XLI. — Étude sur la trempe de l’acier par compression
Chargé par le Comité des arts chimiques de la Société d’encouragement pour l'Industrie nationale de faire un rapport sur la nouvelle méthode d’élaboration de l’acier, désignée par son inventeur, M. Clémandot, sous le nom de trempe par compression, j’ai cherché à la comparer à la trempe ordinaire et à étudier les deux phénomènes qui s’y produisent : la compression et le refroidissement.
Le refroidissement brusque, résultant de la trempe ordinaire, détermine à la fois dans l’acier des effets chimiques, qui ont été l’objet des travaux de plusieurs savants, et des effets physiques, dont j’ai cherché à rendre compte par comparaison avec ceux qui se produisent dans le verre, et qui ont été très bien étudiés par MM. de Luynes et Feil et par M. Alfred Leger. Les tensions intérieures atteignent souvent une intensité extrême et la densité se trouve sensiblement diminuée, en même temps que se trouve modifié l’état chimique du carbone. (J’ai observé à cette occasion que la méthode colorimétrique d’Eggertz pour doser le carbone donne des résultats fort différents pour un même acier, suivant qu’on l’examine après la trempe ou qu’on l’essaye au contraire avant la trempe ou après le recuit, remarque qui a été confirmée depuis par les très intéressants travaux de M. Osmond.)
La compression par la presse hydraulique donne des effets analogues à ceux du choc des marteaux ou de la pression des cylindres, mais avee la différence due à la continuité de l’effort exercé; elle produit un refroidissement rapide, mais en évitant en partie les distensions moléculaires, qui résultent, dans la trempe, du durcissement de l’enveloppe extérieure, avant que la partie centrale ait éprouvé son retrait normal.
J’ai indiqué les expériences qui devraient être faites pour permettre d’asseoir un jugement définitif sur les avantages que la compression peut offrir au point de vue des qualités physiques de l’âcier, et j’ai signalé ceux qu’elle permet sûrement d’obtenir, au point de vue des qualités magnétiques, avec les aciers au tungstène destinés à la fabrication des aimants puissants et des appareils téléphoniques.
(,Bulletin de la Société d'Encouragement, 1884.)
XLII. — Sur l'emploi du manganèse pour désoxyder le cuivre et améliorer les qualités du métal.
Cette étude a eu pour but de rechercher quels sont les effets obtenus par l’introduction d’une petite quantité de manganèse dans le cuivre affiné par les méthodes ordinaires. M. Manhès a réalisé cette addition au moyen d’un alliage à o5 pour 100 de manganèse environ, qu’il a appelé le cupro-manganèse ; on en verse de ± à 1 pour 100 dans le bain de cuivre affiné, en fusion, on opère un brassage énergique au moyen d’une perche de bois vert et on coule le métal.
Il ne reste qu’une proportion minime de manganèse, à peine quelques . millièmes, dans le cuivre; le reste a été scorifié, après s’être emparé de tout l’oxygène qui était disséminé dans le métal sous forme d’oxydule de cuivre et nuisait ainsi à sa résistance, à son élasticité et à sa conservation dans l’eau de mer.
{Bulletin de la Société d’Encouragement, 1884.)
XLIII. - Notice sur le traitement métallurgique des minerais de plomb, cuivre, argent, or et bismuth, dans les usines de Freiberg.
Ce Mémoire, qui comprend 147 pages et 3 planches dans les Annales des Mines (1864), est le résultat d’une étude attentive faite dans les
deux grandes usines royales de Saxe, la Mulde et Halsbrücke. J’ai fait connaître en détail les opérations successives du traitement, les appareils et les réactions qui s’y produisent, les résultats obtenus, l’analyse des produits dont j’ai rapporté une collection au Musée de l’École des Mines, enfin l’organisation du travail et les données économiques relatives à chaque opération et à l’ensemble du traitement.
On ne possédait, jusqu’en 1864, d’autre description générale que celle donnée au commencement du siècle par Héron de Villefosse, dans son grand traité De la Richesse minérale et celle d’Alex. Winkler datant de 1887. Méthodes et appareils avaient subi, dans cet intervalle de temps, une transformation des plus remarquables, en partie due à l’impulsion scientifique de la célèbre « Académie des Mines de Freiberg ».