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EXPÉRIENCES DE PHYSIOLOGIE NORMALE ET DE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Il est assez diflicile de dresser une indiseutable limite entre ces deux physiologies normale et pathologique, d’autant que la notion des bactéries évoque, en général, l’idée d’un processus pathologique; or, chaque jour, en dehors des maladies, les bactéries, qui fonctionnent à la surface de nos revêtements cutanés ou muqueux, donnent naissance à des produits capables d’impressionner les divers appareils.

L’eau de l’intestin. — En établissant une série de segments intestinaux, compris chacun entre deux ligatures, j’ai remarqué, au bout de vingt-quatre heures, que les segments situés dans la première portion sont distendus par du liquide issu de la muqueuse, liquide qui s’ajoute à celui que fournissent les canaux hépatique ou pancréatique ; par contre, les divisions qui appartiennent à la fin de l’iléon ne contiennent que des proportions relativement minimes. — En somme cette eau, abondante dans les zones où s’opèrent une foule d’actes chimiques, de dilutions, d'hydratations, etc., est indispensable à la réalisation de ces opérations; inversement son absence dans le territoire de l’absorption favorise cette absorption que la dilution des éléments rendrait plus lente (').

Action des sucs digestifs sur les toxines. — J’ai montré qu’on peut ingérer de grandes quantités de toxines, alors que la moindre dose introduite sous la peau ou dans le sang tue promptement (’). — Après .avoir prouvé que les difficultés de l’absorption constituent une protection, mais une protection insuffisante, je me

t. Soc. Biol., A mars 1899.

2. Portes d’entrée et d’origine; défense de l’organisme; diarrhée d’origine centrale. Soc. Biol.,

suis appliqué à rechercher les caum de cette innocuité. — Avec Lefèvre, puis avec Levadili, j’ai reconnu que les sucs digestifs atténuent ces foisons f). — Nencki, Sieber, Schoumow-Simanovsky ont confirmé et étendu ces résultats.

Plus récemment, j’ai fait agir avec succès, sur des toxines, du suc gastrique naturel de carnivore et d'herbivore (chien, chèvre) ; puis j’ai mis en lumière la part qui revient à l’acide chlorhydrique, à l’aide de solutions obligeamment préparées et lilrées dans le laboratoire de M. Berthelot.

Fonctions actives de la muqueuse intestinale dans la défense de l’organisme. — En dehors de l’action protectrice des sucs glandulaires (voir ci-dessus), j’ai étudié, à ce point de vue de la défense, l’influence des bactéries elles-mêmes (voir p. 35), aussi bien que celle de la muqueuse de l’intestin, véritable glande étalée (’). — Ces divers modes de protection s’exercent également contre les dmstases elles-mêmes, en particulier contre la pancréatine, substances très nuisibles quand on les dépose directement dans, le sang ou sous la peau (‘). — Tout en nous éclairant théoriquement, ces expériences révèlent les inconvénients des tares intestinales et la nécessité de maintenir l’intégrité du tube digestif. Voie suivie par la plupart des agents morbifiques.

Action anti-toxique du tissu des capsules surrénales. — L’extrait de ces capsules, comparé à celui des autres tissus, m’a paru aussi actif que celui du

1. Action de la pepsine sur la to-vine diphtérique. Soc. Biol., 31 et 30 juillet 1807 et 1898. — Action du pancréas sur la toxine diphtérique. Arch. Phys., juillet 1896.

2. Soc. Biol., 21 décembre 189.'). — Bev. génér. des Sc., 50 avril 1895.

5. Défense de l'organisme contre les propriétés morbifiques des sécrétions glandulaires. Soc. Biol., 27 janvier 1900. — J'ai longuement développé toutes ces questions des défenses naturelles de l'organisme dans mes leçons du Collège de France (Chaire de Médecine). L'expérimentation et l’observation m'ont permis de préciser ces défenses anatomiques, chimiques ou nerveuses, dirigées contre les divers agents morbifiques, physiques, mécaniques, toxiques, infectieux. — Après avoir

lence des germes ou l'activité des poisons et par contre d'accroitre la résistance de nos cellules, j’ai fait voir comment ces défenses sont groupées au niveau des portes d'entrée habituelles des agents morbifiques, porles d'entrée digestive, respiratoire, génitale, cutanée. — J'ai poursuivi ces études en établissant expérimentalement que si les germes des maladies franchissent ces deux premières lignes de protection (agents exiérieursi portes d’enirée), ils se heurtent à une troisième ligne (milieux clos). J'ai alors exposé le rôle des différents appareils, des glandes externes ou internes, des organes anti-toxiques ou ètiminateurs, des humeurs bactéricides, des réactions nerveuses, etc.

foie agissant sur la nicotine (‘). — Ces faits pei'mellent de ranger les capsules surrénales dans la catégorie des organes chargés do la défense de l’économie.

Influence du titre isotonique ou anisotonique des solutions minérales sur l’activité des toxines dissoutes dans ces soiutions. —

En prouvant que le défaut d’isotonie aggrave les effets des toxines (’), j’ai mis en lumière une donnée théorique susceptible d’applications pratiques faciles à saisir, puisque dans quelque mesure nous pouvons modifier ce défaut d’isotonie.

Élévations thermiques d’origine cellulaire. — La cellule microbienne n’est,pas senle à produire, comme je l’ai vu, des principes propres à faire mmUer le thermomètre-, l’expérience m’a permis de montrer que nos cellules agissent de même. Ce résultat est de nature à élucider la genèse des fièvres aseptiques{*).

Action de la bile et de l’urine sur la thermogénèse. — Grâce à la calorimétrie j’ai mis en évidence l’influence dépressive de ces liquides; en dehors de l’intérêt théorique de cette donnée, cette influence nous explique la fréquence de l’hypothermie des malades intoxiqués par ces sécrétions (*). (Voir fig. 16 et 17.)

Action du mucus sur l’organisme. — Récemment j’ai découvert que le mucus (mucine isolee ou associée à une nucléo-albumine), dilué, filtré et injecté dans le sang, tue 1 kilogramme de matière vivante à la dose de 12 à 45 centigrammes. — J’ai reconnu que le principe nuisible dérive soit des cellules de l’économie, soit des bactéries-, il provoque la coagulation, peut devenir une source jusque-là méconnue de thromboses ou à’embolies, d’autant que normalement très répandu dans l’économie ce mucus fabriqué par deux sortes de cellules, organiques et microbiennes, augmente encore au cours d’une foule de maladies(‘).

t. Soc. Biol., 19 mai 1894.

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