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CHAPITRE II

RECHERCHES SUR LE MÉCANISME DES MALADIES INFECTIEUSES ROLE DES SÉCRÉTIONS MICROBIENNES

Une fois renseigné sur les microbe», sur leurs variations de forme el de fonctions, sur leur nutrition et leurs sécrétions, sur le rôle des causes secondes (surmenage, intoxication, tare organique, hérédité, modifications du terrain, etc.), on se trouve préparé à l’étude des problèmes relatifs au mécanisme de la maladie ou de la vaccination, problèmes fondamentaux qui, 1 un et l’autre, ont longtemps retenu l’attention des chercheurs.

Il est bien certain qu’inoculer une bactérie et constater le développement dos accidents ne fournit point à la curiosité de l’esprit une suffisante satisfaction : il importe de préciser les processus mis en jeu par cette bactérie pour créer les sgmptâmes, les adultérations kumorala, les lésions.

Historique : premiers essais. — On pensa d’abord, avec Pasteur, que les germes agissent en consommant l’oxygène; mais cette hypothèse, incapable d’expliquer les désordres initiaux, ne saurait s’appliquer aux agents anaérobies qui n’usent que fort peu de ce gaz. — Toussaint accusa les obstructions vasculaires, obstructions vraies dans quelques infections seulement et ne survenant, d’ailleurs, le plus souvent qu’à la fin ; plus tard, cet auteur imagina, sans en apporter la démonstration, la théorie de la matière phlogogène. — Pasteur donna une première preuve en remarquant que, si la poule, qui a reçu le germe du choléra des oiseaux, présente entre autres phénomènes de la somnolence, cette poule offre la même somnolence quand on lui injecte la culture stérilisée de ce germe : de là cette idée que ce germe fait naître le symptôme en question à l’aide des principes renfermés dans sa culture. — On objecta la banalité, la fréquence de ce signe, son apparition dans les circonstances les plus diverses, en se servant de substances qui n’ont rien de commun avec ce microbe, etc.

Reproduction des accidents morbides à l’aide des toxines. — Après quelques hésitations tenant en partie au peu d’action de la pyocyanine cristallisée ('), je crois avoir levé tous les doutes en établissant la possibilité de faire apparaître l’accident le pim typique {') et, d’autre part, l’ensemble des troubles morbides qui constituent la maladie pyocyanique, soit en inoculant le bacille, soit en injectant ses produits soltéles (1887).

A partir de ce moment, et durant de nombreuses années, je me suis appliqué à reproduire en premier heu les symptômes, en second heu les moiijicatioM humorales, en troisième lieu les Usions des maladies infectieuses.

Symptômes reproduits par ies toxines. — Je place en tête la paralysie pyocyanique, paraplégie spasmodique accompagnée de rétention d’urine, d’atrophie musculaire, d exaceration des reflexes. d’arthropathies (’), parce qu’elle se rencontre exclusivement dans cette affection et que par suite elle suffit à la démonstration. J’ai, néanmoins, étendu cette démonstration à l’accident peut-être le plus frappant, le plus fréquent, à la fièvre {'), ne me bornant pas aux oscillations du thermomètre, mais utilisant le caîorimêîre('),'reproduisant aussi les modifications urinaires ou nutritives de celte fièvre d’origine bactérienne (*). — L’injection de ces to.xines, tout comme l’inoculation du microbe, m’a encore permis de réaliser les flux intestinaux, Y albuminurie, les changements dans la teneur des urines, (urée et phosphore en plus; chlore en moins), dans la composition des humeurs et des sécrétions au cours de l’infection expérimentale ('); de même, j’ai fait naître une série de modifications cardiaques {'), etc.

Modifications chimiques dues aux toxines. — Aux changements survenus dans l’abondance ou la composition des liquides intestinaux ou uri-

t. Maladie pjocyanique. Son mécanisme. Soc. Biol., 21 nov. 1885.

2. Paralysie expérimentale par les produits solubles des cultures. Soc. Biol., 3 mars 1888.

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