ÉTUDES RELATIVES A LA PATHOLOGIE GÉNÉRALE INFECTIEUSE
PREMIER PARAGRAPHE. — Bactériologie. — Microbes. — Toxines.
Microbes.
Note relative à la baotériologie du lait. Soc. Biol., 2 février 1895.
J’ai prouvé qu'en dépit des soins de propreté il n’est pas rare de rencontrer, dans te lait, me série de germes, surtout des staphylocoques. — Incapables de se montrer pathogènes dans les conditions habituelles, ces microbes deviennent virulents dans des circonstances variées (suppuration du sein, entérites des nourrissons, etc.), propres à exalter leur activité ou à déprécier la résistance de l’économie.
Concurrence vitale entre le bacille pyocyanique et la levure de bière, avec M. c'AnsonvAL.
Soc. Biol, 21 janvier et 25 mars 1893.
Des expériences multipliées nous ont permis de montrer qu’à l’aide du bacille pyocyanique on parvient à empêcher la fermentation de la levure; toutefois, la présence même de ce bacille est en général nécessaire ; ses toxines agissent d’une manière insuffisante. On met ainsi en évidence, dans.des conditions aussipeu complexes que possible, les conséquences de la lutte de deux êtres vivants.
Atténuation de la bactéridie charbonneuse par des principes micrcbiens. — Origine de
ces principes, avec M. J. Courmost. Soc. Biol, Il mars 1895.
Nous avons réussi à montrer que cette atténuation s’obtient en partie à l’aide des toxines que les bactéries fabriquent dans l’économie malade. — Ces expériences doivent être rapprochées des recherches poursuivies in vitro avec M. Guignard (Voir page 13) ; elles permettent de concevoir, dans quelque mesure, le mécanisme des résultats heureux enregistrés, à la suite de l’inoculation du bacille du pus bleu en vue de guérir le charbon.
Diffusion des microbes dans l'organisme. Soc. Biol, 17 décembre 1892.
Une série de recherches m’ont amené à suivre la marche des germes dam l’économie, à les voir partir de l’intestin, se généraliser plus ou moins vite suivant le genre de mort, suivant l’état de la muqueuse digestive, ou la résistance des tissus affaiblie par l’intoxication.
De ces faits dérivent d’intéressantes considérations relatives au développement des infections secondaires ou de la putréfaction.
Microbes dans les oreillons, avec M. Cihtan. Soc. Biol, 28 mai, 5 décembre 1881.
Au cours d’une épidémie d’oreillom, sévissant à l’École Polytechnique, nous avons aperçu, dans les humeurs (salive, parfois sang), un microbe que nous avons pu cultiver; toutefois, impuissants <à reproduire la maladie, nous n’avons formulé aucune conclusion relativement au rôle de ce germe. — Dans la suite. Bordas, Laveran, etc., ont également reconnu, chez ces malades, l’existence de bactéries.
Microbes dans la gangrène gazeuse. Soc. Anal, 50 mai 1884.
J ai décrit les variétés de forme que revêt cet agent pathogène, suivant les zones de l’organisme ou les viscères au niveau desquels on examine ce parasite. — Ces variations prouvent la diversité des milieux constitués par les organes de l’économie, sortes de bouillons de culture juxtaposés.
Porte d’entrée et texines. Soc. Biol, 13 juillet 1895.
Les travaux de l’École de Chauveau ont mis en lumière le rôle de la porte d’entrée en matière de virulence. — Après avoir contribué à établir l’influence de cette porte d’entrée, quand il s’agit de bactéries vivantes, je me suis appliqué à dégager l’importance de la voie de pénétration en matière de toxines-, j’ai reconnu que, très actives dans le sang, les sécrétions du Bacille pyocyanique sont sans effet, St on les ingère.
Ces énormes différences tiennent à ce que, suivant les zones, l'organisme possède des moyens d’action variables pim ou moins propres à atténuer la virulence d’un germe ou la toxicité de ses poisons.
La décoloration atténue la toxicité des toxines. Ass. franç. p. l'avanc. Sc. ; Besançon, 1895.
On sait que la décoloration sur le charbon atténue la toxicité de l’urine, de la bile, etc., produits de nos propres cellules. — J’ai réussi à montrer que cette décoloration agit aussi sur les toxines, sécrétions de la cellule microbienne. — Grâce à ce procédé, nous avons même pu, M. d’Arsonval et moi (Soc. Biol., 10 mars 1894), mettre en évidence l’existence, dans une culture donnée, de principes antagonistes.
Action des substances microbiennes sur les appareils nerveux vaso-dilatatenrs chez les animaux vaccinés {accoutumance), avec M. Gley. Soc. Biol., 25 novembre 1893.
Des expériences poursuivies avec M. Gamaléïa m’ont permis d’établir que certaines immunités, à l'inverse des états réfractaires de la diphtérie ou du tétanos, ne consistent pas dans le défaut d’action des toxines; une même dose provoque la mort des animaux sains ou des vaccinés. — Pour répondre à des objections possibles soutenant que tel appareil ou tel groupe de cellules peuvent être insensibles, nous avons étudié l’influence des toxines sur le système vaso-
moteur des sujets normaux ou immunisés, et nous avons reconnu que, pour modifier les vaso-moteurs, pour paralyser les centres dilatateurs, il faut injecter, chez les uns et les autres, les mêmes proportions.
Les leucocytes des vaccinés et des non vaccinés en présence des toxines. Voir Vaccination et Accoutumance. Soc. Biol., 24 mai 1890.
De même, les leucocytes de ces deux groupes d’animaux, soumis à l’action de ces toxines, n’offrent pas de différence : au point de vue des conceptions théoriques, ces expériences ont une portée facile à saisir.