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Notice sur les travaux scientifiques

1860. Sorti le premier de l’École Polytechnique et, en cette qualité, lauréat du prix Laplace à l’Académie des Sciences. — Élève-ingénieur des

1864. Sorti le premier de l’École des Mines.

1865. Attaché au service provisoire de la Carte géologique détaillée.

1867. Secrétaire de la réunion extraordinaire de la Société géologique de France, tenue à Paris, sous la présidence de d’Omalius d’Halloy, à l’occasion de l’Exposition universelle.

1868. Élu secrétaire de la Société géologique. — Décoré de l’ordre des saints Maurice et Lazare pour sa participation aux travaux des commissions

de l’Exposition. - Attaché définitivement au service de la Carte géologique.

1874. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur.

1875. Autorisé à accepter la chaire de Géologie et de Minéralogie à la Faculté libre des Sciences de l’Université catholique de Paris.

1877. Membre des comités d’admission et d’installation de la classe 8 (enseignement supérieur) à l’Exposition universelle de 1878.

1878. Médaille à l’Exposition, en commun avec MM. Larousse et Potier, pour l’exploration géologique sous-màrine du Pas-de-Calais.

1880. Président de la Société géologique de France. Chargé du Rapport d’ensemble à l’occasion du cinquantenaire de cette Société.

1883. Président du comité français de nomenclature stratigraphique, en vue du Congrès géologique de Berlin.

1884. Docteur honoris causa de l’Universilé de Louvain.

1885. Président de la Société française de Minéralogie. — Lauréat (lu prix Delesse, à l’Académie des Sciences. — Nommé, au Congrès de Berlin, représentant de la France dans la commission internationale de nomenclature géologique.

1887. Élu correspondant étranger de la Société géologique de Londres.

1888. Vice-président de la Société de Géographie. — Élu, au Congrès géologique de Londres, vice-président de la session. — Membre du comité d’admission de la classe 8 à l’Exposition universelle.

1889. Président de la réunion extraordinaire de la Société géologique de France, tenue à Paris à l’occasion de l’Exposition universelle.

TRAVAUX STRATIGRAPHIQUES.

Tyrol méridional.

Le premier travail géologique de M. de Lapparent a été publié en i865, dans le tome VI de la 6 e série des Annales des Mines. C’est un Mémoire sur la constitution géologique du Tyrol méridional, rédigé à la suite du voyage d’instruction que l’auteur avait exécuté, en i863, en qualité d’élève-ingénieur de troisième année.

Cette région de la vallée de Fassa, qui depuis Léopold de Buch a constamment attiré l’attention des géologues, avait été en 1860 l’objet d’un important mémoire de M. le baron de Richthofen. Cependant ce travail n’épuisait pas la question, et M. de Lapparent trouva encore, aux environs de Predazzo, de nouveaux sujets d’étude.

Tout d’abord il eut l’occasion de préciser, plus étroitement qu’on ne l’avait encore fait, les caractères de la roche granitoîde du Monzoni (pour laquelle il proposa le nom de monzonite). Il montra que l’absence du quartz, l’abondance, jusque-là méconnue, du fer oxydulé et celle du feldspath plagioclase, faisaient de la monzonite un type relativement basique, en l’éloignant des granités syénitiques, dont l’avait rapprochée M. de Cotta. Mais surtout l’auteur s’est appliqué à définir les circonstances du contact de la roche éruptive avec le calcaire triasique. Il a mis hors de doute l’existence, parfois encore contestée à cette époque, de filons de la monzonite dans le calcaire, et précisé la nature du métamorphisme exercé sur ce dernier. Contrairement aux vues ultraplutoniennes de M. de Richthofen, l’action des phénomènes chimiques de la voie humide lui a paru absolument prépondérante, se traduisant, dans la zone de contact, par le développement de divers silicates où les éléments de la monzonite et ceux de la roche encaissante sont associés.

En même temps, l’auteur du Mémoire a insisté, avec une

force particu-

lière, sur les raisons qui doivent faire considérer les curieuses dolomies de la région comme le résultat d’une transformation latérale des calcaires triasiques.

Pays de Bray.

En 1867, M. de Lapparent, attaché depuis deux ans, sous la direction : d’Élie de Beaumont, au service provisoire de la Carte géologique détaillée, publiait, dans le Tome XXIV de la 2' série du Bulletin de la Société géologique de France, une première Note sur la géologie du pays de Bray. Appelé à suivre, lors de leur exécution, les travaux de la voie ferrée de Rouen à Amiens, il avait été en mesure de relever avec soin cette coupe si intéressante, où, pour la première fois, on pouvait étudier d’une manière continue la succession, alors mal connue, des formations argileuses et sableuses qui portent les bois et les herbages du Bray. O11 savait depuis longtemps que cette région, si différente par son aspect et son relief des pays crayeux qui l’enserrent, représentait une véritable boutonnière, ouverte par un effort de soulèvement à travers le plateau de craie, en sorte que, sur ses bords, affleurait toute la sérié des formations comprises entre la craie blanche inférieure et les lumachelles de l’étage kimméridien. Mais, si remarquables qu’eussent été les travaux antérieurs, notamment ceux d’Élie de Beaumont, de Graves et de Passy, il restait encore, faute de coupes naturelles et de carrières importantes, bien des incertitudes à l’égard de ce pays dépourvu de roches dures, et où le sous-sol se montrait si rarement à découvert. Un chemin de fer transversal, comme celui de Rouen à Amiens, pouvait seul éclaircir les points restés obscurs. Encore fallait-il se presser, la nature ébouleuse des tranchées exigeant presque partout un revêtement immédiat; si bien que l’explorateur du Bray en fut souvent réduit à saluer, comme une bonne fortune, des accidents survenus à la suite de fortes pluies, qui provoquaient l’éboulement partiel d’une paroi déjà gazonuég, permettant de revoir un instant une superposition qui avait été incomplètement

C’est ainsi que l’auteur de la Note put, non seulement faire connaître les caractères géologiques et paléontologiques de la série sédimentaire du Bray, en particulier des assises portlandiennes, qui préparent le faciès du bas Boulonnais; révéler l’existence, au sommet du gault, d’une gaize presque identique avec celle de l’Argonne, mais encore déterminer l’allure de la grande dislocation rectiligne, tantôt pli, tantôt faille, qui termine au nordest le bombement de la contrée.

Depuis la publication de sa première Note, M. de Lapparent est revenu, à maintes reprises, dans cette région si instructive. C’est lui qui a été chargé d’en faire le relevé géologique détaillé, pour les feuilles de Beauvais, de Rouen et de Neufchâtel, en profitant de la construction des lignes ferrées de Beauvais à Gournay, ainsi que de Gournay à Dieppe, dont l’exécution a suivi celle du chemin de Rouen à Amiens. En même temps, il recueillait les éléments d’une description, dont la première partie a été publiée en 1873, à titre de spécimen type des Mémoires pour servir à l’explication de la Carte géologique détaillée de la France. Cependant ce n’est qu’en 1879 que ce travail, portant pour titre le Pays de Bray, a reçu son complé- • ment ainsi que sa forme définitive, en devenant un Mémoire in-4°, avec carte géologique d’ensemble, au 320000 e , planches gravées et dessins dans le texte.

L’auteur y a donné des soins tout particuliers à la description physique de la contrée, S’inspirant des exemples qu’avait laissés son illustre maître dans VExplication de la Carte de France, notamment du beau chapitre sur les Vosges, il a cherché à pousser aussi loin que possible l’analyse de la topographie du Bray, afin de préparer le lecteur, en lui apprenant en quelque sorte à lire le paysage, aux déductions géologiques qui doivent donner la clef de ce mode spécial de relief. Mais ce qui constitue proprement la partie la plus originale de l’œuvre, c’est l’étude géométrique du bombement. L’auteur avait résolu de faire, en cette circonstance, de la stratigraphie de précision. Il n’avait pour cela qu’un moyen : c’était de choisir, entre deux formations, une couche mince, mieux définie que les autres, et de s’efforcer d’en représenter l’allure à l’aide de courbes de niveau, qui en feraient ressortir du premier coup d’œil les saillies et les dépressions.

La tâche eût été relativement facile, s’il avait existé pour la contrée des cartes hypsométriques à grande échelle, comme celles dont sont dotés les pays voisins, par exemple la Belgique. Malheureusement l’auteur n’avait à sa disposition que la Carte d’État-Major, incomplète et défectueuse à beaucoup d’égards, où presque toutes les routes nouvelles, ajoutées après coup, avaient été tracées de façon inexacte, et où les cotes d’altitude, très clairsemées, n’offraient pas des garanties suffisantes. Il entreprit de remédier lui-même aux défauts de la carte, à l’aide de cheminements à la boussole, parfois au sextant de poche. Quand il eut ainsi rectifie la position des routes, l’ambition lui vint d’y joindre un nivellement général, exécuté au moyen d’un petit niveau d’eau à main qui permettait (à la condition de n’opérer qu’à la montée) de se passer d’une mire et d’un aide, dont l’em-

ploi, dans cè pays de propriété très divisée, eût amené mille difficultés.

Ce fut l’œuvre de nombreuses et fatigantes journées, que cei nivellement de tous les chemins et sehtierb, dans une région longue d’une centaine de kilomètres, avec une largeur qui, par endroits, en dépasse quinze. Du moins l’Opération, toujours appuyée sur les voies ferrées, donna-t-elle des résultats presque inespérés comme précision. En même temps, par les sujétions qu’elle imposait, en obligeant dépasser partout, elle permettait de ne laisser inaperçue aucune circonstance géologique, si minime qu’elle fût.

De cette minutieuse exploration, M. de Lapparent finit par tirer les éléments de deux planches, où furent représentées, en courbes<de niveau, la base de la craie glauconieuse et la surface supérieure de l’argile bleue dite* portlandienne. Ces deux formations avaient été déterminées directement dans tous les points où elles affleuraient. Là où, par suite de l’érosion, elles faisaient défaut, on les avait restituées en tenant compte, d’après les données les plus proches, de l’épaisseur du massif qui les eût séparées d’une couche inférieure réellement observée. L’alluré de ces courbes révéla diverses circonstances très caractéristiques qui, avec un autre mode de procéder, eussent complètement échappé à l’observation.

La détermination si délicate de l 'âge du soulèvement avait été abordée par l’auteur, dès 1872, dans deux Notes insérées, l’une aux Comptes rendus , l’autre au Bulletin de la Société géologique de France. On y faisait voir que la dislocation terminale du Bray s’était produite après le dépôt du calcaire grossier supérieur,, qu’elle avait très nettement dérangé de l’horizontalité. On y montrait aussi que la vallée, de la Seine représentait une ligne d’àCGidents alignés parallèlement au Bray, dont elle formait en quelque sorte la contre-partie atténuée; de telle manière que les deux dislocations ensemble limitaient un même voussoir soulevé de l’écorce terrestre. Plus tard, M. de Lapparent fut conduit à admettre que le principal effort de ridement avait dû se produire entre la formation du lac de Saint-Ouen et celle des dépôts gypseux, sans méconnaître pour cela la possibilité de mouvements, les uns préparatoires, de date plus ancienne, les autres, postérieurs, simples échos du passé. Car l’expérience l’a de plus en plus confirmé dans cette idée, que les mouvements de l’écorce terrestre sont de longue haleine et peuvent se poursuivre à travers plusieurs périodes successives.

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observations diverses sur le bassin de Paris.

A diverses.reprises, l’accomplissement de ses fonctions d’attaché au service de la Carte géologique a fourni à M. de Lapparent l’occasion de signaler des faits stratigraphiques nouveaux. C’est ainsi qu’en 1868 il définissait quelques gisements du crétacé inférieur, reconnus par lui sur la bordure septentrionale du bassin de Paris ('), et qu’en 1871 il insistait sur le développement que prennent, dans le Laonnois, sur le bord extrême du bassin ( s ), les sables représentatifs de l ’argile plastique. A cette occasion, il affirmait à nouveau, contre des autorités respectées, la place qu’occupent les sables de Ritty au-dessus et non au-dessous de l’horizon de la glauconie inférieure, place qui avait fait antérieurement l’objet d’une longue discussion, qu’on peut aujourd’hui considérer comme close.

Mais l’observation la plus intéressante à laquelle il ait été conduit est celle qui concerne les lambeaux de sables éocènes dans le Vermandois et le Cambrésis (.“). Il arrive parfois qu’au milieu de ces plaines monotones, toutes de craie et de limon, on se trouve en présence d’une carrière de sable blanc, entouré de craie de tous côtés, et présentant néanmoins tous les caractères des sables supérieurs de l’argile plastique, bien que ce sable occupe un niveau très inférieur à celui de la glauconie suessonienne qui couronne les hauteurs. Ces dépôts de sables n’étaient pas inconnus; mais personne n’avait songé à en suspecter l’allure et on admettait qu’ils avaient du se former tels quels. M. de Lapparent finit par en trouver un, à La Terrière, au milieu duquel des couches minces d’une argile ligniteuse étaient ployées en forme de V assez aigu. 11 en vit d’autres, où, sur les bords de la poche, des bancs inclinés de glauconie suessonienne marine se laissaient encore voir entre le sable et la craie. Il acquit ainsi la preuve que ces gisements résultaient d 'effondrements, par suite desquels une couverture autrefois continue de dépôts éocènes horizontaux s’était, par places, abimée dans des poches de la craie sous-jacente, poches créées sans nul doute par l’élargissement de fissures préexistantes. De cette manière, quelques amas se sont trouvés préservés, par leur chute, de la destruction qui atteignait

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plets, il avait cru devoir attribuer la sortie do ces roches à l’époque permienne. Depuis, un voyage dans l’ile (') l’a convaincu que ces épanchements étaient bien, comme l’avaient soupçonné les géologues anglais, d’âge cambrien inférieur. 11 a reconnu de plus leur intime liaison avec des brèches et des tufs dont la constitution pétrographique est du plus haut intérêt.

Exploration géologique sous-marine du pas de Calais.

L’exploration sous-marine du détroit du pas de Calais constitue la phase la plus originale et la plus personnelle de la carrière géologique de M. de Lapparent.

A la suite de l’Exposition universelle de 1867, un comité anglo-français avait soumis au Gouvernement .un projet de tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre. L’examen de ce projet fut confié, en 1869, à une Commission spéciale, dont M. de Lapparent fut nommé secrétaire et rapporteur. Plus tard la question revint à deux reprises devant la même Commission; mais elle ne prit une tournure décisive qu’en 1874, époque où le Gouvernement fut saisi d’une demande régulière de concession éventuelle. Disposée à accorder cette faveur, la Commission sentait la nécessité de la subordonnér à l’exécution de certains travaux préalables, propres à édifier sur la possibilité de l’entreprise. On était d'accord que cette dernière ne serait praticable que si le percement pouvait être constamment maintenu dans la couche du cénomanien dite craie grise, assez tendre pour se laisser facilement entamer, assez imperméable pour ne pas livrer passage aux eaux. Mais cette couche existait-elle partout? Ne subissait-elle pas des interruptions ou des coudes trop brusques? C’est ce qu’il importait d’éclaircir. Or, à cet égard, ni les commissaires, ni les demandeurs ne réussissaient à formuler un plan acceptable, en dehors du fonçage d’un puits sur la côte, pour en faire le point de départ d’une galerie sous-marine d’essai, et de la continuation des coups de sonde, par lesquels Sir John Hawkshaw avait démontré que, selon toute vraisemblance, les mêmes assises géologiques, concordantes d’ailleurs sur les falaises des deux rives, devaient se poursuivre sous le détroit.

Dans cette perplexité, M. de Lapparent eut l’idée de combiner la reprise systématique des sondages en mer avec un relevé hydrographique de préci-

sion. II fit remarquer que les bandes d’affleurement des couches n’étaient autre chose que les traces de l’intersection de ces dernières avec une surface topographique facile à définir, à savoir la surface du fond de la mer.

Or, pour toute personne tant soit peu familière avec la géométrie, 1 intersection de deux surfaces, dont l’une est parfaitement connue, renseigne immédiatement, par son allure, sur la nature de la seconde. Donc, une fois que la topographie du fond de la mer aurait été bien définie, à supposer que le tube vissé au bout du plomb de sonde eût rapporté un nombre d’échantillons suffisant pour rendre possible la détermination des couches et, par suite, le tracé de leurs lignes d’affleurement, l’allure de ces dernières, par leurs inflexions plus ou moins brusques, permettrait de reconnaître, du premier coup d’œil, s’il y avait des plis ou des failles, et même d’en mesurer l’amplitude.

Ayant été précédemment attaché à l’exploration géologique détaillée du bas Boulonnais, le secrétaire de la Commission avait appris à connaître, à la base de la falaise du cap Blanc-Nez, la mince couche de craie, piquetée de grains verts, dite craie glauconieuse, qui partout sépare l’argile bleue du gaull des marnes crayeuses cénomaniennes. Il savait qu’une fois, lors des quelques coups de sonde donnés par Sir J. Hawkshaw, un échantillon de cette craie piquetée avait été ramené au jour et il suffisait que cette bonne chance se répétât sur plusieurs lignes parallèles à la côte, pour qu’on en pût déduire un tracé précis; d’ailleurs la différence de nature des argiles du gault et des marnes crayeuses était assez sensible pour que, même en l’absence d’un échantillon de craie glauconieuse, le parcours de cette assise pût être indiqué approximativement, entre deux coups de sonde ayant ramené, l’un de l’argile.

Immédiatement accueillie parles intéressés, cette idée, que M. deLapparent développa dans son Rapport, inséré aux Annales des Ponts et Chaussées et accepté sans réserve par M. de Franqueville, servit de base à la rédaction du projet de concession. Alors, pendant que le gouvernement français envoyait 1 auteur du Rapport négocier en Angleterre, en compagnie de MM. Kleitz et Gavard, les bases d’une entente avec les commissaires britanniques du Board of trade et du Foreign Office , la Compagnie lui demanda de se charger de la conduite des opérations, en lui laissant le choix des géologues qu il lui conviendrait de s’adjoindre comme collaborateurs. C’est ainsi qu'il fut fait appel au concours de M. Potier, tandis que la Compagnie désignait M. Larousse pour la direction du travail hydrographique, si important puisque tout reposait sur la connaissance exacte de la place sur laquelle

porteraient les coups de sonde, ainsi que la profondeur afférente à chacun d'eux.

M. de Lapparent s’est souvent plu à proclamer la part si utile, et vraiment prépondérante, que son éminent collègue et ami M. Potier a prise au travail d’interpretation du résultat des sondages, travail dont lui-même avait plus d’une fois suivi l’exécution, à bord des bâtiments frétés par la Compagnie, pendant les étés de 1875 et de 1876. Mais il n’en revendique que plus nettement la paternité de l’idée, grâce à laquelle la géologie, en intervenant à peu de frais, et d’une façon décisive, au début d’une entreprise dont l’issue inspirait de grands doutes, a remporté, il est permis de le dire, un succès exceptionnel, par la preuve qu’elle a fournie de la sûreté de ses méthodes.

Le Rapport de MM. Larousse, Potier et de Lapparent a été publié par l’Association française du tunnel sous-marin, avec un ensemble de cartes, de coupes et de plans-reliefs qui ont figuré aux Expositions universelles de 1878 et de . 1889. On rappellera seulement ici que, sur sept mille coups de sonde, près de trois mille avaient rapporté des échantillons déterminables du fond. Ainsi le tracé des lignes a pu être établi sur des données certaines, alors qu’au début de l’opération l’entreprise paraissait si aléatoire aux concessionnaires que, sans l’insistance formelle de M. de Lapparent, ils eussent demandé à laisser de côté cette partie de leur programme.

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