‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 15 sur 47 · ÉTUDE DES CONDITIONS DE L’IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES CONDITIONS DE L’IMMUNITÉ

VACCINATION PAR LES PRODUITS SOLUBLES — MODIFICATIONS DES HUMEURS. DU SÉRUM

Le problème de l’immunilé, des vaccinalions, a, dès le début des études microbiennes, passionné les chercheurs; déjà on saisissait l’immense portée théorique et pratique de la question.

État de la question. — En 1880, Pasteur, pour expliquer l’immunité acquise, avait formulé deux hypothèses : ou bien, pendant la première maladie guérie, le microbe a supprimé, dans le corps, quelques éléments indispensables à l’évolution des bactéries, éléments que la vio ne ramène pas; ou bien ce microbe a laissé des sécrétions nuisibles à son développement. — Pasteur pencha d’abord pour la première hypothèse {théorie de l’épuisement), Chauveau pour la seconde [théorie de l’addition).

Essais. — Toussaint crut vacciner en injectant le sang charbonneux chauffé à 58°, c’est-à-dire ne contenant plus (pensait 'Poussaint) que des produits solubles. — On fit observer qu’à cette température, des bactéries, les spores surtout résistent habituellement.

Chauveau avait remarqué que les agneaux nés de femelles charbonneuses sont réfractaires et comme, à cette époque, le placenta passait pour retenir tous les germes, il concluait que cet état réfractaire ne pouvait être dû qu’aux composés solubles bactéridiens venus au travers de ce placenta. — Toutefois, Straus et Chamberland, Perroncito prouvèrent que le placenta se laisse franchir par les microbes; ce passage est plus facile quand le placenta est altéré, et les altérations sont fréquentes dans les infections.

Néanmoins, bien qu’elle n’ait pas les allures d’une démonstration directe, pour nous cette conception comporte tout au moins une large part de vérité, attendu

que, d’après Chauveau, ce passage dans ces conditions est rare, tandis que la vaccination est fréquente.

Quoiqu’il en soit, les critiques imposaient leurs conclusions et pendant sept ans la question demeura stationnaire. — Wookidge parvint pourtant à accroître la résistance au charbon à l’aide de l’extrait de thymus; mais cette expérience, que nul n’a répétée avec un plein succès, ne comporte pas de substances microbiennes qui à l’époque, du reste, n’étaient pas isolées même grossièrement.

En 1887, Pasteur, sans cependant apporter de preuve, adopte la théorie de l’addition. Huit mois après, Salmon et Smith pensèrent fournir un début de démonstration, en vaccinant le pigeon à l’aide des cultures du choléra des porcs portées à 60". — On a objecté que cette température est à peu près celle des essais de Toussaint; les auteurs, il est vrai, ont cru répondre à l’avance, en prouvant que les liquides utilisés, semés dans des bouillons-, ne donnent rien. Mais, pour admettre cette preuve, au premier abord sans réplique, il faut ne pas tenir compte de l’expérience de Maximovitch établissant qu’une bactérie atténuée à la limite peut devenir incapable de se développer dans les milieux inertes, alors que mise sous la peau elle tue l’animal. — 11 y a plus. — Avec ce virus actif chez le porc, ces auteurs, à cette époque, ont vacciné non pas le porc, mais le pigeon, qui de leur propre aveu est presque toujours naturellement réfractaire. Ce sont sans doute ces considérations qui ont fait dire à M. Duclaux a qu’il ny avait dam cet ensemble de faits, si intéressants qu’ils fussent, rien qui fût capable d’entraîner la conviction ».

Vaccination par les . produits solubles. — Dans son Rapport sur le prix Chaussier('), faisant allusion à ce problème, M. Bouchard a bien voulu rappeler que, le 24 octobre 1887, je publiai : « ... la preuve décisive et définitive, dont je lavais rendu témoin dès le mots de mars ». ,

Dans celte Note(’) intitulée « Sur les procédés capables d’augmenter la résistance de l’organisme à l’action des microbes », titre ne comportant pas à dessein d’expression abstraite (immunité, vaccination, etc.), source de discussion, j’établis d’abord la virulence du Bacille pyocyanique, tuant rapidement à la dose de 1/2 ou 1/4 centimètre cube des animaux dont les tissus se remplissent de bacilles ; j’indique les symptômes que de minimes quantités de culture, telles que celles qu’on t. Acarf. Sc., 23 déc. 1900.

Page 1