‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 44 sur 47 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

MÉDECINE EXPÉRIMENTALE - ANATOMIE PATHOLOGIQUE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE — HÉRÉDITÉ

Effets de l'inoculation du Türion septique chez le chien, avec M. Roger. Soc. Biol.,

25 juin 1887.

Chez cet animal, le vibrion septique borne habituellement son action a une lésion locale; cette localisation, le plus souvent indice de résistance, suffit, comme le prouve la recherche suivante, à conférer l’état réfractaire.

Immunité après lésion locale. Soc. Biol., 4 mai 1889.

Un microbe, dont l’influence est limitée à la production d’une sorte de gomme ulcérée de la peau, n’en est pas moins capable d’engendrer l’immunité. On sait, d’ailleurs, que le fait seul de cette localnaUon indique, de la part de l’économie, un degré manifeste de résistance -naturelle.

Une septicémie expérimentale. Th. inaug., Paris, 1885.

J’ai décrit, en 1884, 1885, une septicémie causée par un microbe en chaînettes (variété de streptocoque). — Cette septicémie m’a permis de contribuer à élucider une série de questions alors soumises à l’examen des chercheurs (mécanisme de la néphrite infectieuse, de l’hérédité dite directe, ou passage des germes au travers du placenta, etc.).

Inoculation de la morve au cobaye, avec M. Capita». Soc. Ànat., 50 novembre 1883.

Nous avons pu fixer l’évolution de cette infection chez le cobaye toujours facile

à se procurer, tandis qu’il est moins aisé d’avoir à sa disposition des Solipèdes. — En dehors de son intérêt théorique, ce résultat comporte donc d’importantes conséquences pratiques.

Tuberculose expérimentale. — Hypertrophies croissantes des rates de cobayes, avec M. CiPiTA». Soc. Anat., 6 avril 1885.

Au commencement de 1882, Koch n’avait pas encore décrit son bacille; on cherchait un peu partout des raisons de la nature infectieuse de la tuberculose. Aussi m’a-t-il paru intéressant de montrer que la rate, organe apte à réagir facilement contre l’infection, peut subir des hypertrophies qui vont en croissant sous l’influence de ce qu’on appelle les « inoculations en série». — Dans cette méthode, les tissus tuberculeux d’un troisième cobaye, par exemple, lui-même contaminé avec les produits d’un deuxième, servent à inoculer un quatrième animal, etc. Or, la virulence s’exalte, en général, à la suite de ces passages ; dans ces conditions, j’ai pu présenter une collection de rates, dont le volume était allé en augmentant parallèlement à cette emltation de virulence.

Virulence de la tuberculose, suivant les humeurs et les tissus des tuberculeux, avec

De nombreuses expériences m’ont permis de classer, au point de vue de la contagiosité, les tissus d’un tuberculeux, dont les lésions sont exclusivement localisées dans un organe déterminé. Or, sauf exception, la contagion ne se réalise que dans le cas où on inocule le tissu malade ou le produit qui en dérive (expectoration dans le cas de bacillose pulmonaire : lait si la mamelle est atteinte, sperme, urine, s’il s’agit de lésions testiculaires ou rénales, etc.). — On saisit aisément les enseignements que comportent ces expériences en matière d’étiologie ou de contagion.

Note sur un cas de tuberculose humaine à virulence anemale, avec M. Roess, Soc. Biol.,

Après avoir causé une forme pneumemique aiguë chez l’homme, une variété de bacille de Koch n’a provoqué chez le cobaye que des lésions à marche lente et localisées. On sait pourtant que ce cobaye est un milieu éminemment favorable pour le bacille de Koch; cette anomalie tient sans doute à une atténuation du parasite.

Infections pancréatiques ascendantes. — Glycosurie consécutive, avec M. Carsot. Soc. Biol., 2C mai 1894 et Congrès Méi., Lyon.

Eyi injectant des cultures microbiennes dans le canal de Wirsung, on réussit, d’ailleurs assez rarement, à faire apparaître la glycosurie; l’échec tient à ce que des parties de la glande échappent à la destruction. En tout cas, ces essais prouvent qu’une bactérie, venue de l’intestin', pourrait, en détruisant le pancréas, provoquer le diabète; mais, contrairement à ce rju’on m’a fait dire, le diabète n’est pas une maladie infectieuse, attendu que toute cause, animée ou non, capable d’altérer ce tissu, détermine les mêmes effets : seul, le pancréas constitue l’élément indispensable.

Purpura expérimental. Soc. Biol., 14 mai 1802.

Les animaux habituellement en usage dans les laboratoires, en raison des poils, se prêtent mal à la reproduction expérimentale des hémorragies de la peau. Toutefois, en expérimentant sur l’anguille et divers poissons, j’ai réussi à obtenir, à l’aide des toxines pyocyaniques, un indéniable purpura, résultat propre à dévoiler le mécanisme de celle affection.

Influence des tares rénales sur l’infection. Travaux du laboratoire do Médoeine expériracnlaic (Écolo dos Hautes-Études), 1900, Masson, édit.

Anatomie pathologique.

Pancréatites hémorragiques, avec M. Levamti. Soc. Biol., 28 janvier 1809.

En introduisant des diastases, parfois de la pancréatine, dans un segment d’intestin lié aux deux bouts, nous avons vu se produire des pancréatites attribuables d l’action irritative directe de ces diastases, ou à un surmenage de la glande chargée d’atténuer ces principes. — Ces recherches prouvent que avant de se mettre en quête d’élements morbifiques plus ou moins singuliers, il convient d’examiner ce que valent à cet égard les produits les plus ordinaires.

Note sur le développement des néo-memhranes péritonéales, péri-viscérales, au cours d'une septicémie aiguë, avec M. Cuone. Soc. Biol., il Juin 1898.

L’étude histologique de ces néo-membranes révèle leur origine viscérale ; elles

partent de foyers microbiens qui font en quelque sorte effraction à la surface des organes : il y a là une intéressante notion d’anatomie pathologique.

Sclérose du pancréas dans la tuberculose, Soc. Biol., 50 juillet 1898.

Ilaiiprochée des altérations du corps thyroïde, du foie, etc., la sclérose de cet organe, chez des tuberculeux, montre que le processus sclérosant, attribuable en partie tout au moins aux toxines, s’étend à l’ensemble des viscères : de là d’utiles indications pour le médecin renseigné sur la nature des lésions.

Cirrhose atrophique améliorée; infection secondaire. — Péritonite à pneumocoques. — Substitution apparente du bacterium coli au pneumocoque, au moment de la mort, avec M. Veiliom. Soc. Biol., 50 décembre 1895.

L’enseignement qui se dégage de cette observation suivie de recherches expérimentales, c’est que. chez un malade donne, on peut, a l autopsie, déceler un microbe différent de celui qui, au cours de la maladie, s’est révélé le plus actif Ici le pneumocoque était en cause, lorsque des changements de terrain survenus à la fin ont favorisé Vévolution du bacille du colon venu sans doute do l’intestin, toujours altéré chez les sujets porteurs de lésions hépatiques ou peritoneales. — On voit ainsi le milieu intérieur varier avec la phase de la maladie et partant la flore bactérienne de ce milieu.

Méningite suppurée latente chez un pneumonique alceelique.Soc. Anal., 25 juin 1882. Cette observation met en lumière la grande tolérance des centres nerveux a l’égard do certaines lésions; cette méningite n’avait pas, en elfet, amené d’importantes réactions.

Suppuration du poumon, avec M. Docasp. Bev. Méd., janvier 1895.

Drémie. — Reins atrophiés. Soc. Anal., 2 mars 1885.

L’histoire d’un malade, dont nous avons pu examiner les organes, est propre à prouver nettement a quel point nos viscères contiennent en quelque sorte des tissus en excès : cet examen a révélé que quelques parcelles de tissu suffisaient au fonctionnement vital. Si la suppression se réalise lentement, la tolérance de l’économie est parfois considérable.

La moelle osseuse et l’infection. Soc. Biol., 12 doccnrbfe 1896.

Nombreux sont les auteurs qui ont décrit les modifications que subit, pendant les pyrexies, la moelle osseuse.

J’ai repris ces travaux avec l'idée de recbercber, dans ces réaclions, les cJianÿemmts liés à la défense de l’organisme-, en dehors de mes essais, la démonstralion a été, au point de vue de l’infection, complétée par d’autres expérimentateurs. Toutefois, je devais plus tard établir que ce tissu partkife largement à ces réactions de défense, grâce à son rajeunissement, à son atigmenlalton d activité, etc., sous l’influence des matières minérales {Soc. Biol., 29 juillet 1890).

Splénomégalles et lésions hépatiques, avec M. de Nittis. Soc. Biol, 27 mars 1897.

Fréquemment la rate, au cours des affections hépatiques, s’hypertrophie. — L’insuffisance de la théorie [mécanique (rétention du sang « porte ») nous a conduit à rechercher d’autres influences, en particulier l’action simultanée d’un même agent (malaria, syphilis, poison, microbe, etc.), sur ces deux viscères.

Plus récemment, soit dans mes Leçons sur les défenses naturelles de l’organisme (pages 80-85), soit dans le Compte rendu des travaux de mon laboratoire (1900), j’ai de nouveau examiné cette question; j’ai particulièrement montré le nombre, la variété, des synergies fonctionnelles de ces deux glandes (hématopoïèse; rôle concernant le fer, les sucs digestifs, les pigments, les poisons, les bactéries ; fonctions microbicides, anti-toxiques, etc.) ; j’ai indiqué que du tissu splénique altéré proviennent des composés nocifs qui se rendent à la glande hépatique, etc.

Diversité des lésions médullaires suivant le terrain. Trovaux du laboratoire de Médecine expérimentale (École des Hautes-Études), 1900, Masson, édit.

Physiologie pathologique.

Action antiseptique de la bile, avec M. Roges. Soc. Biol., 7 août 1886.

La clinique semble indiquer par l’abondance des fermentations intestinales chez les ictériques que la bile exerce dans les voies digestives une influence antiseptique marquée. Or, in vitro, cette influence est relativement peu considérable; peut-être ce résultat tient-il à ce que la bile, dans un ballon, ne reçoit pas, comme dans l'intestin, le concours de certains éléments, de la réaction du milieu, etc. ?

Topographie calorifique chez les animaux fébricitants, avec M. o’Ahsosval. Soc. Biol., U mars 1896.

L’exploration électrique nous a permis de montrer que, chez les fébricitants, les variations thermiques des organes se superposent ordinairement à celles qu'on enregistre dans les conditions physiologiques : c'est la température du foie qui offre le chiffre le plus élevé. — Ces expériences sont de nature à montrer que, parfois tout au moins, la maladie n’est que l’exagération de l’état normal.

Influence des sécrétiens cellulaires sur la thermcgenèse. Soc. Biol, 17 février et

Nous avons précisé l’action des produits microbiens sur la thermogenése, processus important dans I histoire de la fièvre. Or, chose curieuse au point de vue thermique, il existe, dans certaines cultures, des principes antagonistes, constatation propre à nous expliquer comment un meme agent engendre à cet égard des effets de sens opposé.

Action du venin de vipère sur le névraxe (paraplégie spasmedique), avec M. I'hisalix. Soc.

Des accidents attribuables au venin doivent être rapprochés des altérations que produisent les toxines. Grâce à ces examens, on établit des analogies entre ces produits de cellules bien différentes : on simplifie en généralisant.

Nous avons montré que l’huile de croton détermine, au niveau de l’oreille du lapin, une m/lammation qu’il est possible, comme nous l’avons remarqué, de combattre en utilisant les attributs vaso-constricteurs des toxines pyocyaniques : de là des indications thérapeutiques, de là aussi des données propres à éclairer le mécanisme de certains processus morbides.

les variations de poids de la rate sous l'influence de la grossesse, avec M. Ciulleiiosat. Soc. Biol, 25 mars 1899.

Chez les cobayes pleines, nous avons vu la rate augmenter sensiblement de

volume et de poids vers la fin de la gestation, tandis qu’à ce moment, d’après nos analyses, le fer splénique diminue : ces modifications sont de nature à faire comprendre la physiologie pathologique de la grossesse, surtout les anémies.

Transmission des toxines du fœtus à la mère. Acad. Sc., 8 août 1898. ‘

On savait que différents produits (strychnine, iodure de potassium) passent du fœtus à la mère; mais on ne pouvait a priori étendre ce résultat aux toxines, dont les qualités de dialyse varient. Diverses expériences m’ont cependant montré qu’il est possible d’intoxiquer la mère en déposant des toxines au sein des tissus fœtaux.

On conçoit sans peine la portée de ce résultat qui nous révèle comment des maladies de l’enfant, par exception, il est vrai, indépendantes de l’état delà génératrice (origine amniotique, paternelle, etc.), retentissent sur cette qenératnee. —11 y a plus : Un attribut, introduit par la cellule d’un premier père, peut aiim passer à la mère (immunité syphilitique, par exemple) ; cette mère pourra plus tard transmettre cet attribut à un fils conçu d'un autre père (faits rappelant la télégonie).

Influence des toxines sur la descendance. Àrcit. Phys., octobre 1895.

L’hérédité en pathologie. Rev. gene'r. Sc., janvier 1896.

Grâce à plusieurs séries d’expériences, j’ai pu, avec M. Gley, reproduire les désordres qu’on rattache en pathologie humaine aux influences héréditaires. — En intoxiquant les générateurs, j ai observé, comme je l’ai dit (voir pages 40-41), la stérilité, des avortements, la nmti-natalité, le nanisme, des anomalies, des difformités congénitales, le rachitisme-, j’ai ramené le mécanisme de ces troubles à une influence cellulaire : l’hérédité est une propriété de la cellule.

re double. Soc. Biol., 24 juillet 1897.

M. Doclert. Soc. Biol., 9 juin et T^juillet 1894. ^ **

l’expérimentation nous a permis de montrer le rôle des lésions, de l’intoxication, etc. ; ces éléments favorisent ce passage, soit pour ainsi dire en perforant

le fllti-c placentaire, soit en facilitant la pullulation des germés. Or, ces conditions sont celles qui se réalisent, au cours des maladies : de là l’inlérêt de ces recherches.

Maladie ileue. — Communication interventriculaire ; aisence d’artère pulmonaire i quatre artères ironchiques, avec M. Le Nom. Soc. Biol., 8 novembre 1890.

Cette observation est remarquable par la rareté du fait, car presque toujours, dans les cas analogues, l’artère pulmonaire est plus ou moins rudimentaire; chez notre malade, il n’existait aucun vestige de cet organe. De plus, le développement excessifde quatre artères bronchiques montre comment des vaisseaux simplement nourriciers peuvent suppléer des artères chargées de fonctions physiologiques.

Page 1