup l’analyse des alliages de ces divers métaux, dont la variété est si grande et l’emploi si fréquent dans l’industrie.
Sans entrer dans le détail, j’indiquerai sommairement la marche à suivre dans les deux cas principaux : celui des alliages blancs et celui des alliages contenant du cuivre ou du nickel.
Dans le premier cas, l’alliage sera dissous dans l’eau régale chlorhydrique et on séparera par le sulfhydrate : d’une part, les sulfures , insolubles de plomb, de zinc, de fer, etc., qu'on traitera par les méthodes connues; de l’autre, la dissolution contenant l’antimoine, l’étain, l’arsenic, qu’on décomposera par l’acide chlorhydrique; les sulfures précipités seront rèdissous par l’eau régale et séparés par la méthode précédente.
Dans le second cas, on attaquera l’alliage par l’acide azotique, on évaporera avec un peu d’acide sulfurique, on chassera l’excès d’acide par évaporation, on reprendra par l’eau et l’on dissoudra les sulfates
(le cuivre, cadmium, zinc, nickel, etc., en laissant insolubles des composés de plomb, étain, antimoine, arsenic, phosphore, etc. On transformera ces derniers par fusion avec du sulfure de sodium, de manière à avoir du sulfure de plomb insoluble et des sulfosels solubles, qu'on traitera comme dans le cas précédent. Les sulfates solubles seront soumis aux séparations successives que j’ai indiquées plus haut. (Cours de l’École des Mines.)
XXII. — Dosage volumétrique du mercure au moyen de l’iodure de potassium.
La méthode est fondée sur l’insolubilité du biiodure de mercure dans une liqueur azotique; mais l’insolubilité n’est complète que si’ le liquide ne renferme aucun excès d’iodure alcalin. 11 faut donc arriver à ne verser le réactif que dans la mesure strictement nécessaire en se servant d’un indicateur très sensible.
J’ai eu l’idée de mettre dans la liqueur une assez forte proportion d’acide nitrique contenant des produits nitreux, comme celui qui a
XXIII. - Dosage volumétrique de l'argent par l’iodure de potassium.
Le principe de la méthode est le même que dans le dosage précédent; l’acide azotique nitreux et l’amidon servent d’indicateur pour avertir du moment où tout l’argent a été transformé en iodure et où l’on verse une goutte d’iodure de potassium en excès. La coloration bleue de l’iodure d’amidon apparaît immédiatement.
On obtient un dosage très exact, si l’on connaît approximativement, soit par un premier essai, soit d’après le titre présumé de la matière en argent, la quantité de métal à doser. Imitant alors ce qui se fait pour le chlorure de sodium, depuis Gay-Lussac, dans les laboratoires des Monnaies, on verse d’un seul coup dans la solution azotique la quantité d’iodure de potassium titré correspondant à la quantité d’argent présumée. On sépare le précipité par décantation, on le lave à l’eau et l’on introduit dans la liqueur quelques centimètres cubes d’acide azotique nitreux et d’empois clair d’amidon.
Si la liqueur devient bleue, on la décolore exactement au moyen d’une solution centinormale d’argent; si elle n’est pas colorée, on y verse d’abord de l’iodure de potassium, pour obtenir la coloration bleue, et on la fait ensuite disparaître par addition mesurée de la liqueur centinormale d’argent.
On arrive ainsi à une très grande exactitude.
Cette méthode présente sur celle du chlorure de sodium l’avantage de comporter l’emploi d’un indicateur de la fin de la réaction, sans exiger la neutralité de la solution azotique d’argent.
Elle est, à ce double point de vue, comparable à la méthode du sulfocyanure en solution titrée, avec addition de sulfate ferrique comme indicateur. {Comptes rendus, 29 juillet 1889.)
XXIV. — Nouvelles réactions caractéristiques des sels d'or ; sel aureux. Recherche qualitative et dosage colorimétrique de l’or.
On sait que le chlorure d’or est facilement décomposé par différents réducteurs, avec production d’or métallique, qui se dépose rapidement
d’eau environ, puis ajouter deux gouttes de perchlorure de for, deux gouttes d’acide arsénique et enfin quelques centigrammes de zinc en poudre. On agite la fiole et on voit se développer au bout de peu d’instants une teinte pourpre, dont l’intensité augmente avec la proportion d’or. Lorsqu’elle est devenue stationnaire, il faut décanter la liqueur dans une autre fiole, afin d’éviter que la saturation par le zinc détermine le dépôt du composé pourpre.
On peut estimer la quantité d’or avec quelque approximation en comparant les teintes obtenues avec des volumes égaux de liquide placés dans des flacons égaux. J’ai indiqué comment on pouvait tirer parti de cette méthode de comparaison pour déterminer, rapidement et d’une manière approchée, la teneur en or des minerais et particulièrement des minerais quartzeux.
(Comptes rendus, 2 et 16 juillet 1883.)