‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 13 sur 23 · XXV. — Emploi de l’hydrogène sulfuré dans les analyses · texte numérisé non relu

XXV. — Emploi de l’hydrogène sulfuré dans les analyses

Après avoir fait souvent usage du petit creuset recommandé par Henri Rose pour obtenir des sulfures de composition déterminée par calcination avec du soufre dans un courant d hydrogène, j’ai essayé de substituer à ces deux réactifs l’emploi de l’hydrogène sulfuré sec (') dans le même appareil. Cette substitution présente, dans bien des cas, des avantages sérieux.

Les matières restent longtemps pulvérulentes ; en présence du gaz sulfuré ou des produits de sa dissociation, on peut expulser, à basse température et sans perte de métal, les dernières traces de sels ammoniacaux laissées par un lavage imparfait des précipités ; à une température plus élevée, on obtient une sulfuration complète des oxydes,

carbonates, sulfates, arseniates. etc., et l’on n’a pas besoin, comme cela arrive parfois avec le soufre, de renouveler plusieurs fois l’opéra-

Enfln, on arrive, pour un certain nombre de sulfures, à une composition constante, que l’on n’obtiendrait pas de même avec le courant d’hydrogène; cela se présente notamment pour ;

Le sulfure d’argent, AgS;

Le sulfure d’antimoine, Sb 2 S ! ;

Le sulfure de bismuth, Bi ! S 3 ;

Le sulfure de plomb, PbS;

Le sulfure de nickel, NiS;

Le sulfure de molybdène, MoS 2 ;

Le sulfure de tungstène, WS 2 .

On produit, au contraire, une sulfuration trop élevée et irrégulière par l’hydrogène sulfuré, tandis que l’hydrogène seul permet d’obtenir une composition exacte avec :

Le sulfure de fer, FeS:

Le sulfure de cuivre, Cu 2 S.

Les deux réactifs donnent des résultats également bons pour :

Le sulfure de manganèse, MnS ;

Le sulfure de zinc, ZnS.

Tous les deux donnent, au contraire, des résultats incertains pour le sulfure de cobalt et le sulfure d’étain.

Plusieurs des sulfures métalliques, que l’on obtient ainsi au-dessous du rouge sombre dans un courant d’hydrogène sulfuré, offrent des formes cristallines très nettes. Je citerai notamment les sulfures d’antimoine, de bismuth, d’argent et de plomb, qui rappellent, par leurs formes extérieures, les sulfures naturels rencontrés dans les filons métalliques. C’est une méthode de reproduction artificielle très commode pour un certain nombre de minéraux sulfurés.

(Comptes rendus, 21 juillet 1879; voir aussi Synthèse des minéraux et des roches, par MM. Fouqué et Michel Lévy, p. 307, 3n, 3i5, 3i8, 3 i 9 .)

Page 1